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Tarn : trop de communes sans site internet

49 % des communes tarnaises ne proposent pas de site internet communal à leurs administrés. Voici les chiffres sortis d’une enquête de Polipart sur l’ensemble des départements de l’Hexagone. C’est beaucoup, mais le Tarn est dans la moyenne de la Région Occitanie. Quand on y regarde de plus près, cette situation a une certaine logique. On s’aperçoit que toutes les communes de plus de 800 habitants, ont mis en place un site pour que la population connaisse au jour le jour, l’actualité de leur territoire mais aussi, pouvoir prendre des rendez-vous, connaître les décisions du conseil municipal, payer la cantine…

Pour celles qui en sont dépourvues, on compte exclusivement de toutes petites communes qui n’ont pas forcément les moyens humains et financiers de créer et d’alimenter un site. D’autres manquent de débit. Une situation qui devrait s’améliorer avec le déploiement de la fibre. Malgré cela, on s’aperçoit comme à Saint-Jean-Marcel (365 habitants) que la volonté est là pour développer la communication avec la population. On utilise le mail et Facebook avant de penser dans un futur proche, à développer un site. À Mazamet (10 000 habitants) le portail de la commune fait maintenant partie du quotidien des gens. La e-démocratie a encore du travail pour mailler l’ensemble du territoire. Mais ça avance au rythme des envies de plus en plus prégnantes des populations. Il va falloir encore un peu de temps, d’argent et de fibre pour atteindre les 100 %. Patience.

À Mazamet, le site web se veut dynamique et demain sera interactif

Le site "ville-mazamet.com" qui est appelé à être entièrement rénové dans les prochains mois fait toutefois partie des sites communaux plutôt bien alimentés. Les informations de première page y sont fraîches et diverses. "C’est à la fois un site d’informations pratiques et un site vitrine. Nos services techniques, animations et tous les autres sont organisés pour faire remonter l’information jusqu’au service communication qui va réaliser la publication directement en ligne" explique Olivier Fabre, le maire mazamétain.

Le site web comprend aussi un formulaire de contact où chaque citoyen peut envoyer un message directement à la mairie voire demander une intervention technique. Mais cette interactivité est appelée à beaucoup évoluer dans la prochaine mouture. Pendant le confinement notamment, le service communication mené par Solène Mabille a réalisé un site spécifique avec les moyens du bord pour y concentrer les informations pratiques (commerces… etc.) liées à la crise sanitaire. Demain, un site plus souple et adaptable permettra au service municipal de modifier en profondeur les rubriques et pages en temps réel.

Accusés de réception et suivi

D’autre part, la ville de Mazamet souhaite mettre en œuvre un portail de relation directe avec ses administrés. Une demande de formulaire par exemple, réalisée depuis la page d’accueil, fera l’objet d’un accusé de réception mais aussi d’un suivi de l’affaire auquel aura accès le demandeur. Le nombre de domaines couverts par ces services va continuer d’évoluer : état civil, demandes d’interventions techniques, rendez-vous… etc.

Aussi complet soit-il, le site web municipal de Mazamet ne se suffit pas à lui tout seul : "On se rend compte que les publics lecteurs du web et ceux des réseaux sociaux ne sont pas forcément les mêmes. Nous nous efforçons donc aussi de relayer les infos du site Internet vers Facebook et inversement."

Même chose d’ailleurs pour le bulletin municipal entre sa version papier distribuée de façon classique et sa version numérique que l’on peut consulter en ligne. Les supports de communication de "l’ancien monde" n’ont pas encore totalement disparu.

À Saint-Jean-de-Marcel, même sans site communal, on sait rester connecté

Saint-Jean-de-Marcel. Une petite commune proche de Carmaux de 365 âmes comme il en existe tant, dans le Tarn. Ici, la municipalité n’a pas de site internet communal. Pour cela, il faut du temps, du personnel et un peu d’argent.

"On y pense. C’est une évidence. Il faut vivre avec son temps. Il y a quelques années, la commune en possédait un. Mais il y a eu un problème avec l’administrateur. Bref. Aujourd’hui, il n’existe plus mais c’est sûr que l’on va le mettre en place durant le mandat" résume la maire Myriam Vidal.

Il n’empêche. La commune a su s’adapter aux nouvelles technologies. Bien sûr, on n’oubliera pas le sacro-saint bulletin municipal, mais ici, on a trouvé plus efficace et immédiat pour donner des informations aux habitants. "Nous avons récupéré les mails des habitants pour leur donner des informations fraîches, mais aussi, les aider dans les démarches administratives. Ça marche bien, très bien même. On a pu s’en apercevoir durant la période du confinement" avoue la première magistrate de la commune. "Avec la secrétaire de mairie, nous avons pu faire du télétravail et répondre aux demandes et aux questions de la population, comme trouver un artisan, rappeler les principes de précaution face au Covid, etc. Grâce à cela, nous avons pu continuer à faire malgré tout, notre travail." Elle ajoute : "Nous avons même reçu des mails de remerciements et de félicitations de personnes qui étaient venues se confiner dans notre commune. Ça fait plaisir."

Comme quoi, la ruralité et le multimédia ne sont pas incompatibles. Au contraire. "Sans oublier que chez nous, le débit est de bonne qualité." Le secrétariat de mairie sera fermé jusqu’au 6 août, vacances d’été obligent. Là aussi, le fameux mail sera toujours à disposition pour les administrés.

"À la rentrée, le 3 septembre exactement, le "camion jaune" sera dans notre commune. C’est un service à la population pour régler de problèmes administratifs, pour les impôts ou des aides. Les personnes âgées sont très attachées à cette journée. L’humain est bien plus important que cet ordinateur qu’elles ne maîtrisent pas. C’est la mairie qui organise les rendez-vous pour que tout le monde n’arrive pas au même moment. En ces périodes compliquées, c’est mieux." Dans les campagnes aussi, on sait être efficace et connecté. Même si sur ces terres rurales, la préférence reste encore axée sur le contact humain. C’est pas plus mal.

Le mail de la commune : [email protected] LaDepeche

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