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Perpignan : « Je savais que l’accident de mon papa était très grave car l’hélicoptère est passé au-dessus de l’école »

Un automobiliste qui, sous l’effet de l’alcool, conduit une arme non contrôlée et la vie de toute une famille bascule. Le motard victime de l’accident a perdu une jambe au niveau de Saint-Genis-des-Fontaines. Récit d’un procès à peine soutenable.

Le jeune chef d’entreprise rentre chez lui sur sa moto. Il fait très beau ce 15 septembre 2023, la route qui relie Argeles au Boulou est très chargée. Au niveau de Saint-Génis-des-Fontaines, une BMW déboîte pour doubler deux voitures d’un coup, mais elle ne peut se rabattre à temps sur sa voie. Une Fiat Tipo arrive en face, sa conductrice évite le drame de justesse en frôlant le bord de la chaussée bitumée. Mais la moto qui suit encaisse un terrible choc frontal. Le motard est éjecté. Il est polytraumatisé. Sa jambe gauche est déchiquetée. Les médecins ne pourront éviter la nécrose. Le motard devra être amputé au niveau du genou.

Mis en cause pour manquement à une obligation de prudence, pour ne pas être resté maître de sa vitesse et pour conduite sous l’effet de l’alcool (presque le triple de tolérance), le conducteur était jugé ce mardi 16 janvier à Perpignan. 
« Le conducteur de la deuxième voiture a accéléré quand j’ai voulu le dépasser, ce qui m’a empêché de me rabattre », allègue-t-il. « Les témoins affirment que vous n’aviez pas la possibilité de dépasser à ce moment, que vous rouliez nerveusement et tentiez de doubler depuis un bon moment, assène le président. Vous avez d’abord prétendu que vous étiez passager et que le conducteur s’était enfui. Et vous aviez près de trois fois la limite autorisée d’alcool dans le sang. Vous admettez que vous étiez au moins à 90 km/h à ce moment, la vitesse était limitée à 80 km/h ? »

« Et vous avez déjà été sanctionné à 13 reprises pour des excès routiers », ajoute un assesseur.

Depuis son fauteuil roulant, la victime a le plus grand mal à combattre ses émotions : « Ma vie est brisée, mon entreprise va très mal, je ne peux même plus m’occuper de mes petites filles comme je voudrais ».

« D’une victime nous sommes passés à quatre ! »

« D’une victime nous sommes passés à quatre, résume son avocate. Son épouse gère l’entreprise, s’occupe de lui et des enfants. Des enfants qui sont encore sous le choc. Quand on a dit à sa petite fille que son papa avait eu un accident, elle a répondu : je sais que c’est très grave car l’institutrice à dit que quand on entendait un hélicoptère, c’était un toujours très grave. Il avait un garage, il ne peut plus travailler. Et il souffre de douleurs épouvantables en plus du traumatisme mental ».

« Six témoignages convergent pour dire qu’il n’y avait pas la place pour doubler, tonne le procureur. On a un dépassement irrégulier avec une accumulation de circonstances aggravantes. Et en plus il est déjà en sursis probatoire. Son casier compte 8 condamnations ! » Il requiert 2 ans ferme avec mandat de dépôt.

« S’il ne montre pas ses émotions, mon client éprouve des regrets sincères, plaide Me Poirrier. Mais, contrairement à ce qui a été dit, l’impact s’est fait au niveau de la ligne médiane, pas au centre de la voie du motard… Une peine non aménageable serait disproportionnée ». Le tribunal délibère et annonce : 20 mois ferme. Il ordonne le mandat de dépôt. Le prévenu était arrivé libre au palais de justice, il repart entre deux policiers, direction de la prison.

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