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Attaque au couteau dans un lycée d’Arras : « En France, en 2023, on peut mourir d’enseigner », une centaine de personnes mobilisées à Perpignan

Ce vendredi 13 octobre 2023, presque 3 ans jour pour jour après l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire, une attaque au couteau a eu lieu au lycée Gambetta d’Arras. Un enseignant est mort et trois autres personnes sont blessées. Ce samedi, la communauté éducative des Pyrénées-Orientales s’est réunie devant la préfecture à Perpignan.

Environ 80 personnes de la communauté éducative des Pyrénées-Orientales se sont donné rendez-vous devant la préfecture à Perpignan, ce samedi 14 octobre 2023, au lendemain de l’attaque au couteau au lycée Gambetta d’Arras par un ancien élève. Dominique Bernard, un enseignant de français qui a essayé de s’interposer a été tué, alors qu’un professeur d’EPS et deux agents de l’établissement ont été grièvement blessés. L’assaillant et huit autres personnes ont été placés en garde à vue.

L’heure était au recueillement ce samedi à 11 heures, avec une minute de silence en hommage aux victimes et à leurs proches, mais aussi à la sidération, au choc, à l’effroi. « Le terrorisme a encore frappé l’école de la République. Presque trois ans jour pour jour après l’assassinat de Samuel Paty, on nous rappelle qu’un professeur peut être tué. En France, en 2023, on peut mourir d’enseigner », s’est indignée Géraldine Morales, enseignante et cosecrétaire du syndicat SNES-FSU des Pyrénées-Orientales.

« L’école est un lieu d’émancipation par le savoir. C’est pour ça qu’elle est attaquée. Mais ne cédons, restons unis. Et rappelons de s’abstenir d’instrumentaliser ce drame et de respecter le deuil d’une communauté éducative meurtrie », a-t-elle repris.

Antonia, enseignante d’espagnol en lycée, est sous le choc : « Je suis très émue. Pour moi, l’école ça a toujours été très important. C’est un ascenseur social, ça donne accès au savoir. J’ai admiré chacun de mes professeurs, malgré leurs défauts. Je ne comprends pas qu’on en soit arrivé là. On transmet le savoir, pas la haine, donc je ne comprends pas. Ça en dit beaucoup sur l’état de notre société, quand les enseignants, les pompiers, les médecins, sont pris pour cible », s’émeut-elle.

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