ÉconomieLa Minute Immobilière

Marché immobilier : Trois questions à l’expert Amine Mernissi

Propos recueillis par Yassine AHIZOUNE

L’expert en immobilier, auteur du guide “Répons’IMMO” et fondateur du site www.reponsimmo.com, Amine Mernissi, a accordé une interview à la MAP, dans laquelle il commente les chiffres de l’indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) au troisième trimestre (T3-2023) et se prononce sur les perspectives du secteur immobilier pour l’année 2024.

1 – L’indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) a enregistré une hausse ce dernier trimestre sur l’ensemble des catégories d’actifs. Comment expliquez-vous cette tendance ?

Si l’on considère l’indice “prix”, en effet, il s’inscrit dans une tendance haussière régulière, rampante mais contenue, soit +0,3% au T3-2023, et ce, tous types d’actifs confondus (résidentiel, professionnel, foncier).

Cette hausse reflète les effets d’une inflation bien installée impactant tous les pans de l’économie et, naturellement, le secteur de la construction ne fait pas exception.

Foncier, intrants, taux d’intérêts tous ont connu une hausse graduelle depuis près de deux ans. Il est donc évident que le prix des actifs immobiliers subisse pareille tendance.

En revanche, c’est du côté de l’indice “transactions” que la baisse est palpable, soit -4,5% au T3-2023, tous types d’actifs confondus. Avec aux deux extrémités, -14,7% pour les biens à usage professionnel et +2,8% pour le foncier.

Mis à part le foncier qui est considéré comme valeur refuge par excellence en temps de crise, tous les autres actifs ont subi une baisse due principalement à l’érosion du pouvoir d’achat des ménages, et à leur capacité d’endettement dans un contexte d’incertitudes et de tensions économiques.

2 – Quid du marché de l’immobilier neuf ?

Les chiffres sont structurellement contrastés. Il faut revenir aussi à la réalité du terrain, l’IPAI prend en compte uniquement les biens de seconde main, et non pas le neuf.

Le marché du neuf est calme. Ceci étant corroboré par les professionnels du marché, par les remontées d’informations qui nous parviennent des promoteurs immobiliers, des notaires et des agents immobiliers.

Si nous avions un indice qui pouvait nous renseigner de façon précise et scientifique sur l’état du marché dans sa globalité, en agrégeant les données du neuf et de l’ancien, nous pourrions alors avoir une image au plus près de la réalité du marché immobilier dans notre pays.

3) Selon vous, quel serait l’impact du Programme d’aide directe au logement sur le marché immobilier ?

Les premiers effets du Programme d’aide directe au logement se feront sentir à partir de janvier 2024, date à laquelle les subventions aux ménages primo-acquéreurs seront distribuées.

Il va sans dire que d’ici là, le marché a à subir les reports de décisions d’achat notamment en raison de cette aide qui ne démarre qu’en 2024. Ces reports ne concerneront que des biens dont le prix de vente est compris entre 300.000 et 700.000 dirhams (DH).

Rappelons-le, pour un bien résidentiel dont le prix est inférieur à 300.000 DH, l’Etat offrira une aide directe de 100.000 DH. Et pour un bien résidentiel dont le prix est compris entre 300.000 et 700.000 DH, l’Etat offrira une aide directe de 70.000 DH. Avec cette nouvelle page qui va s’écrire, l’année 2024 reste celle de tous les espoirs.

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