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Victime d’un chauffard, la vie de ce Gardois a basculé : « Une descente aux enfers que nous n’avons pas demandé »

Le 18 novembre dernier, la vie d’Erwan et Aurélie Collin a basculé après l’accident du premier nommé. Trois mois après, celui-ci est toujours alité et la vie de la famille est toujours dégradée.

« Je suis arrivé au mauvais endroit, au mauvais moment. » Allongé sur son lit, Erwan Collin se remémore sa soirée du 18 novembre dernier par ces mots. Impliqué dans un accident de la route près de Fourques ce jour-là, le chauffeur routier en paye encore le prix, près de trois mois plus tard. À son domicile de Vauvert, le jeune homme est alité, avec un fixateur externe sur la jambe.

L’une des suites de ses blessures. Lors de l’accident, le chauffeur routier subit une fracture ouverte du tibia. Celle-ci ne se reconsolide pas. Il a subi également une greffe osseuse en janvier. Ce vendredi, Erwan fera une scintigraphie pour voir s’il n’y a pas d’infection qui pourrait expliquer la non-consolidation. Si la greffe ne fonctionne pas, il n’y aura plus qu’une seule solution. L’amputation. « C’est une blessure qui bloque ma vie. »

En contact avec les gendarmes
Erwan Collin n’est pas la seule victime de l’accident de Fourques. Deux gendarmes ont également été blessés lors du choc. « J’ai même eu de la chance que des gendarmes soient impliqués, estime Erwan. Cela a pu aller plus vite pour mon sauvetage. » Le chauffeur routier a attendu six heures avant d’être pris en charge et sauvé.

Depuis, l’ancien chauffeur routier n’a pas coupé le contact avec les deux gendarmes, dont il a des nouvelles quotidiennes. « Ils se remettent doucement, indique Erwan Collin. Pour eux, ça se passe bien. Ils nous ont beaucoup aidés ces derniers temps.  »

Cette nuit-là, ce n’est pas seulement la vie d’Erwan qui a basculé. C’est aussi celle de toute sa famille. « Étant routier, je ne peux plus travailler, se désole l’homme originaire de Toulouse. Mon salaire a baissé de plus de 1 000 euros par mois. C’est ce qui nous met dans cette situation financière difficile. »

Le chauffeur est bien entouré. Dès le début, sa femme Aurélie est restée à son chevet. En poste à la communauté de communes Petite Camargue, elle a dû démissionner pour prendre soin de son époux, en difficulté pour accomplir les tâches du quotidien. « Je me suis arrêtée de travailler. Je ne me voyais pas le laisser se débrouiller tout seul », explique l’épouse.

Dans ce cas, malgré le caractère exceptionnel de la démission, il n’y a pas d’allocations de la part de Pôle emploi. En tout, le couple perçoit uniquement 1 300 euros par mois. C’est peu alors que tous les frais habituels, comme l’électricité, doivent être payés. Le calcul est vite fait. « Heureusement, notre propriétaire est conciliant « , sourit Erwan. De plus, ils n’ont pas encore le droit aux aides de la CAF.

Une cagnotte créée pour aider la famille à survivre

Le couple a des jumelles de 5 ans, un âge où il est encore difficile d’appréhender la maladie et les blessures. « Elles ne comprennent pas pourquoi leur père ne monte pas pour jouer avec elles », se désole Aurélie.

Devant cette situation, les deux fillettes ont même été déscolarisées pendant quelques semaines. Le chagrin était présent y compris dans la classe de l’école. « J’essaye de faire au maximum pour être proche d’elles, explique Erwan. Le soir, elles viennent me faire un câlin. Mais elles ont peur de me faire mal. »

Actuellement, la famille reçoit l’aide des Restos du Cœur. « On a connu une période où les filles mangeaient mais pas nous, explique Aurélie. On a dit stop. On a eu le droit aux paniers solidaires. Quand vous arrivez là, après avoir toujours travaillé, vous prenez une grande claque. » Une cagnotte a été créée pour venir au secours à ce jeune couple. Ce mardi, 3 000 euros avaient déjà été versés. « Ce n’est pas pour aller s’acheter une nouvelle paire de baskets, indique Aurélie, un peu échaudée par les remarques qu’elle a pu lire ou entendre. C’est pour survivre. »

En fin de semaine, Erwan va en savoir plus. Si tout se passe bien, il pourrait remarcher en juin et retirer son fixateur en septembre. « C’est une descente aux enfers que nous n’avons même pas demandée », soupire sa femme.

Barrage forcé et gendarmes blessés
Tout a commencé par un refus d’obtempérer. Ce 18 novembre, en fin d’après-midi, un jeune homme a forcé un barrage de gendarmerie sur un pont à Fourques. Après avoir refusé de se soumettre à un contrôle des forces de l’ordre, il a pris la fuite à bord de son véhicule.

Celui-ci est ensuite rentré dans le camion d’un chauffeur poids lourd, Erwan Collin, et explose le pneu gauche du poids. Ce dernier perd le contrôle du véhicule et s’encastre dans le pont. Sa remorque frappe de plein fouet les deux gendarmes, partis à la poursuite du forcené ayant refusé le contrôle.

Ce soir-là, Erwan Collin reste bloqué pendant six heures avant d’être secouru et pris en charge à l’hôpital. Prévenue, Aurélie Collin a pu se rendre sur les lieux de l’accident. Le présumé coupable a été déféré et entendu. Si des éléments de l’enquête indiquent que cela pourrait être un véhicule volé, Erwan et Aurélie ont également eu plutôt vent d’une scénarisation d’un vol.

Avec défaut de permis, défaut d’assurance et contrôle positif aux stupéfiants. Dans cette histoire s’ajouteraient des histoires de faux témoignages et des menaces envers les gendarmes. Selon le jeune couple, l’affaire devrait se dénouer devant la cour d’assises, et non en correctionnelle comme il était prévu au départ, parce que le dossier comporte un volet « tentative de meurtre envers des représentants des forces de l’ordre ».

 

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