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Toulouse. Ils veulent convertir les avions de ligne en bombardiers d’eau

Alors que les feux de forêt font les gros titres de l’actualité en cet été 2020, des chercheurs toulousains travaillent actuellement sur une technologie qui permettra de lutter contre les incendies de grande ampleur. Baptisé Kios, ce dispositif vise à transformer tout avion de ligne en bombardier d’eau. "David Joubert est pilote de ligne. Il a vu que ce système fonctionnait aux Etats-Unis. Il a donc fondé la société Kepplair Evolution en 2012 pour développer ce type de produits pour l’Europe", explique Dominique Legendre, chercheur et professeur à l’Institut national polytechnique de Toulouse (INP). David Joubert convainc les ingénieurs Dominique Legendre et Grégory Ehses de le suivre dans l’aventure.

Huit ans plus tard, son rêve est bien avancé. Un prototype a été développé et breveté il y a quelques mois. Réalisé à l’échelle 1/3, il a permis de valider les études théoriques. D’autres tests sont en cours au sein du laboratoire de l’institut des mécaniques des fluides, situé à deux pas du parc des expositions.

Les chercheurs ont tenté de créer un système reprenant les avantages des technologiques américaines existantes, les deux seules sur le marché actuellement. "L’avion de ligne disposera de quatre réservoirs de 7 500 litres ou de 10 000 litres chacun. Ils seront positionnés au centre de l’appareil et pourront être enlevés. La spécificité de notre système par rapport à ceux qui existent déjà c’est qu’il permet un débit constant, et donc une empreinte au sol régulière. Nous pourrons créer une ligne de produit retardant d’un kilomètre sur 200 mètres de large, ce qui permettra de former des barrières coupe-feu", résume Dominique Legendre.

L’avion ainsi doté interviendrait en complément des canadairs, dans un rayon d’action des plus larges. Car si la France dispose d’un système d’intervention performant, ce n’est pas le cas de tous ses voisins européens. "L’avion sera dédié au feu pendant la saison estivale, mais pourra avoir d’autres fonctionnalités le reste de l’année, comme le fret ou le rapatriement sanitaire par exemple." Les chercheurs pensent que leur système pourra être intégré sur des avions en fin de vie. "Beaucoup d’avions vont être détruits à cause de la crise alors qu’ils sont opérationnels, nous pourrions les utiliser, ça paraît éthique." Pour financer leurs recherches, les scientifiques ont reçu des fonds du laboratoire et de Toulouse Tech Transfert. Si la société remporte un appel à projet européen (Horizon 2020 du Green Deal) en septembre prochain, le dispositif sera testé dès la fin de l’année 2021, avant d’être commercialisé un an plus tard.

Via LaDepeche

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