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Rémi Casty : « C’est malheureux pour moi, mais dans la vie, il faut avancer rebondir »

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Affecté et touché, Rémi Casty, le désormais ex-capitaine et pilier des Dragons Catalans accuse le coup. À 35 ans, l’ancien jeune premier du FCL Corbières remonte le fil de cette séparation. Entre émotions et une envie forte de rebondir, « La Caste » se confie.

Rémi Casty, pourquoi avoir décidé de faire une année de plus ?

Au début de la saison, il était acté que je ferai un point à la fin de l’année pour la suite à donner à ma carrière. À mon âge, dans tous les clubs dès que tu as plus de 35 ans, le point se fait en fin de saison. Et puis il y a eu la Covid et à la sortie du confinement, au mois de mai, j’ai eu une discussion avec le coach et je lui ai dit, je me sens bien et si tu veux on fera un point après deux mois de compétition. Je n’ai jamais parlé de retraite. Courant octobre j’ai dit à l’entraîneur que ma décision était prise et je voulais continuer à jouer.

Quelle a été la réaction du coach ?

À partir de là il n’y a pas eu de possibilité d’entrer en négociation avec le club par rapport aux contraintes sanitaires. Quand j’ai annoncé que j’avais envie de faire une année de plus, j’étais dans son bureau et je n’ai pas senti que ça l’emballait et pas d’enthousiasme non plus.

N’avez-vous pas eu d’autres rendez-vous ensuite ?

Oui, pendant la semaine avant de jouer Leeds, j’ai rencontré Bernard (Guasch) et pour la première fois, j’ai entendu des mots comme « Rémi, c’est fini, il faut faire jouer les jeunes ». Mais je n’ai pas entendu un non définitif, on m’a dit que peut-être on pourrait faire un montage financier, faut voir. Ça a été dur d’entendre des choses comme ça à deux semaines de la fin de mon contrat.

Surtout avant de débuter les play-offs…

C’est ça, c’était juste avant de jouer Leeds et le président m’a dit, c’est avec Steve McNamara que tu referas le point. Le coach qui était dans sa préparation de play-off ce qui est normal, m’a dit « on se voit après la finale ». Je me suis dit, au point où nous en sommes je n’ai que ça à faire… attendre.

Justement, comment avez-vous vécu ce dernier match à St-Helens ?

Quand je suis entré sur le terrain, je me suis dit, s’il le faut c’est ton dernier match avec les Dragons et dans les vestiaires, à la fin, je n’ai pas eu droit à ce moment si particulier pour celui qui quitte le club et qui remercie ses coéquipiers et le staff. C’est une grosse frustration. Sam Moa, Mika Simon et David Mead se sont levés, il y a eu de belles émotions, des moments forts et je ne pouvais pas encore savoir quel serait mon avenir.

« Il n’y a pas de colère en moi, c’est juste de la déception et de la tristesse »

Reprochez-vous un manque d’honnêteté du coach sur la fin ?

Jeudi matin, j’ai entendu, « Rémi on ne te garde pas » à quatre jours avant la fin de mon contrat et sans négociation. Le fait de l’entendre la première fois, « faudrait que tu laisses ta place », deux semaines avant la fin, ce n’est pas top et quatre jours avant la fin de contrat, t’entendre « on ne te garde pas », c’est triste.

Les raisons financières n’ont-elles pas pris le dessus sur votre désir de jouer une année de plus ?

Pas du tout. Quand j’ai décidé de faire une année de plus, ce n’est pas pour une raison financière. Je prends du plaisir à jouer et avec cette équipe, je sens qu’il y a un bon groupe, on arrive en demi-finale. Tu as envie de participer à ça et d’aider la nouvelle génération à passer un palier. Faire 15 ou 20 matches dans une saison, avec une revue à la baisse du salaire, j’étais dans cette optique-là, j’étais ouvert à tout et prêt à tout entendre. Mais ce qui fait le plus mal, c’est de ne pas avoir une seule proposition.

La colère a-t-elle pris le pas sur tout le reste aujourd’hui ?

Non, il n’y a pas de colère en moi, c’est juste de la déception et de la tristesse. J’ai toujours été honnête avec le club, en tant que capitaine, j’ai essayé de faire le mieux possible entre le club et les joueurs et les entraîneurs. En essayant d’être aussi le plus exemplaire sur et en dehors. C’était important que les jeunes prennent conscience de ça, il faut les pousser pour qu’ils y arrivent, c’est mon rôle. Je n’ai que de bons souvenirs, avant cet épisode dans le club.

La suite ?

Il faut que j’active un plan B et un plan C. Je suis en train de valider mon « BPJEPS sport collectif » et j’attends la validation du jury de mon diplôme d’entraîneur performance. Dans ma tête, je sais que quand je terminerai ma carrière, je souhaite entraîner.

Avez-vous de contacts sérieux avec des clubs de Super League ?

Des clubs se sont positionnés en Angleterre et en France aussi. On sait tous que Toulouse attend avec impatience la décision de la RFL pour savoir s’ils montent ou pas (16 décembre). À ce jour, je n’ai rien de concret, je n’ai rien signé nulle part et je suis au chômage au 1er décembre.

Là aussi, la chute n’est-elle pas brutale ?

Oui et c’est dur, mais j’arrive à encaisser des choses. C’est plus dur et difficile pour ma famille et mes amis, c’est dur pour eux. Il a fallu expliquer ça à ma fille aussi et ça n’a pas été facile. Le sport, c’est dur sur le terrain et des fois, c’est encore plus dur et douloureux avec ce qu’il se passe en dehors du terrain.

Avez-vous eu l’occasion de dire au revoir à tout le monde à Brutus la semaine dernière ?

Non. La plupart de mes coéquipiers, je les ai eus par texto ou « WhatsApp », c’est malheureux. Mais j’ai pu voir Christian (Cozza) et le remercier pour tout ce qu’il a fait et son travail au quotidien pour tous les joueurs et j’ai croisé des permanents du club. J’ai rencontré de belles personnes chez les Dragons, des amis pour la vie et c’est le plus important. Il y a plus grave dans la vie en ce moment. C’est malheureux pour moi, mais dans la vie, il faut avancer rebondir. Je suis motivé pour faire une saison de plus. Quand on est sportif et quand on prend des coups comme ça, on a envie d’aller jouer et de montrer que même à 36 ans, vous allez voir ce que je suis capable de faire et d’apporter au prochain club avec lequel j’aurai le plaisir de signer. Je suis dans cette optique-là. Il y a une transition qui n’est pas facile, il faut quitter une maison, il y a des papiers à régler et tout est fait en accéléré. C’est comme ça, c’est le sport de haut niveau. Dans ma tête je n’étais pas prêt à ça, mais il faut s’y faire.

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