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Sophie Borderie, présidente du Lot-et-Garonne : « La ruralité n’est pas la chasse gardée de la droite et de la Coordination Rurale »

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l’essentiel
Depuis 48 heures, on scrute sérieusement le ciel dans les rangs de la majorité départementale. Pas encore pour savoir ce que les augures prédisent pour Sophie Borderie et ses troupes dans la perspective  des élections départementales. Pour l’instant, la présidente du conseil départemental voudrait surtout que la météo soit clémente avec le grand rassemblement qu’elle organise ce dimanche au Passage-d’Agen avec pour slogan de ralliement « Nouvelles confluences, pour penser et imaginer le Lot-et-Garonne de demain ». Vendredi, 350 personnes étaient déjà inscrites, autant dire qu’avec les règles sanitaires, les échanges ne peuvent être organisés qu’en extérieur. Un rendez-vous dont Sophie Borderie assure qu’il ne faut pas le confondre avec le lancement officiel de sa campagne dans l’interview qu’elle nous a accordée. Chacun peut croire ce que bon lui semble.

Les tables rondes que vous organisez dimanche au Passage-d’Agen, c’est le top départ de votre campagne en vue des élections départementales ?
Attention à ne pas faire de confusion ! C’est le top départ d’échanges avec la population. Certes il y aura des élus de la majorité départementale lors de ce rassemblement, mais pas que, il y aura un temps officiel pour présenter tous les candidats des cantons. Dimanche, nous voulons associer le plus grand nombre, des citoyens, des chefs d’entreprise, des représentants du monde associatif, des élus, c’est ouvert à tout public ! 

Mais ce n’est pas organisé sous l’égide du conseil départemental, on est bien d’accord ?
C’est organisé par les élus de la majorité départementale sur leurs fonds propres. C’est à notre initiative que nous voulions créer ce lieu de débat, même si, en termes de calendrier, on ne va pas se voiler la face, on se rapproche des élections. Nous avons besoin d’intelligence collective, d’être nourri des ressentis des acteurs du territoire. Cela s’inscrit dans notre façon de faire de la politique.

La ruralité, la démocratie participative et la place des femmes en politique : pourquoi avoir choisi ces trois thèmes pour les tables rondes ?
La ruralité, cela tombe sous le sens, puisque nous sommes un département rural. On veut aussi regarder si cette identité rurale ne peut pas être une force au cœur de la crise que nous traversons. La démocratie participative fait partie de ma feuille de route. Faire participer les citoyens, c’est plus qu’un gadget dans l’air du temps comme certains le conçoivent, pour nous c’est la base de notre action. Nous l’avons déjà démontré avec certains outils, comme le conseil consultatif citoyen ou encore le budget participatif, mais on veut aller plus loin dans la « coconstruction », pour écouter les idées de nos concitoyens. Quant à la place des femmes, elle va au-delà de la question de l’engagement en politique. Travailler sur la non-discrimination est un travail de longue haleine pour les générations futures, un travail d’éducation que l’on veut développer dans les collèges. Il faut faire attention aux vieux réflexes. Il n’y a qu’à voir la question des violences faites aux femmes, pour comprendre que ce problème est loin d’être réglé.

En vue des élections, jusqu’où êtes-vous prête à ouvrir votre majorité pour rassembler ?
Depuis 12 ans la majorité départementale a certes eu un centre de gravité à gauche, mais en accueillant des personnes qui n’étaient pas encartées elle a déjà démontré qu’elle était capable de s’ouvrir autour de valeurs communes et de projets communs. 

N’avez-vous pas peur qu’un partenaire comme EELV se sente pousser des ailes et fasse cavalier seul, c’est ce qu’on entrevoit déjà en vue des élections régionales ?
Ces dernières années, nous avons démontré que les enjeux environnementaux faisaient pleinement partie des objectifs que nous nous sommes fixés. La mission d’information lancée sur la transition énergétique et écologique est un exemple parmi bien d’autres. On n’a pas besoin d’étiquette EELV pour prouver qu’on s’intéresse à ces sujets. J’espère qu’il y a des gens d’EELV qui se retrouvent dans notre majorité ou du moins dans notre positionnement. Après, chacun est libre de faire ce qu’il souhaite, de se présenter ou non à des élections.

