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Mort de Maradona – Bozzi, l’USAP et « la mano de Dios »

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Comme tous les Argentins, Bozzi pleure Maradona. « Oui, j’ai versé des larmes quand j’ai appris sa mort », admet l’ancien pilier de l’USAP, 49 ans, qui a travaillé jeudi  à Perpignan avec le maillot « ciel et blanc » de l’Argentine sur le dos.

« Je suis resté jusqu’à 3 heures du matin devant mon poste de télévision la nuit dernière, à suivre les informations en Argentine, raconte « papy » encore sous le coup de l’émotion. Mon fils, qui est à Buenos Aires, m’a envoyé des photos du cercueil de Maradona et de toute cette foule qui suivait le cortège. Sa mort, c’est un vrai drame national. Trois jours de deuil ont été décrétés mais moi je vous le dis : le gouvernement argentin a plus peur de la foule pour les obsèques de Diego que de la Covid-19. La mort de Johnny Hallyday en France, à côté de Maradona, c’est rien ! »

 Après la mort de Diego Maradona, c’est tout un pays qui est dévasté tandis que le corps de ce héros populaire qui s’est élevé contre les puissants, de la FIFA aux oligarques de son pays, est veillé lors d’une cérémonie de 48 heures qui se déroule à la Casa Rosada, le palais du gouvernement.

Bozzi et Maradona, c’est aussi l’histoire des joueurs de l’USAP, ceux qui ont remporté le Brennus en 2009.  Pour redonner du beaume au cœur hier à Sebastian Bozzi, il a suffi de lui demander de raconter, encore une fois, comment il avait réussi à imposer dans le vestiaire et le bus, la « Mano de Dios », du chanteur Rodrigo, tout au long d’une saison entrée dans l’histoire : « Avant, en France, dans le vestiaire, c’était plutôt coups de têtes et gifles pour se motiver. Moi, j’ai imposé la musique. Avec la « Mano de Dios », j’ai installé la psychose dans le bus où on passe à chaque déplacement le film « La vie de Maradona », et dans le vestiaire avec la chanson au son amplifiée par l’enceinte de Kisi Pulu. La fois, où l’on n’a pas passé la chanson, on a perdu le match. Et pour la demi-finale à Lyon, Benoît Brazes (NDLR : le bras droit de Paul Goze à l’époque) me dit : on va passer l’Estaca dans le vestiaire. Je lui dis : tu es fou ! »

La chanson « La mano de Dios » était l’hymne des joueurs de l’USAP

Et voilà comment une chanson argentine, sur un footballeur roi, est devenue l’hymne des joueurs de l’USAP cette saison-là. Bozzi en rigole encore : « Zaza (Marty)  suppliait : « Enlève cet abruti ». Et de se remémorer encore : « Les gars me disaient qu’avec cette chanson que je leur bouffais le cerveau. » Comme tout argentin qui se respecte, Bozzi le rugbyman a été marqué par la carrière de Maradona devenu presque un membre de la famille. « Il a tellement apporté au pays, au peuple argentin, insiste Bozzi friand d’anecdotes : « C’était en 1992, à Buenos Aires. Diego était sur le point de rejoindre Séville après avoir quitté Naples où la justice italienne s’intéressait à lui à cause de la drogue. Il devait se remettre en condition. Javier Valde Cantos, le préparateur physique de Maradona, me demande de venir faire un footing, moi qui est horreur de ça. Je dis « ok pour le lendemain » et là, il y a Maradona au stade. Tous les trois, on part pour un footing. Il durera 300 m car après, Diego va passer son temps à signer des autographes. Après, on est rentré, on a pris une douche. Et là je dis à Diego : « Mais comment tu fais pour supporter toute cette pression ? ». Il me répond : « Je suis libre… en prison ! ». Et de m’expliquer qu’il ne peut pas aller emmener ses filles chez McDo, c’est McDo qui vient chez lui. Comme il ne peut pas aller au cinéma ou même en vacances à l’autre but du monde. Mais il ne rechigne jamais à une séance d’autographes qui peut durer trois heures. Il me dit encore : « Si j’existe, c’est grâce aux supporters ». Diego, c’est un exemple pour tous les Argentins. Vraiment. »

À leurs yeux, El Pibe de Oro restera comme un héros des classes populaires. Et une « idole » pour Bozzi.

L’année où Maradona a failli donner le coup d’envoi à Aimé-Giral 

Dans la boîte à souvenirs de Sebastian Bozzi, une anecdote lui revient en mémoire. « En 2011, j’ai rencontré à Buenos Aires un joueur qui voulait intégrer le centre de formation. Il connaissait tout de l’USAP. Son père était un des avocats de Maradona. Il me dit : « Si tu veux, on peut parler à Diego au téléphone. Je n’y crois pas trop… Les semaines passent. Je suis rentré à Perpignan et je reçois un coup de fil.

A l’autre bout, le jeune joueur que j’avais rencontré, me dit : « Tiens, je te passe Diego ». J’ai discuté avec Maradona une demi-heure. Et à un moment donné, je lui propose de venir donner un jour le coup d’envoi d’un match de l’USAP. Il me répond : « Tu n’as qu’à m’inviter. Perpignan, je connais. Je m’y suis promené avec Claudia (son ex-femme) quand je jouais au Barça (1982-1984) ».

Bozzi le prend au mot, contacte des partenaires pour qu’ils prennent en charge le déplacement de Maradona jusqu’à Perpignan. Malheureusement, ça ne se fera pas. Diego Maradona part en Arabie Saoudite. Il entraînera pendant 14 mois le club d’Al-Was et à son retour en Argentine, il ne fera pas un crochet par la France et Perpignan. Et Bozzi ne l’aura plus jamais au téléphone.

E. D.

 

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