Culture

Rabat: l’artiste Kamil Bouzoubaa-Grivel expose “Les jours s’allongent”, une collection de dessins monochromes et de sculptures

mercredi, 12 juin, 2024 à 18:53

Rabat – Le vernissage de l’exposition “Les jours s’allongent” de l’artiste Franco-Marocain Kamil Bouzoubaa-Grivel aux influences multiples, a eu lieu, mercredi, à la galerie “Heart of Beau” à Rabat.

Cette exposition qui marque l’inauguration de la galerie “Heart of Beau”, est une occasion pour l’artiste pluridisciplinaire de dévoiler ses dernières recherches artistiques qui se présentent comme une série de dessins monochromes réalisés à l’encre à base d’huile sur papier couché.

Grâce à ses multiples inspirations, l’artiste a développé dans ses œuvres un langage visuel distinctif, inspiré par l’écriture vectorielle, les trames de la bande dessinée et le textile, ainsi que par la pensée de Jean Arp, selon laquelle dans l’abstraction, le noir et le blanc relèvent de la typographie et du dessin linéaire dans le but de créer une ambiguïté entre le dessin numérique, l’impression et le tracé manuel.

“Cette question de la représentation du volume et de la profondeur à l’écran me passionne, et je tente de l’employer, de la remanier dans mes dessins”, a expliqué l’artiste à la MAP, ajoutant qu’il a développé sa propre technique alliant typographie et dessin qui lui permet d’obtenir des noirs profonds, épais, légèrement en relief, qui réfléchissent la lumière de manière à rappeler la lumière des écrans. Un procédé qui, selon lui, brouille les frontières entre la 2D et la 3D, offrant ainsi une nouvelle dimension à l’art graphique.

“Lorsqu’on regarde mes dessins, on se demande s’ils ont été imprimés ou tracés à la main, les légers reliefs et reflets que j’obtiens composent un espace oscillant entre l’écran et le papier”, a-t-il relevé, précisant qu’il utilise un ancre spécial avec lequel il dessine sur papier couché pour exprimer la profondeur de ses traits.

“Mon intérêt pour les différentes formes d’écriture, à l’image de la calligraphie, du pictogramme et de l’idéogramme, m’a amené à questionner la représentation graphique des signes et des symboles et à vouloir les intégrés dans mes œuvres”, a-t-il ajouté.

La galerie “Heart of Beau” qui accueille l’exposition, se veut un espace où les jeunes artistes contemporains peuvent s’exprimer et rencontrer le public et les amateurs de l’art, a indiqué le propriétaire de la galerie Othmane Benlamine qui ambitionne, à travers cette initiative, de vulgariser l’art et le rendre plus accessible au grand public, d’où le choix d’implanter la galerie dans un centre commercial de la capitale.

“Le choix de Kamil Bouzoubaa-Grivel s’aligne parfaitement avec l’esprit de la galerie, avec ses œuvres d’art qui sortent un peu de l’ordinaire et qui représentent l’art moderne et contemporain”, a-t-il dit.

À travers cette exposition, l’artiste pluridisciplinaire dévoile également une exposition de sculptures constituées de formes découpées dans des plaques de métal plates et soudées sur une structure portante en volume. Intitulées “Oiseau Piment”, ces sculptures intègrent un aspect presque comique, à la frontière entre figuration et abstraction, qui évoquent parfois à première vue des formes familières.

Né en France, Kamil Bouzoubaa-Grivel mêle dans ses œuvres habilement des techniques numériques et manuelles et explore la relation complexe entre la surface et la profondeur. Dans ses travaux, l’artiste s’inspire des mangas japonais et plus précisément des travaux de Yuichi Yokoyama, naviguant dans le domaine de l’abstraction en utilisant une palette monochromatique inspirée par la typographie.

L’artiste a commencé ses études à l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris, où il a été formé pendant deux années dans le design graphique et la typographie. Étant attiré par le dessin contemporain, il a poursuivi sa formation dans une autre école parisienne des Beaux-Arts.

Kamil Bouzoubaa-Grivel a reçu plusieurs distinctions, notamment le Prix du dessin de la Fondation Hugot, du Collège de France en 2019, et le Prix Takesada Matsutani en 2020.

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