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Une enquête ouverte après la découverte de tags négationnistes à Oradour-sur-Glane

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Des tags ont été découverts vendredi 21 août au centre d’Oradour-sur-Glane, lieu de mémoire de la Seconde Guerre Mondiale. « Tout sera fait » pour poursuivre les auteurs cet acte « inqualifiable », a réagi samedi le président Emmanuel Macron.

Des tags ont été découverts vendredi 21 août au centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane, village marqué par un massacre durant la Seconde guerre mondiale. Sur une photo mise en ligne par Le populaire du Centre, on voit le mot « martyr » rayé à la peinture, une bâche bleue couvrant des inscriptions. Selon le journal, « le mot « menteur » a été ajouté ainsi qu’une référence à un révisionniste et à des théories qui régulièrement refont surface à propos du village martyr haut-viennois ». « Qu’on barre le mot martyr, qu’on mette menteur et le nom d’un révisionniste à la place, vous comprenez que nous sommes choqués », a déclaré le maire d’Oradour-sur-Glane, Philippe Lacroix.

Emmanuel Macron « condamne avec la plus grande fermeté cet acte inqualifiable. Il apporte tout son soutien au maire et à la commune. Il leur assure que tout sera fait pour que les auteurs de cet acte soient traduits en justice », a communiqué l’Elysée.

Le premier ministre Jean Castex a réagi à cet acte de vandalisme sur Twitter. « J’ai appris avec colère et consternation la dégradation du centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane », a-t-il tweeté. Selon lui, « souiller ce lieu de recueillement, c’est aussi salir la mémoire de nos martyrs. » Le premier ministre a par ailleurs promis que tout était mis en œuvre pour retrouver les auteurs des faits. 

J’ai appris avec colère et consternation la dégradation du centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane.
Souiller ce lieu de recueillement, c’est aussi salir la mémoire de nos martyrs.
Tout est mis en oeuvre pour que les auteurs de ces actes infâmes en répondent devant la Justice.

— Jean Castex (@JeanCASTEX) August 21, 2020

Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a quant à lui qualifié ces inscriptions de « négationnistes » et de « crachat sur la mémoire de nos martyrs. » « Les services du ministère de l’Intérieur sont à la disposition du maire de la commune pour faire arrêter l’auteur de cette salissure abjecte », a-t-il ajouté sur Twitter. 

Les inscriptions négationnistes à Ouradour-sur-Glane sont un crachat sur la mémoire de nos martyrs. Les services du ministère de l’Intérieur sont à la disposition du maire de la commune pour faire arrêter l’auteur de cette salissure abjecte.

— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) August 21, 2020

« Des enfants et des femmes ont disparu dans des douleurs atroces »

Selon l’AFP, le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, ancien député de la deuxième circonscription de Haute-Vienne, s’est rendu sur place samedi en fin d’après-midi. « Le procureur est en charge de l’enquête, il a mobilisé des services importants (…) pour traquer ceux qui ont commis ces actes ignobles », a-t-il assuré devant la presse. Une enquête a été ouverte au parquet de Limoges.

Le 10 juin 1944, la division SS  « Das Reich » avait tué 642 villageois à Oradour-sur-Glane. Les hommes avaient été rassemblés dans une grange et fusillés. Les Allemands avaient enfermé les femmes et les enfants dans une église avant d’y mettre le feu.

Pour les autorités locales, ces inscriptions révisionnistes sont un cran franchi. « Il y a toujours une tentation de revisiter l’histoire », mais « les tags révisionnistes, ça n’a jamais été le cas », a déclaré le maire Philippe Lacroix. « Ce coup-ci, on a l’impression d’avoir franchi un cran », a ajouté le président du centre de la mémoire Fabrice Escure. 

« Ce qui me choque c’est que l’on ne prenne pas conscience que des enfants et des femmes ont disparu dans des douleurs atroces », a confié Robert Hebras, 95 ans, dernier rescapé du massacre, à l’AFP. « À Oradour, on se rend compte de ce qu’il s’est passé, comment les gens ont été froidement exécutés et brûlés. Ce que je crains, c’est que tout le monde parle d’Oradour durant 48 heures et puis qu’on arrête, qu’on oublie », a-t-il renchéri. Le président du centre Fabrice Escure a lui décrit recevoir « des messages de soutien de partout, ça montre que le devoir de mémoire est ancré. ».

La classe politique unanime

Rapidement, la classe politique s’est jointe au gouvernement pour faire part de son indignation. Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon s’est dit « écœuré par la profanation ». « Ni oubli ni pardon », a-t-il tweeté. Le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel s’est lui dit « indigné et révulsé ».

Écœuré par la profanation d’#OradourSurGlane, village martyr de l’abjecte barbarie de la division SS Das Reich. Ni oubli ni pardon.

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) August 22, 2020

Le président PS de Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, évoque de son côté des actes « indignes et lâches. » Le député LR Eric Ciotti exhorte, lui, « à ne pas banaliser de tels actes et à renforcer la transmission de cette mémoire. »

Enfin pour Marine Le Pen, « il serait temps de mettre un bon coup de vis pour stopper cette recrudescence d’actes qui heurtent profondément. »



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