Économie

Changement climatique : les banques centrales appelées à l’action

Par Manal Ziani.

Traditionnellement perçues comme des gardiennes de la stabilité monétaire et financière, les banques centrales, y compris Bank Al Maghrib (BAM), font désormais face à un défi supplémentaire à prendre en considération dans l’accomplissement de leurs missions : lutter contre le changement climatique.

Des questions fondamentales sont soulevées quant à la manière dont ces institutions peuvent adapter leurs stratégies et politiques financières, à même de tenir compte des défis climatiques qui ne cessent de s’amplifier ces dernières années.

Ainsi, les banques centrales s’efforcent d’intégrer davantage les risques climatiques dans leur analyse de la stabilité financière, tout en encourageant les institutions financières à adopter des pratiques plus durables.

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D’ailleurs, le Wali de BAM, Abdellatif Jouahri, avait affirmé, lors d’une récente conférence sur “l’impact macro-économique du changement climatique”, que les banques centrales sont amenées à prendre en compte l’impact du changement climatique dans la réalisation de leurs missions.

Ce changement affecte la croissance, l’emploi et l’inflation, principales variables qui fondent la décision en matière de politique monétaire, et les risques liés au climat ne manquent pas de peser sur l’activité des banques et des assurances et plus globalement sur la stabilité financière, a-t-il indiqué.

M. Jouahri a également noté que le débat et la réflexion autour de cette question se poursuivent au sein des banques centrales et des instances internationales telles que le Conseil de Stabilité Financière ou encore le Réseau pour le Verdissement du Système Financier (NGFS) qui réunit plus d’une centaine de banques centrales et de superviseurs financiers.

Banques centrales : quelles actions possibles face au changement climatique ?

Le rôle fondamental des banques centrales réside dans “la gouvernance monétaire” et la régulation du volume global de liquidité de manière à ce qu’il soit compatible avec l’évolution de l’activité économique, a expliqué Omar Bakkou, économiste et spécialiste en politique de change, dans une déclaration à la MAP.

En raison de son “indépendance”, la banque centrale ne doit pas s’engager dans des tâches qui risquent de compromettre ce statut, a-t-il indiqué.

Ceci implique que la contribution de la banque centrale à l’effort de lutte contre le changement climatique doit s’opérer via des actions qui respectent son indépendance, dont notamment l’accélération de la digitalisation des services bancaires, susceptible de réduire les déplacements des clients et la consommation d’énergie fossile, a souligné M. Bakkou.

Et de poursuivre que la réduction ou la suppression de l’usage du papier et des reçus de guichets des banques, ainsi que la promotion du mobile banking en tant qu’alternative écologique aux services bancaires traditionnels, appartiennent aussi aux mesures qui permettront à la banque centrale de contribuer activement à la lutte contre le changement climatique, tout en continuant à remplir ses missions fondamentales en matière de gouvernance monétaire et de stabilité financière.

Depuis plusieurs années, BAM s’est inscrite dans le cadre des efforts nationaux et mondiaux de lutte contre le changement climatique et ses conséquences. Ainsi, la Banque se mobilise aux côtés du ministère des Finances et des autres régulateurs financiers pour l’élaboration d’une stratégie de financement de la lutte contre le changement climatique.

Celle-ci devrait permettre d’évaluer le gap de financements verts et d’identifier les mesures et mécanismes en mesure de permettre au secteur financier national, ainsi qu’aux institutions financières étrangères, de massifier leurs contributions à la finance verte et climatique.

Sur le plan de la gestion de ses réserves de change, la Banque intègre le principe de durabilité dans sa directive d’investissement et ce, en favorisant les placements à caractère durable et responsable, à travers l’investissement dans des obligations vertes qui représentent aujourd’hui 7% des réserves de change, avec un objectif à terme de 10%.

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