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Toulouse : faute de papiers, une famille afghane passe dix jours en zone d’attente Ă  l’aĂ©roport de Blagnac

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l’essentiel
Le 8 aoĂ»t, une famille afghane est arrivĂ©e Ă  l’aĂ©roport de Toulouse depuis AthĂšnes. Elle a Ă©tĂ© immĂ©diatement placĂ©e en zone d’attente. AprĂšs dix jours d’incertitude et d’enfermement, le tribunal administratif a tranchĂ© ce mardi : la famille est libre de sortir de l’aĂ©roport et de dĂ©poser une demande d’asile.

Libre de quitter l’aĂ©roport, libre de dĂ©poser une demande d’asile. Ce mardi, le tribunal administratif de Toulouse a tranchĂ©, la famille afghane arrivĂ©e Ă  l’aĂ©roport de Toulouse-Blagnac le 8 aoĂ»t peut fouler le sol français et engager des dĂ©marches pour rĂ©gulariser sa situation. Un soulagement pour ce couple et ses trois enfants de 4, 10 et 14 ans aprĂšs dix jours passĂ©s coincĂ©s en zone d’attente Ă  Blagnac. La fin d’une galĂšre, mais le dĂ©but d’un nouveau combat


Laisser 9 heures sans manger

Le 8 aoĂ»t dernier, Ă  midi, cinq passagers en provenance d’AthĂšnes sont interpellĂ©s Ă  l’aĂ©roport de Toulouse. Leurs papiers ne sont pas en rĂšgle, la famille ne peut entrer en France. Elle est immĂ©diatement prise en charge par la police aux frontiĂšres et placĂ©e en zone d’attente. « L’équipe de policiers qui les a interpellĂ©s, a essayĂ© de les renvoyer directement et a laissĂ© la famille plus de 9 heures sans aucune alimentation », affirme le Cercle des Voisins du centre de rĂ©tention de Cornebarrieu. Jeudi, devant la cour d’appel de Toulouse, et face aux questions du juge, les policiers auraient reconnu « une erreur ».

À l’aĂ©roport, à force d’insister, le pĂšre de famille rĂ©ussit Ă  lancer une procĂ©dure de demande d’asile auprĂšs de l‘Ofpra (Office français de protection des rĂ©fugiĂ©s et apatrides). Dans la foulĂ©e, le ministĂšre de l’IntĂ©rieur refuse de donner suite. Ce matin, la famille Ă©tait donc prĂ©sente devant le tribunal administratif en ultime recours. Elle demandait le rejet de la requĂȘte du ministĂšre de l’IntĂ©rieur et la fin de leur privation de libertĂ©.

À la barre, Me Boukoulou, leur avocate explique : « DĂšs que la famille a sollicitĂ© la demande d’asile, la situation est devenue kafkaĂŻenne. Dans un premier temps, un entretien tĂ©lĂ©phonique a Ă©tĂ© organisĂ© avec l’Ofpra, mais l’interprĂšte en rĂ©gion parisienne n’arrivait pas Ă  se faire comprendre ». La famille parle dari, un dialecte du persan rĂ©pandu en Afghanistan. Un deuxiĂšme interprĂšte toulousain a Ă©tĂ© mobilisĂ©, mais lĂ  encore, des incomprĂ©hensions demeurent


« Pourquoi estimez vous ĂȘtre en danger en GrĂšce? »

Autre point soulevĂ© par l’avocate : en GrĂšce, sur l’üle de Lesbos oĂč la famille a trouvĂ© refuge pendant un temps, elle bĂ©nĂ©ficiait de la protection subsidiaire. « La France doit aller au-delĂ , affirme Me Boukoulou. On sait les conditions de vie et de vulnĂ©rabilitĂ© des personnes sur l’üle de Lesbos, on connaĂźt la situation en Afghanistan. Nos concitoyens ne prennent pas un billet pour aller passer des vacances dans ce pays. » 

« Vous aviez la protection subsidiaire en GrĂšce, malgrĂ© tout, pourquoi estimez vous ĂȘtre en danger lĂ -bas? » questionne le prĂ©sident du tribunal. Le pĂšre de famille Ă©voque les violences, les vols, le retrait de leur pension de 290 €, l’absence de nouvelles concernant leur demande d’asile. Alors ils ont fui vers AthĂšnes. De lĂ , ils ont grimpĂ© dans un avion et poussĂ© l’exil plus Ă  l’Ouest. AprĂšs examen, le tribunal administratif a rejetĂ© la requĂȘte du ministĂšre de l’IntĂ©rieur. La famille peut dĂ©sormais formuler une demande d’asile en France.

Sous bonne escorte, elle a Ă©tĂ© ramenĂ©e Ă  l’aĂ©roport pour rassembler ses affaires. Le Cercles des Voisins allait tenter de trouver une solution d’hĂ©bergement provisoire, le temps que les Afghans puissent lancer les dĂ©marches auprĂšs de la prĂ©fecture. Ils seront ensuite placĂ©s sous protection de l’Etat, jusqu’à ce que ce dernier tranche s’ils peuvent – ou non — rester durablement sur le sol français.

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Source

Riad Malki

Journaliste au Media 7 depuis 2019, je suis chargé des questions de l'économie et politique depuis Janvier 2019.

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