MONDE

Toulouse. Violences conjugales : un homme qui a tenté d’étrangler sa compagne condamné

« Je ne dis pas que les policiers mentent, je dis qu’ils n’ont pas compris, plutôt mal interprété ce qui était en train de se passer… » Devant le tribunal correctionnel de Toulouse, l’homme  semble navré. À quelques mètres du box des prévenus, une femme l’observe, détendue.

Mercredi, les policiers de la BST Nord surveillaient les allées et venus, dans le quartier des Izards au nord de Toulouse quand vers 21 heures, ils ont entendu des cris qui provenaient d’un parking. « Des appels aux secours », annonce la présidente Myriam Viargues. En sous-sol, ils ont découvert un homme en train d’étrangler une femme. Un des policiers a dû donner un coup de pied à l’homme pour qu’il arrête sa tentative d’étranglement. Derrière une porte, affolées, trois petites filles terrorisées selon les deux policiers. « Mais la petite elle n’a rien vu. Elle nous a entendus crier. Elle a imaginé », assure le père. Selon cet homme de 31 ans, « tout ça n’est rien qu’un excès de jalousie. On s’aime… »

La présidente en doute fortement. La victime supposée, tenue soignée et cheveux blonds bien coiffés, abonde dans le sens de celui « dont je suis séparée mais que j’aime. C’est le père de mes filles, l’homme de ma vie. Je voulais voir son portable, voir s’il avait appelé celle avec laquelle il m’a trompée. On s’est chiffonné, c’est vrai. Mais jamais il ne s’est montré violent. »

Et mercredi soir ? « Je suis choquée par l’ampleur que tout ça a pris. La tentative d’homicide, ce n’est pas sérieux », affirme cette femme qui a refusé de déposer plainte et de rencontrer le médecin légiste.

Pourtant les deux policiers qui sont intervenus ont affirmé les circonstances très particulières de leur mission. Mais ni les questions du procureur, ni celles de la présidente ni des versions très différentes ne troublent le couple. « Les policiers disent que vous hurliez pour qu’elle ne dépose pas plainte », s’étonne la présidente. « Je ne m’en souviens pas », répond le mari. « Il m’a dit de dire la vérité, c’est tout », reprend madame.

Le procureur, peu convaincu et soucieux des pressions subies, requiert 18 à 24 mois de prison avec un maintien en détention. « Et si les policiers se trompaient ? Si finalement, sans leur intervention, les violences supposées entre ces deux forts caractères restaient simplement une dispute comme il en existe dans un couple ? Nous sommes en droit pénal, pas au royaume des suppositions et du peut-être ! », argumente en défense Me Ravyn Issa pour réclamer la relaxe.

Le tribunal a condamné Djilali à 12 mois de détention, avec maintien en prison. « La justice zéro », s’est emportée sa femme en quittant la salle.


Source

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page