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Toulouse. « 1700 parachutistes pour Barkhane »

D’ici mi-juillet, les unités de la 11e Brigade parachutiste seront à nouveau à pied d’œuvre au Sahel. Mais leurs missions se déploient bien au-delà actuellement. Interview du général Jacques de Montgros, à la tête de la "brigade de l’urgence".

Combien de parachutistes seront déployés dans le cadre de l’opération Barkhane ?

Environ 1 700 parachutistes partent actuellement pour le Sahel, les départs s’étalant jusque vers mi-juillet pour une mission de quatre à cinq mois. Ils vont participer aux deux volets principaux de l’opération Barkhane : la lutte antiterroriste et la montée en puissance des forces des pays partenaires du Sahel (Mali, Niger, Burkina-Faso, Tchad et Mauritanie N.D.L.R.). Leur action s’inscrit dans la suite du sommet de Pau, le 13 janvier dernier, qui a donné une impulsion politique supplémentaire à l’action collective déjà engagée avec le G5 Sahel. La quasi-totalité des régiments sont concernés et ce sont le 1er RHP de Tarbes et le 3e RPIMa de Carcassonne qui ont le commandement des structures interarmes déployées là-bas. Mais n’oublions pas qu’en parallèle, et depuis 5 ans, les commandos parachutistes sont eux engagés en permanence au Sahel.

Et très sollicités…

Oui, c’est l’une des conséquences du sommet de Pau, avec une volonté politique qui se traduit sur le terrain par des déploiements accrus – davantage de présence et de mobilité — mais jamais seuls puisque nous œuvrons toujours aux côtés des soldats maliens, nigériens ou burkinabés pour accentuer la pression sur les groupes jihadistes.

On voit actuellement la Turquie s’investir militairement en Libye, pays dont le chaos a précipité la déstabilisation de la bande sahélo saharienne. Des conséquences à craindre pour la zone où se déroule Barkhane ?

Toute instabilité et tout engagement armé accru en Libye est néfaste pour le Sahel. On ne peut donc que souhaiter une solution pacifique que tout le monde espère depuis de nombreuses années en Libye.

Cet été, les parachutistes seront également engagés dans d’autres missions à travers le monde…

En effet pendant cette période estivale, 4 000 parachutistes seront en situation opérationnelle. 1 700 au Sahel donc, mais également 1 000 sur le reste du globe. En Guyanne, une compagnie du 8e RPIMa de Castres participe ainsi à la lutte contre les orpailleurs clandestins. On en parle peu, mais ils obtiennent des succès dans le démantèlement de sites illégaux. D’autres parachutistes sont Sénégal et en Côte d’Ivoire, où notre dispositif, armé par le 1er RCP de Pamiers assure aussi depuis Abidjan des missions logistiques indispensables aux forces déployées au Sahel. La situation est calme mais la vigilance reste de mise, compte tenu de la période préélectorale et des crises qu’a pu connaître le pays mais aussi parce que des jihadistes sont désormais présents au nord. Nous avons également des éléments au Gabon, en Centrafrique, où demeure l’instabilité politique, à Djibouti et en Nouvelle Calédonie où se poursuit le processus référendaire. En complément de ces déploiements, nous continuons bien sûr à armer aussi l’alerte Guépard qui concerne environ 700 personnes, sans oublier l’opération Sentinelle sur le territoire national. Ceci récapitulé, nous aurons donc cet été 4 000 parachutistes en posture opérationnelle, soit engagés, soit en alerte.

Quant au "covid" ?

Pour la Brigade, le bilan sanitaire a été tout à fait satisfaisant, sans incidence majeure tant pour les parachutistes que pour leur famille. Mais le point clé pour moi et ma principale satisfaction, c’est d’avoir réussi durant toute cette période de confinement à poursuivre notre préparation opérationnelle car il aurait été grave de laisser partir des militaires mal préparés. Sur l’ensemble du Sahel, on a par ailleurs très très peu de signes de présence de la pandémie mais nous avons trois préoccupations supplémentaires désormais : éviter d’apporter le Covid dans ces pays en venant de France, veiller à la situation sanitaire des soldats engagés de façon à ne pas diminuer les capacités opérationnelles des forces déployées et, enfin, veiller à ce qu’ils ne soient ni malades ni vecteurs de la maladie au retour. C’est une vigilance permanente et un vrai sujet car il contraint un peu nos unités et ne facilite pas leurs opérations.

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