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Tribunal correctionnel de Foix : « Je l’ai étranglée pour essayer de la calmer »

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Deux hommes poursuivis pour des violences conjugales ont été condamnés, ce vendredi, par le tribunal correctionnel de Foix à des peines de prison. Pour l’un, il s’agit d’une peine aménageable de 9 mois. Pour l’autre, de 15 mois ferme à effectuer tout de suite à la maison d’arrêt.

Si les histoires et les parcours individuels diffèrent, les affaires de violences conjugales portées devant le tribunal correctionnel font bien souvent appel aux mêmes mécanismes de défense. Ce vendredi, le tribunal de Foix a pu une nouvelle fois en attester avec ces deux affaires de violences jugées dans le cadre de comparution immédiate.

La première a vu la condamnation d’un très jeune homme, à peine âgé de 18 ans, et auteur de violences répétées sur sa petite amie pendant plusieurs mois. Qualifiés « d’insoutenables et d’insupportables » par le parquet, les faits ont pourtant été minimisés par la compagne du prévenu. Celle qui avait détaillé dans un premier temps l’enfer de son quotidien aux policiers avait fini par revenir sur ses déclarations, préférant voir « le bon fond » de son compagnon qui « n’a jamais été aussi gentil depuis une semaine ». Pour ce dernier, seuls quelques coups — « trois gifles et un coquard » — sont reconnus. Les autres épisodes, niés en bloc.

Des histoires conflictuelles

À la barre, il oscille entre scène de colère et chaudes larmes. « Je n’aurais pas dû, ça ne se fait pas, je regrette » avant d’expliquer : « des fois, elle fait la petite. Je veux qu’on s’explique, alors je la prends un peu fort par le bras, je serre un peu, mais c’est tout ». Face au tribunal, il perd régulièrement son sang-froid, sa compagne haussant elle aussi le ton pour le défendre.

Son avocate, Me Andrieu, tente à plusieurs reprises de calmer le jeu. «Vous voyez, nous sommes loin d’être dans un climat apaisé», confie l’avocate qui a toutefois tenté de convaincre le tribunal de l’impact d’une peine trop lourde sur un prévenu si jeune. « Sous ses dessous d’homme fier, il a peur et il s’en veut. 18 ans, c’est trop jeune, c’est trop tôt », invoque-t-elle.

Pas suffisant pour convaincre le tribunal qui, présidé par Fabrice Vétu, est allé au-delà des réquisitions initiales du procureur de la République (2 ans, dont un an de prison ferme) en condamnant le jeune homme à 30 mois de prison dont 15 assortis d’un sursis. Il a été conduit à la maison d’arrêt de Foix pour effectuer immédiatement sa peine, malgré les larmes de sa compagne dans le prétoire.

Une deuxième affaire sur fond d’alcool

La deuxième affaire concernait un homme plus âgé, déjà condamné pour des faits de violences sur sa compagne, en mars 2018. Ce qui ne l’a pas empêché de lever une nouvelle fois la main sur elle, dans la nuit de mardi à mercredi, au sein du domicile conjugal. Ce soir-là, une dispute éclate au sein du couple. Lui est alcoolisé, il a consommé plusieurs bières dans la soirée. Il la gifle une première fois. Alors qu’elle tente de fuir, il la retient en l’attrapant par le cou.

« Je l’ai étranglée pour la calmer », assure-t-il devant le tribunal avant de reconnaître qu’il « l’aime » et qu’il « ne voulait tout simplement pas la voir partir ». Il finira par lui donner un autre coup violent sur le nez avant qu’elle prenne la fuite et se cache jusqu’à l’arrivée des gendarmes. À la barre lui reconnaît tout, s’excuse mais pointe du doigt la responsabilité de cette femme qui « le tire vers le bas ».

Des arguments « symptomatiques des affaires de violences conjugales », reconnaît le procureur de la République, Laurent Dumaine. Pour l’avocat du prévenu, Me Baby, « il y a un problème dans ces affaires de violences conjugales où on ne peut plus rien dire, où on ne peut même plus évoquer les circonstances dans lesquelles elles se déroulent… », a-t-il plaidé. Au final, le tribunal a condamné l’homme à 18 mois de prison dont 9 avec sursis. Une peine qu’il devra aménager avec le juge des libertés et de la détention.


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