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Marc Palanques : « Je ne peux pas rester insensible aux coups bas »

Samedi 12 décembre, le président Marc Palanques rendra les clés de la FFR XIII à sa ou son successeur. L’ancien international, élu à l’été 2016 et qui n’a pas souhaité briguer un deuxième mandat, dresse le bilan d’une présidence à remous qui a marqué l’homme qu’il est.

Quelle sera la situation financière de la FFR XIII au moment de votre départ?

La fédération était en cessation de paiements à notre arrivée, chose que nous avons découverte une fois élus. Il y avait 491 000 euros de dettes et une insuffisance de trésorerie de -265 000 euros. Le bilan était de – 204 275 euros. Il est bon de le rappeler. Dès notre nomination, nous avons demandé à un commissaire aux comptes d’intervenir et il a déclenché une procédure d’alerte de niveau 1, assurant que la FFR XIII allait à sa faillite si rien n’était fait.

Quels sont les résultats comptables aujourd’hui?

Au 30 juin, la trésorerie disponible est de 1221 014 euros, comprenant le PGE (l’aide de l’État lors des confinements, NDLR). Au final, de par sa gestion, la gouvernance actuelle peut se prévaloir d’avoir à son actif les quatre meilleurs bilans de ces quinze dernières années, pour un bénéfice net cumulé de 1 403 807 €, soit 931 002 € après versement des aides COVID de 472 805 €.

Comment êtes-vous arrivés à ces résultats ?

Il a fallu restructurer la fédération par un plan financier et professionnel. La masse salariale était trop importante et elle annulait toute action à investir. Il a fallu être très strict sur le moindre euro dépensé et j’ai renégocié les contrats de prêts à la baisse. Nous avons mis en place un plan économique fort en déplaçant le siège à Carcassonne, au milieu de notre territoire et avec un président au milieu de ses collaborateurs. La masse salariale est passée de 500 000 euros en 2016 à 277 489 euros en 2020. Nous avons embauché une nouvelle équipe de collaborateurs bénévoles ; nous avons gardé la trésorière à Paris et nous avons organisé le travail de chacun grâce à une implication hors norme. Nous avons fait en sorte d’être disponibles pour les clubs entre midi et deux, et en fin d’après-midi, soit dix heures par jour. Je précise que ces résultats ont été réalisés sans aucune augmentation des clubs, au contraire.

Avez-vous réaménagé d’autres secteurs de la fédération ?

Oui. J’ai été choqué en 2016 de voir que le montant des amendes était le même, peu importent les divisions. On y a remédié. J’ai été également interloqué de voir que les équipes de France féminines et fauteuil n’avaient pas leurs frais remboursés ; là aussi ça a été corrigé. Et puis en 2017, nous n’avons pas pu envoyer nos équipes de France féminines et fauteuil en Australie, pour la Coupe du monde, par rapport à l’état de la trésorerie de la fédération. Je me réjouis que trois équipes de France soient représentées lors de la Coupe du monde 2021. Nous avons les moyens de préparer ces trois équipes de France grâce aux investissements réalisés.

Les clubs ont-ils reçu des aides COVID ?

Tous les clubs ont reçu une aide en essayant d’être le plus équitable possible. On a versé 472 905 euros aux clubs.

Où en sont les relations avec le ministère des sports?

Il y a deux ans, le ministère avait chargé un cabinet de la Cour des comptes d’expertiser les fédérations. Nous avons été très bien notés et ils ont été impressionnés de la façon dont nous avons redressé la situation financière en un temps record.

Vous avez porté pendant quatre ans le projet d’un Centre National d’entraînement. Pourquoi un tel engagement?

En effet, ça fait quatre ans et demi que je travaille dessus. Je voulais donner du culot et de l’ambition pour notre sport. Je voulais quelque chose de structurel pour le XIII. J’ai initié ce projet en 2016, malgré la cessation de paiements déclarée, et ça m’a servi quand les finances sont redevenues positives. Nous avons du coup été plus réactifs et je remercie le maire d’Alzonne et président de Carcassonne Agglo, Régis Banquet, de son soutien. Nous avons construit le contenu de ce projet avec un gymnase, une salle de musculation, un espace balnéo, un autre de réathlétisation, un terrain synthétique éclairé, une salle polyvalente et un campus avec des chalets. Je suis allé voir tour à tour l’Etat, la Région et le Département de l’Aude : tous ont été séduits et ils ont fait le maximum. On a quand même 3 625 000 euros de subvention… Je ne sais pas si les gens se rendent compte de ce que c’est. En comptant le montant des loyers que nous récupérons de nos locaux à Paris, il restera à payer tous les mois 1150 euros pour se doter d’un outil pareil.

