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Coronavirus : l’Union européenne, d’une crise à une autre

« Il y a dix ans, nous étions lents, nous avons fait trop peu et trop tard », a déclaré l’ancien premier ministre grec George Papandréou sur euronews.

C’était il y a dix ans tout juste. Le 23 avril 2010, alors que la Grèce croule sous une dette record, le premier ministre grec George Papandréou se résout à solliciter l’aide de l’Union européenne et du FMI.

Dix ans plus tard, le coronavirus frappe l’Europe. Un nouveau défi pour l’Union européenne, de nouveau confrontée à la récession, qui fait réapparaître les vieux clivages, déjà présents après la crise financière de 2009, entre pays du nord et du sud, comme la question de la mutualisation des dettes, que l’Allemagne refuse toujours catégoriquement.

« Nous devons sortir des sentiers battus, prendre des mesures parfois peu orthodoxes« , a jugé l’ancien premier ministre grec George Papandréou sur le plateau d’euronews. « La question des euro-obligations a été discutée à l’époque et est en cours de discussion maintenant. Nous devons agir collectivement et rapidement comme un bloc européen. Il y a dix ans, nous étions lents, nous avons fait trop peu et trop tard, cela nous a coûté beaucoup de douleur. Une douleur que nous ressentons encore aujourd’hui« .

« Ils repoussent le problème à plus tard. Ils gèrent comme en 2010 »

Yanis Varoufakis
Ancien ministre des finances grec

Nommé ministre des Finances en 2015 dans le premier gouvernement d’Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis était au cœur de la renégociation de la dette grecque, quelques années plus tard.

« Encore une fois, ils repoussent le problème à plus tard. Ils gèrent comme en 2010« , a-t-il déclaré sur le plateau d’euronews. « Il y a un lien avec l’erreur de 2010 avec la Grèce. Ils ont traité cette crise comme s’il s’agissait d’une crise de liquidité, quand c’était une crise de faillite. Ils font la même chose aujourd’hui. Chaque milliard ou trilliard dont ils parlent sont des prêts. C’est la dernière chose dont les entreprises en Allemagne, en Italie, en France, ou en Grèce ont besoin maintenant« .

Les divergences entre les pays du Sud, qui réclament davantage de solidarité financière, et ceux du nord, semblent donc perdurer, d’une crise à une autre.

Les 27 dirigeants de l’UE réunis par visioconférence ce jeudi ont remis à plus tard ces arbitrages délicats et ont chargé la Commission européenne de préparer un plan de sortie de crise.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, les avait exhortés à agir vite et fort pour sortir de la pire récession qui guette l’UE depuis le début de sa création.

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