Lyon : la mairie va héberger 130 jeunes migrants qui vivent sous des tentes

Après plusieurs mois passés sous des tentes dans le jardin des Chartreux, à la Croix-Rousse, environ 130 jeunes migrants vont être hébergés dans un bâtiment municipal à Lyon. Le maire Grégory Doucet a annoncé cette prise en charge lundi 7 septembre.
L’objectif affiché par la municipalité est de mettre fin à des conditions de vie particulièrement précaires. Ces jeunes occupent depuis plusieurs mois le jardin situé dans le 1er arrondissement et ont dû affronter aussi bien les fortes chaleurs que les intempéries.
« Ils vivent dans une situation indigne », a déclaré Grégory Doucet lors de sa rentrée médiatique organisée par le Club de la presse de Lyon. Le maire a notamment évoqué les tempêtes et les épisodes de canicule auxquels les occupants du campement ont été confrontés.
La Ville prévoit désormais de transférer les quelque 130 personnes concernées vers l’ancien internat Favre, un bâtiment municipal fermé depuis juillet. L’installation devrait intervenir « d’ici la fin octobre », selon l’annonce du maire.
L’ancien internat Favre transformé en lieu d’accueil
Avant de recevoir les jeunes actuellement installés aux Chartreux, le bâtiment doit toutefois être adapté. Des travaux sont actuellement réalisés afin de permettre son utilisation comme structure d’hébergement.
La municipalité ne souhaite pas seulement proposer un toit. Grégory Doucet a expliqué vouloir mettre en place un accueil comprenant également un accompagnement social et sanitaire pour les personnes hébergées.
Le dispositif concernera environ 130 jeunes. Parmi eux se trouveraient notamment des mineurs isolés ainsi que des personnes engagées dans différentes démarches administratives liées à leur situation.
Le nombre d’occupants du jardin des Chartreux a fortement varié au cours des derniers mois. Selon les périodes, entre 200 et 250 migrants auraient séjourné dans ce campement installé au cœur de la Croix-Rousse.
L’ouverture de la structure municipale n’a cependant pas vocation à devenir une solution permanente. Le maire de Lyon a précisé que le site serait ouvert pour une durée maximale de 18 mois.
Cette période doit permettre aux personnes accueillies de bénéficier d’une certaine stabilité et de chercher des solutions plus durables. La municipalité entend ainsi créer une transition entre la vie sous tente et une prise en charge adaptée à chaque situation.
L’annonce pourrait donc marquer une étape importante vers la disparition du campement des Chartreux, devenu au fil des mois l’un des symboles locaux des difficultés d’hébergement rencontrées par certains jeunes migrants.
Grégory Doucet critique aussi l’expulsion de familles à la Part-Dieu
Lors de cette même intervention, Grégory Doucet est également revenu sur une autre situation concernant des personnes sans solution d’hébergement à Lyon.
Le maire a déploré l’expulsion de 280 femmes et enfants qui occupaient illégalement un bâtiment situé place de Milan, dans le secteur de la Part-Dieu.
Ces différents dossiers illustrent les tensions persistantes autour de l’hébergement d’urgence dans la métropole lyonnaise et, plus largement, la difficulté à trouver des solutions pour les personnes vivant dans des installations précaires.
Avec la réouverture de l’internat Favre, la Ville de Lyon choisit donc d’intervenir directement pour les jeunes du jardin des Chartreux. Les prochaines semaines seront consacrées aux travaux nécessaires avant leur arrivée.
Si le calendrier annoncé est respecté, les 130 jeunes migrants devraient pouvoir quitter leurs tentes d’ici la fin du mois d’octobre et rejoindre cette nouvelle structure d’accueil municipale.



