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Un patient réinfecté par le variant sud-africain : son médecin parle d' »une situation exceptionnelle »

C’est la première fois qu’un patient est réinfecté gravement par le variant sud-africain du Covid-19. Jean-Damien Ricard, le professeur qui en a la charge dans le service de réanimation de l’hôpital Louis-Mourier à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, s’est exprimé à son propos au micro de BFMTV. 

Vendredi 12 décembre, pour la première fois, un cas grave de réinfection au Covid-19 par le variant sud-africain a été annoncé en Île-de-France. Il s’agit d’un homme asthmatique âgé de 58 ans, qui fut contaminé un première fois en septembre 2020, par la forme classique du virus. 

À cette période, il avait ressenti de légers symptômes, disparus en quelques jours. Lors de sa deuxième contamination en janvier, des difficultés respiratoires et une fièvre persistante l’ont poussé à se faire hospitaliser aux urgences de l’hôpital Louis-Mourier de Colombes dans les Hauts-de-Seine. Aujourd’hui, il est toujours alité dans le service réanimation de l’établissement. 

Jean-Damien Ricard, professeur de médecine intensive et de réanimation à l’hôpital Louis-Mourier, s’est penché pour BFMTV ce samedi à la mi-journée sur le cas de son patient. Il a tâché d’indiquer les premières pistes tracées par cette réinfection, à ce stade inédite.

Le patient dans un état stable

Ce samedi, le professeur de médecine en charge de ce patient s’est exprimé au micro de BFMTV : « Il est chez nous depuis trois semaines dans un état critique. Pour le moment, il est stable », explique dans un premier temps Jean-Damien Ricard.

On a appris lors des deux premières vagues que ces patients avaient des phases d’amélioration et de dégradation donc il est malheureusement trop tôt pour se prononcer et être définitivement rassuré sur son cas.

Il nuance aussitôt : « On a appris lors des deux premières vagues que ces patients avaient des phases d’amélioration et de dégradation donc il est malheureusement trop tôt pour se prononcer et être définitivement rassuré sur son cas. »

Comment expliquer cette réinfection ?

« On n’a pas d’élément tangible pour expliquer cette réinfection et cette forme plus sévère », a expliqué le professeur Ricard. 

Des formes sévères ont été rapportées à des mutations ou à des moins bonnes immunités antivirales, on ne peut exclure que ce patient ait l’une de ces atteintes expliquant une plus grande vulnérabilité.

Il observe par ailleurs que « des formes sévères ont été rapportées à des mutations ou à des moins bonnes immunités antivirales, on ne peut exclure que ce patient ait l’une de ces atteintes expliquant une plus grande vulnérabilité ».

Pourquoi est-elle si sévère ?

Cela étant, le praticien a tenté d’expliquer les raisons de la sévérité de ce second passage du virus chez le malade : 

« Il y a plusieurs éléments de réponse: d’abord, la plupart des réinfections sont généralement moins sévères que les premières mais il y a eu des cas d’infection plus sévères ».

Le deuxième point c’est que comme il avait fait une forme peu sévère initialement, sa réponse immunitaire est moins forte cette fois que pour ceux ayant fait une première forme sévère. Le troisième point, c’est qu’il a été réinfecté par un variant dont on peut penser qu’il est plus virulent ou en tout cas qu’il a échappé à la réponse immune développée lors de la première infection. 

« Le deuxième point c’est que comme il avait fait une forme peu sévère initialement, sa réponse immunitaire est moins forte cette fois que pour ceux ayant fait une première forme sévère », a-t-il repris.

« Le troisième point, c’est qu’il a été réinfecté par un variant dont on peut penser qu’il est plus virulent ou en tout cas qu’il a échappé à la réponse immune développée lors de la première infection ».

Un cas pour le moment isolé

Jean-Damien Ricard a tout de même souligné le caractère isolé de ce premier cas. « Pour le moment on est face à une situation exceptionnelle. Cette situation est la première décrite. Peut-être qu’il y en a eu d’autres mais qui n’ont pas été documentées comme la nôtre », a-t-il conclu. 

 

 

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