Pour la droite et le centre, le rassemblement pourrait se faire aux côtés de candidats venus du syndicat agricole Coordination Rurale, qu’en pensez-vous ?
Qu’un syndicat agricole présente des candidats à des élections dans le cadre d’une alliance politique, c’est assez nouveau et en même temps je dirais que c’est curieux. On fait les alliances qu’on peut. La ruralité n’appartient pas à la droite. Le monde agricole lot-et-garonnais ne se résume pas qu’à la Coordination Rurale. La ruralité n’est pas la chasse gardée de la CR47 et de la droite. Je ne sais pas si cette alliance ira jusqu’au bout.

Certains pensent que vous n’en faites pas assez pour l’agriculture, votre opposition vous l’a d’ailleurs reproché lors de la présentation de votre plan de soutien face à la crise ?
Le discours de l’opposition à ce sujet est assez affligeant. Dire qu’on ne fait rien pour l’agriculture, c’est méconnaître les politiques départementales et nier le fait que le Lot-et-garonne est le jardin de la France, avec déjà 15% d’agriculture bio sur notre territoire. Quand on voit ce que le Département fait en matière de soutien aux installations de jeunes agriculteurs ou de développement des circuits courts pour approvisionner les collèges et bientôt les maisons de retraite. Des circuits courts dont nous avions fait le pilier en accueillant l’hiver dernier les Ateliers des Départements de France. En fait, je ne sais pas ce que l’opposition entend par « défendre l’agriculture ». On ne peut pas dire que nous ne sommes pas présents. Quand on voit également ce que nous faisons auprès de l’Agropole et désormais avec Agrinove à Nérac, dire que rien n’est fait, c’est curieux. Peut-être que certains veulent opposer une agriculture traditionnelle, voire traditionaliste, à un monde agricole innovant, mais nous nous positionnons du côté de l’innovation.

À ce titre la Journée de l’élevage que le conseil départemental accueille le 19 septembre prochain à l’hôtel Saint-Jacques vous promet une belle inauguration aux côtés de Serge Bousquet-Cassagne, le président de la chambre d’agriculture ?
Nous travaillons sur de nombreux sujets aux côtés de la chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne et, de fait, comme son président-directeur est M. Bousquet-Cassagne, nous travaillons aussi avec lui.

L’économie sociale et solidaire est au cœur de vos préoccupations, vous voulez même renforcer ce secteur d’activité. N’avez-vous pas peur que ce concept soit peu compréhensible de la part de nombre de citoyens ?
Vous n’avez pas tort, ce déficit de lisibilité d’un secteur d’activité pourtant essentiel à la vie économique de notre territoire nous pousse d’ailleurs à faire réaliser des études pour qu’il soit davantage compris, pour ne pas dire palpable. Les retombées économiques sont pourtant importantes et les emplois de l’économie sociale et solidaire (ESS) sont non-délocalisables. C’est la raison pour laquelle nous organisons des Etats Généraux à la fin du mois sur ce sujet avec le conseil départemental, pour que l’ESS soit mieux perçue. Certains essaient d’opposer l’économie classique à l’ESS, pourtant elles fonctionnent très bien ensemble.

Vous pouvez nous citer des poids lourds du secteur en Lot-et-Garonne ?
Il n’y a pas à proprement parler de « poids lourds », ce sont souvent des petites structures, mais on peut citer Archi’mède (entreprise d’archivage à Saint-Jean-de-Thurac, N.D.L.R.) ou encore Apreva47 (une association qui propose des actions d’aide à la mobilité à destination des publics fragiles du côté d’Aiguillon, N.D.L.R.). Tout ce qui a trait à l’insertion par l’activité économique se développe fortement dans notre département, on doit pouvoir mieux accompagner ce type d’initiatives. Il y a également en ce moment un projet de recyclage de matériel médical très intéressant. Les initiatives sont multiples et les Etats Généraux doivent servir à mieux les mettre en lumière.
 

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Source

Riad Malki

Journaliste au Media 7 depuis 2019, je suis chargé des questions de l'économie et politique depuis Janvier 2019.

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