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Droits TV de la Ligue 1 : la justice va trancher sur le retrait de Mediapro

La justice rend mardi 22 décembre sa décision sur le conflit opposant la Ligue de football professionnel (LFP) à Mediapro, dernière étape avant le retrait du diffuseur défaillant et une réattribution des droits TV du football français, essentielle à son équilibre financier.

Si le feu vert devait être donné par le tribunal de commerce de Nanterre, s’engagera l’attribution de ces droits à un ou plusieurs diffuseurs. Si plusieurs noms circulent, Canal + apparaît favori pour reprendre sa place de partenaire historique du football français et s’offrir une revanche, deux ans et demi après son humiliante éviction par le groupe sino-espagnol.
Les clubs français ont hâte de tourner la page Mediapro. Mais il faut que le tribunal entérine l’accord entre les parties, et mette fin à deux mois de négociations incertaines, et surtout à deux années d’espoirs ayant viré à la catastrophe industrielle.

Nouveau venu en France, Mediapro n’a pas honoré ses versements depuis octobre, alors qu’il s’était engagé pour un montant record de plus de 800 millions d’euros par an jusqu’en 2024, avec à la clé la diffusion de 80% des matches de Ligue 1 et de Ligue 2.

Son départ et la fermeture prochaine de sa chaîne Téléfoot quatre mois après sa création, semblaient inéluctables depuis plusieurs semaines. Il fallait néanmoins dessiner les contours de cette sortie, ce que le président de la Ligue Vincent Labrune et le patron catalan de Mediapro, Jaume Roures, ont fait en aboutissant à un accord le 11 décembre.

Tourner cette page difficile

Le protocole d’accord a été longuement présenté au tribunal de commerce le 17 décembre, lors d’une audience à huis clos. Celui-ci doit désormais décider s’il l’homologue, ce qu’espèrent les deux parties. La décision est attendue mardi soir, selon une source proche des délibérations. « On espère que la décision arrêtera les accords définis entre la Ligue et Mediapro, qui permettront de tourner cette page difficile », a insisté après l’audience Guilhem Bremond, l’avocat du groupe.

L’homologation du protocole d’accord permettrait à la LFP de récupérer immédiatement ses droits TV, en vue de les revendre à un diffuseur plus solvable. Cela validera par ailleurs définitivement le paiement par Mediapro d’une indemnité de dédommagement de 64 millions d’euros, une manne essentielle qui sera redistribuée aux clubs professionnels, en grande difficulté financière pour certains face à la défaillance de Mediapro et à l’absence de revenus de billetterie pour cause de crise sanitaire.
Cette indemnité de sortie reste loin des 325 M€ non payés entre octobre et décembre par le groupe catalan, même si 36 millions supplémentaires sont attendus au premier semestre 2021 par la Ligue, selon les termes de l’accord détaillés par plusieurs sources ayant connaissance du dossier.

Décote inéluctable

Une ère d’incertitude va donc s’ouvrir, avec, pour plusieurs jours voire plusieurs semaines, 80% des rencontres de Ligue 1 et de la Ligue 2 en suspens, d’ici à ce qu’un nouvel acteur récupère les droits. Mais pour éviter la catastrophe de « l’écran noir » lors de certaines journées, Mediapro s’est engagé à maintenir sa chaîne Téléfoot en fonction jusqu’à la réattribution des droits TV, avec une date butoir fixée au 31 janvier 2021. Ainsi, huit des dix matches de la 17e journée de Ligue 1, la dernière avant une courte trêve hivernale, seront bien diffusés mercredi soir par Téléfoot, où la rédaction continue tant bien que mal de travailler malgré la fermeture à venir.

En parallèle, tous les regards se tourneront vers Canal+, grand favori de la reprise des rencontres majeures. La chaîne historique du football français, déjà détentrice de deux matches de L1 par journée et alliée à beIN Sports sur ce dossier, refuse de communiquer mais son intérêt ne fait aucun doute, selon tous les observateurs et parties prenantes interrogés. A quel montant ? C’est la grande question. Pour l’intégralité de la Ligue 1, une offre potentielle à moins de 600 millions d’euros fixes par an, plus une centaine de millions en part variable, a été évoquée selon plusieurs sources. C’est bien loin du 1,217 milliard d’euros annuels initialement obtenus lors de l’appel d’offres de 2018.

D’autres acteurs (Amazon, DAZN…) existent néanmoins pour tenter d’arracher quelques dizaines de millions de plus, mais tous les dirigeants de clubs interrogés s’accordent sur une certitude: une décote de plusieurs centaines de millions d’euros par an semble inéluctable. Avec des conséquences sur la rentabilité et l’attractivité du football français.


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