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Pyrénées-Orientales : la carcasse de l’avion du Canigó définitivement enlevée

Ce week-end une quarantaine de bénévoles ont arraché à la montagne les restes du DC3 qui s’était écrasé sur les pentes du Barbet, dans le massif du Canigó, en 1961.

Il était 17 heures ce samedi 24 septembre lorsque la plus grosse partie de la carcasse a enfin pu être désincrustée du sol. Il aura fallu près de trois heures à une dizaine de personnes pour bouger cet amas de tôle, planté sur les pentes de la crête du Barbet à 2 000 mètres d’altitude depuis 62 ans. 62 ans quasiment jours pour jours après le drame, des bénévoles venus des quatre coins de la France et de Catalogne sud (pour la plupart adhérents de l’association Mountain Wilderness) se sont retrouvés pour « nettoyer » cette partie de montagne.

Un morceau de ceinture de sécurité retrouvé sur place
Ph. C.

Pendant qu’une partie de la troupe s’affairait sur le plus gros de la carcasse, le reste fouillait les alentours à la recherche de ferrailles et autres caoutchoucs éparpillés dans les rhododendrons et sous les pins à crochets. L’endroit plutôt abrupt était équipé de cordes afin d’éviter tout accident.

Laisser une évocation sur le site 

Disqueuses, pioches, barre à mine et huile de coude n’ont pas été de trop pour toucher au but. « Ne restait plus » ensuite qu’à descendre toute cette tôle jusqu’à la piste en contrebas. Et les bénévoles n’étaient pas au bout de leur peine au vu du terrain à parcourir particulièrement accidenté. Une opération réalisée sur deux jours mais qui n’était pas une fin en soi. « Le but est de laisser une évocation sur le site et non pas d’effacer l’histoire du lieu », rappelait Florian Chardon le directeur de Canigó grand site, monté à la force du mollet dans la matinée, comme tous les bénévoles.

Sous le lieu de l'accident des débris sont éparpillés sous la végétation.

Sous le lieu de l’accident des débris sont éparpillés sous la végétation.
Ph. C.

Plaque commémorative, stèle ? Cela reste à définir. Parmi les pièces d’aluminium et diverses ferrailles, un bout de ceinture de sécurité, un petit morceau de valise, un palonnier. Des petits trésors qui seront précieusement gardés et exposés (peut-être aux Cortalets) là encore pour ne pas oublier.

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Le GR10 est libéré de la carcasse qui l'encombrait depuis 62 ans.

Le GR10 est libéré de la carcasse qui l’encombrait depuis 62 ans.
Ph. C.

L’amas de débris descendu sur la piste du Lech sera ensuite descendu en 4×4 par l’équipe des Cortalets au gré des trajets pour réapprovisionner le refuge. Pour rappel le 7 octobre 1961 l’avion (DC3) reliant Londres à Perpignan s’écrasait avec à son bord 34 personnes (31 passagers, pilote, copilote et hôtesse de l’air) tués dans le drame. Parmi les premiers secouristes le jour du crash (le 7 octobre 1961), Jean-Pierre Bobo (82 ans) avait à cœur d’être présent pour ce chantier et est monté (à pied) avec son épouse pour donner un coup de main. Pour cet alpiniste émérite, professeur d’histoire, particulièrement marqué par cette catastrophe : « Il fallait que le reste de cette épave soit enlevé. C’est bien de l’avoir fait. »

Parmi les premiers secouristes le jour du crash (le 7 octobre 1961), Jean-Pierre Bobo (82 ans) avait à cœur d'être présent pour ce chantier et est monté (à pied) avec son épouse pour donner un coup de main.

Parmi les premiers secouristes le jour du crash (le 7 octobre 1961), Jean-Pierre Bobo (82 ans) avait à cœur d’être présent pour ce chantier et est monté (à pied) avec son épouse pour donner un coup de main.

Reste maintenant à l’ambassade britannique à rendre un dernier hommage aux victimes, peut-être sur place au printemps prochain.

Un autre chantier à venir sur le Carlit

L’association Mountain wilderness, qui s’est mobilisée ce week-end, a pour mission première « de lutter contre l’artificialisation croissante de la montagne afin de préserver des lieux de ressourcement pour l’homme ». Pour agir et mettre en musique ses thématiques de travail Mountain Wilderness mène de front plusieurs campagnes. Des campagnes parmi lesquelles le nettoyage des espaces montagnards. C’est à ce titre que quelques-uns de ses bénévoles sont venus sur le massif du Canigó. Mais un deuxième chantier est envisagé par l’association dans les Pyrénées-Orientales, peut-être en 2024.

Il concernerait des débris d’hélicoptère situés entre et peut-être aussi dans les étangs bleus et dans le secteur du Carlit (restes de l’accident du 17 septembre 1986 au cours duquel un hélicoptère de la Royal Air Force en exercice venant de la base de Sainte Léocadie s’est écrasé lors d’un exercice à 2 750 m, le rotor de queue ayant touché un éperon rocheux). « Un ratissage minutieux des deux secteurs semble nécessaire », selon l’association. Un chantier qui devrait nécessiter encore de nombreux bénévoles, sur deux ou trois jours, et quelques courageux disposés à se baigner pour l’éventuel repêchage d’éléments dans l’étang. Les éléments seraient redescendus à dos d’homme. A noter, dans les deux sites, disqueuses-découpeuses seraient nécessaires et les marches d’approche sont importantes (environ trois heures). Les responsables de l’association n’excluent pas également de s’occuper du pluviomètre de l’étang du Lanoux, si l’armée leur venait en renfort.

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