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Naples et Maradona, une histoire d’amour et de passion

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Idole de la citĂ© Ă  paritĂ© avec son saint patron San Gennaro, Maradona Ă  Naples, c’est le rĂ©cit d’une rencontre accidentelle devenue l’histoire la plus passionnelle du football. Une union totale, toxique aussi, dont naĂźtra mĂȘme un fils, Diego Junior, reconnu sur le tard.

« J’attends un peu de tranquillitĂ© et surtout du respect », lĂąche Diego Maradona en 1984 dans son avion vers la baie de Naples, ignorant manifestement tout de lĂ  oĂč il s’apprĂȘte Ă  atterrir.
La tranquillitĂ©, il a vite fallu oublier. Plus que du respect, il aura droit Ă  de la vĂ©nĂ©ration: « Tous les Napolitains avaient chez eux une photo de Diego. Chez certains, elle Ă©tait mĂȘme accrochĂ©e au-dessus du lit Ă  cĂŽtĂ© de JĂ©sus », assure Gennaro Montuori, ultra napolitain devenu proche du N.10, dans le documentaire d’Asif Kapadia (2019).
« Je ne connaissais ni Naples ni l’Italie mais aucune autre Ă©quipe ne voulait de moi », y explique l’Argentin qui arrive Ă  Naples aprĂšs un passage ratĂ© Ă  Barcelone, un « dĂ©sastre », selon lui.
Maradona n’est certes pas encore le « gĂ©nie du football mondial » du sacre de l’Albiceleste au Mondial-1986 mais le Napoli paraĂźt dĂ©jĂ  Ă©troit pour lui. Comme sur le terrain, oĂč il se crĂ©e des espaces, « el Diez » (le Dix) va ouvrir de nouvelles perspectives aux Azzurri.

Le Sud en Ă©tendard

La deuxiĂšme Ă©toile dĂ©crochĂ©e avec l’Argentine, il s’attelle Ă  offrir son premier scudetto Ă  Naples. Et il en fait une mission. Lui, le « villero », l’enfant du quartier dĂ©shĂ©ritĂ© de Villa Fiorito, au sud de Buenos Aires, s’identifie aux Napolitains, ces « terroni » volontiers mĂ©prisĂ©s par le Nord.
« Je m’y suis tout de suite senti comme un poisson dans l’eau. J’ai tout de suite aimĂ© cette ville, car elle me faisait penser Ă  mes origines », raconte le N.10 dans son autobiographie Ma VĂ©ritĂ© (2016).
« J’avais l’impression de reprĂ©senter une partie de l’Italie qui ne comptait pour personne », livre Diego dans le film d’Asif Kapadia.
Et, plus que du bonheur, il entend lui donner de quoi relever la tĂȘte, regarder dans les yeux les gĂ©ants du PiĂ©mont et de Lombardie.
« Les gens avaient l’impression que le Sud ne pouvait pas gagner contre le Nord », se rappelle-t-il dans le film d’Emir Kusturica Ă  son nom (2008).
Un complexe d’infĂ©rioritĂ© Ă©vaporĂ© le 10 mai 1987: un match nul contre la Fiorentina (1-1) au San Paolo sacre Naples qui exulte dans une fĂȘte qu’on ne verra plus de mĂ©moire de Napolitain.
« Le plus grand moment de ma vie », jure Maradona Ă  Kapadia. « J’ai gagnĂ© d’autres titres, la Coupe du monde mais pas dans mon pays. C’est chez moi ici », clame le Napolitain d’adoption.
En osmose avec « sa » ville jusque dans ses vices, la star planĂ©taire fraie avec des clans camorristes et baigne dans la cocaĂŻne –« à Naples, on en avait autant qu’on en voulait ».
Des lignes, Maradona en inscrit aussi quelques autres au palmarĂšs du Napoli: aprĂšs le doublĂ© Coupe-Championnat de 1987, il offre Ă  la citĂ© parthĂ©nopĂ©enne une Coupe de l’UEFA en 1989 puis un autre scudetto en 1990.
Mais en proie Ă  la tentation d’un dĂ©part Ă  Marseille en 1989, Maradona Ă©touffe d’une overdose de passion Ă  Naples, qui peu Ă  peu se dĂ©tourne de son demi-dieu, dĂ©jĂ  Ă©gratignĂ© depuis 1986 aux yeux de nombre de Napolitains par la naissance d’un fils illĂ©gitime.
Jusqu’Ă  l’abjuration: la Coupe du monde 1990 et une demi-finale chez lui, Ă  Naples, contre l’Italie, Ă©liminĂ©e aux tirs au but. L’hymne argentin est sifflĂ©, Maradona conspuĂ© au moment de tirer.
AccusĂ© de diviser le pays pour avoir lancĂ© avant la rencontre « Naples n’est pas l’Italie », il quitte la Campanie un an plus tard. Un contrĂŽle positif Ă  la cocaĂŻne qui lui vaut une suspension de 15 mois met fin Ă  son septennat napolitain.

Des centaines de Diego

La sĂ©paration digĂ©rĂ©e, restent Ă  Naples les souvenirs grandioses. Ceux de l’Ăąge d’or du Napoli qui n’avait pas accompli grand chose avant lui (deux Coupes d’Italie Ă  son palmarĂšs), ni beaucoup plus aprĂšs –seulement deux Coupes supplĂ©mentaires.
De quoi alimenter encore la vĂ©nĂ©ration pour « D10s »: quasi trois dĂ©cennies aprĂšs son dĂ©part, l’idole du San Paolo est toujours cĂ©lĂ©brĂ©e par des pochoirs reconnaissables Ă  leurs deux sourcils touffus, la tignasse brune qui lui a valu le surnom de « Pelusa » (la Peluche) et un maillot estampillĂ© Mars –le sponsor du Napoli Ă  l’Ă©poque, pas la planĂšte d’origine de l’extraterrestre argentin.
Toujours louĂ©e par un cantique, « Ho visto Maradona », transmis entre gĂ©nĂ©rations et rĂ©citĂ© par tout le stade pour le retour du hĂ©ros dans une Naples hystĂ©rique en 2005, quatorze ans aprĂšs son exil, Ă  l’occasion du jubilĂ© de son ex-coĂ©quipier Ciro Ferrara.
Et toujours honorĂ©e enfin par des centaines de garçons baptisĂ©s Diego. En 2016 selon la mairie de Naples, encore 46 nouveau nĂ©s ont reçu ce prĂ©nom hispanique. Le signe d’un respect indĂ©lĂ©bile. La tranquillitĂ©, elle, a enfin Ă©tĂ© accordĂ©e Ă  Diego Maradona.

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Source

Riad Malki

Journaliste au Media 7 depuis 2019, je suis chargé des questions de l'économie et politique depuis Janvier 2019.

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