« Vous croyez qu’une fédération peut passer à côté de plus de 3 millions d’aide des collectivités ? »

Pourtant, plusieurs dissidents se sont élevés contre un tel projet…

C’est vrai et je regrette l’attitude de Messieurs Janzac et Guilhem. À la limite, que ces personnes s’inquiètent, je peux le comprendre. Mais elles ont tiré à boulets rouges sur nous, sans savoir. Il y a eu des propos calomnieux et diffamatoires. Vous croyez qu’une fédération peut passer à côté de plus de 3 millions d’aide des collectivités? Mais malgré cette campagne, les clubs ont voté pour ce projet lors du congrès, à 63 %. C’est un score exceptionnel au regard des conditions de désinformation qui ont été organisées.

Quand est-ce que ce centre national d’entraînement pourra ouvrir?

L’ouverture est envisageable pour la rentrée 2022 ; nous sommes obligés de nous tenir à une rentrée des classes.

Vous ne serez plus président le 12 décembre au soir. Accompagnerez-vous toujours ce projet?

Je suis prêt à conduire bénévolement ce projet jusqu’à la remise des clés, encore faudrait-il qu’on me le demande. Il m’est impossible de travailler bénévolement avec Monsieur Janzac qui a dénigré ce projet. Je ne connais pas Monsieur Lacoste, mais je connais Monsieur Guilhem et son chargé de campagne. Leurs propos là encore ne me poussent pas à les accompagner. Fabienne Albert peut compter sur mon soutien plein et entier. Tout est écrit et noté, au cas où je ne sois pas là pour accompagner ce projet. Nous avons également créé un compte dédié à ce centre national, pour les versements de subvention.

Pourquoi ne pas avoir décidé de vous présenter une deuxième fois?

Je ne pense plus être l’homme de la situation. Je n’ai pas soif de reconnaissance. Mais sur un terrain, j’ai toujours mouillé le maillot et j’en ai fait de même comme président.

On vous sent aussi lassé qu’affecté par toutes les attaques personnelles?

Je ne peux pas rester insensible aux coups bas. Certains s’en réjouissent et oui, je l’avoue, ça m’a affecté. Je n’étais pas là pour ça. Ceux qui parlent très fort, au moment de bâtir, ils ne regardent que leur intérêt personnel. Je m’en vais après quatre ans et demi pendant lesquels j’ai passé un quart de mon temps à me battre : j’y ai laissé de l’énergie et c’est épuisant. Je suis arrivé à un tel point que je ne dors plus ; je dois tout le temps être en train de me justifier.

N’avez-vous pas eu de belles satisfactions?

Oui, j’ai rencontré des gens merveilleux ; j’ai vu des bénévoles et des présidents de club passionnés, qui aiment leur sport. J’ai été impressionné par ce monde-là et ce dévouement. Et puis, il y a eu trois titres pour nos équipes de France, avec le XIII Fauteuil qui a conservé sa couronne mondiale et deux titres européens avec l’équipe de France et les U19

Vous êtes un président de fédération appointé. Pourquoi ?

Il faut savoir que c’est le CNOSF qui a incité les fédérations à voter la salarisation de leur président pour éviter des salaires dissimulés et des frais de déplacement énormes. Lorsque j’ai pris la fédération, j’avais 54 ans, j’avais des projets et lorsque j’ai découvert l’état du chantier, je me suis dit que ça me prendrait tout mon temps. J’ai dit OK pour la salarisation, mais au SMIC (1500 euros). Et c’est ce qui se passe depuis deux ans. J’ai fait mes deux premières années bénévolement. Lors du congrès du 2 septembre 2017, les clubs ont voté pour la rémunération du président à 78 % et elle n’a été mise en place qu’en août 2018. Malgré ça, je n’ai jamais produit une note de frais à la fédération pour les frais de péage, d’essence ou de téléphone. Je veux bien recevoir des leçons, mais pour un SMIC sur deux ans, j’ai obtenu plus de 3 millions de subventions et j’ai remis de l’argent dans les caisses de la fédération.


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