Culture

Originalité, profondeur et harmonie, éléments clés d’une œuvre cinématographique réussie (Camille Cottin)

mercredi, 29 novembre, 2023 à 13:24

ES: Kawtar TIJARI

 

Marrakech- “L’originalité, la profondeur, l’émotion ainsi que la manière dont le sujet s’entremêle harmonieusement avec la forme du film ou documentaire constituent des éléments clés pour la réussite de l’œuvre cinématographique”, a indiqué l’actrice française et membre du jury du 20è Festival international du film de Marrakech, Camille Cottin.

Interrogée sur les caractéristiques essentielles qu’un film doit posséder pour pouvoir se démarquer dans ce genre de Festival, lors d’une table ronde avec des journalistes nationaux et étrangers tenue en marge du Festival, l’actrice française a expliqué que l’originalité du projet, ainsi que la profondeur et l’émotion qu’il dégage sont des éléments cruciaux qui comptent dans l’évaluation d’une œuvre cinématographique.

“Toutefois, le fait de comparer les films, les messages et les perspectives est souvent délicat, et ce en raison de leur grande diversité”, a-t-elle ajouté, estimant que “le fait de mettre sur un pied d’égalité deux histoires différentes est parfois très complexe, d’autant plus que nous avons à la fois des documentaires, de la fiction, du Drama, ainsi que plusieurs autres genres”.

Selon cette comédienne, connue pour incarner chacun de ses personnages avec justesse et splendeur, il n’est pas question de juger, mais plutôt de saisir l’essence et l’ambition cinématographique des œuvres de ces jeunes cinéastes participants qui présentent leur premier ou deuxième long métrage.

S’agissant de son rôle de membre du jury à ce Festival, Camille Cottin s’est dite fière d’en faire partie, indiquant que le fait d’avoir l’opportunité de visionner 14 films en une semaine et d’en découvrir d’autres grâce au travail du directeur artistique du Festival, Rémi Bonhomme, et de son comité de sélection, qui ont visionné plus de 800 films et voyagé dans plusieurs festivals du monde, constitue une expérience enrichissante.

“C’est aussi une chance extraordinaire d’être entourée dans ce jury de personnalités remarquables, dont les parcours cinématographiques sont une véritable source d’inspiration pour moi. Écouter ces personnalités discuter de cinéma est une véritable bénédiction”, a-t-elle déclaré avec enthousiasme.

Elle a aussi fait savoir que durant leurs débats sur les films, les membres du jury peuvent passer des heures à discuter et à creuser les différents sujets, tout en respectant chacun son temps de parole, notant que “parfois les avis sur les films peuvent être si divergents qu’on pourrait se demander s’il s’agit de la même œuvre”.

Par rapport aux critères guidant ses choix en matière de projets cinématographiques, l’actrice qui a été à l’affiche de nombreux blockbusters internationaux, a fait savoir qu’à la première lecture d’un scénario, sa première réaction consiste à savoir si elle avait l’envie instinctive de visionner le film ou la série en question.

“Par la suite, je m’interroge sur ma capacité à apporter une dimension captivante et intrigante au personnage”, a expliqué cette artiste polyvalente, relevant qu’il arrive parfois qu’un personnage soit intriguant, mais que je ressente une certaine perplexité quant à la manière dont je pourrais le saisir. “C’est dans ces moments-là que je me fie simplement à mon instinct”, a-t-elle ajouté.

“À mesure que j’évolue dans ma carrière, je découvre un plaisir grandissant de prendre part à des projets porteurs de sens pour moi. Cela va au-delà de l’aspect professionnel et du simple plaisir lié au métier”, a-t-elle confié, estimant qu’il s’agit aussi d’être impliquée dans un projet capable d’influencer positivement une perception.

En évoquant son dernier film “Toni, en famille”, écrit et réalisé par Nathan Ambrosioni, l’actrice française a indiqué que le rôle de Toni était une expérience nouvelle particulièrement marquante, expliquant que “Toni incarne une femme forte, dont la force réside dans sa capacité à écouter et réagir. Elle se remet constamment en question, en agissant avec authenticité sans porter de masque”.

“J’étais aussi très enthousiaste à l’idée de collaborer avec un jeune réalisateur de 23 ans. C’est véritablement stimulant de travailler aux côtés d’un jeune cinéaste d’une grande maturité”, a-t-elle dit.

L’interprète d’Andréa Martel dans la série à succès international “Dix Pour Cent” a également fait savoir aux journalistes qu’il était peu probable qu’une cinquième saison de la série voit le jour. “Nous envisageons plutôt l’option d’un film adapté pour une plateforme, avec des épisodes plus longs ou sous le format classique d’un film. Que cela se concrétise ou non, nous y travaillons”, a-t-elle indiqué.

Camille Cottin commence au théâtre en intégrant la troupe du Théâtre du Voyageur. En 2013, elle rencontre Eloïse Lang et Noémie Saglio à la naissance du projet de série Connasse et obtient le rôle-titre. Elles tournent le long métrage “Connasse, princesse des cœurs” (2015), qui lui vaut une nomination pour le meilleur espoir féminin aux Césars.

Elle multiplie ensuite les projets en passant par “Iris” (2016, Jalil Lespert), “Telle mère, telle fille” (2017, Noémie Saglio), “Larguées” (2018, Éloïse Lang), “Les Fauves” (2019, Vincent Mariette) ou encore “Les Éblouis” (2019, Sarah Suco). En parallèle, Camille Cottin mène une carrière à l’international, entamée en 2016 avec “Allied” de Robert Zemeckis et qui comprend “Stillwater” (2021, Tom McCarthy), “Mon légionnaire” (2021, Rachel Lang), “House of Gucci” (2021, Ridley Scott) et en 2023, “Mystère à Venise” de Kenneth Branagh et “Golda” de Guy Nattiv.

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