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Procès des attentats de Trèbes et Carcassonne : arme à cacher, « boss » des quartiers Ozanam et Flemming, ménage chez le terroriste… la charge d’un accusé sur deux autres

Ce lundi 5 février, le 11e jour du procès des attentats de Trèbes et Carcassonne a été consacré à l’interrogatoire de Samir Manaa. Il est accusé d’association de malfaiteurs terroriste, car il a reconnu avoir accompagné Radouane Lakdim acheter le couteau qui a tué Arnaud Beltrame le 23 mars, et il n’aurait pas dénoncé sa radicalisation. Il a, dans ses déclarations, mis en cause deux autres accusés. 

Ils seraient les « boss » des cités Ozanam et Flemming de Carcassonne, en tout cas en 2018, quand Radouane Lakdim commet ses attentats. « Ils », ce sont Reda El Yaakoubi et Ahmed Arfaoui, tous les deux suspectés d’association de malfaiteurs terroriste. C’est en tout cas comme ça que Samir Manaa, accusé des mêmes faits, les a décrits lors de son interrogatoire devant la cour d’assises spéciale, au 11e jour du procès ce lundi 5 février, mais aussi lors des nombreuses auditions durant ses gardes à vue et devant le juge d’instruction.

Au-delà de ces portraits de chefs trafiquants des quartiers, pas vraiment contestés au demeurant, Samir Manaa a chargé ses deux coaccusés. D’abord, Reda El Yaakoubi, qu’il accuse de lui avoir confié un sac contenant des armes. Des armes retrouvées au domicile de son frère, Sofiane Manaa. En octobre 2018, lors d’une de ses gardes à vue, Samir Manaa explique qu’un « grand » du quartier lui a demandé de les garder : « Quand un grand demande quelque chose, on le fait ». Le grand en question serait Reda El Yaakoubi. Et les munitions qui se trouvent dans le même sac sont rangées dans un bonnet contenant l’ADN de Radouane Lakdim.

Ahmed Arfaoui, quant à lui, est accusé d’être venu à deux reprises chez les Lakdim, le 23 mars 2018, pour « faire le ménage » : « Je l’ai vu sortir avec un sac qui avait l’air chargé et lourd. Ensuite il est parti, avant de revenir chercher la mère de Radouane pour l’amener à Trèbes ». Personne d’autre, à part un renseignement anonyme, n’a vu ce sac dont « la rumeur » dit qu’il aurait contenu « une tablette, un ordinateur et des couteaux ». Le beau-frère conteste « avoir fait le ménage ».

De quoi lancer la contre-attaque pour les avocats de ces deux accusés, Me Edouard Martial pour Reda El Yaakoubi et Me Alexandre Martin pour Ahmed Arfaoui : « Les armes sont retrouvées dans le sac d’une société à laquelle votre frère faisait appel, avec un bonnet qui appartenait à Lakdim. Est-ce que ce n’est pas plutôt à lui que vous avez voulu rendre service ? », interroge Edouard Martial. « Non ».

Reda El Yaakoubi et Ahmed Arfaoui seront interrogés au cours de cette troisième semaine de procès. L’occasion de poursuivre l’offensive contre Samir Manaa. Tous les trois encourent une peine de 30 ans de réclusion criminelle. 

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