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Signal, Telegram, WhatsApp… L’UE compte-t-elle s’en prendre au chiffrement de bout en bout ?

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Un projet de rĂ©solution europĂ©enne devant ĂȘtre finalisĂ© en ce mois de novembre 2020. Il viserait Ă  interdire le chiffrement de bout en bout des messageries privĂ©es. Une volontĂ© qui s’appuierait sur la lutte antiterroriste.

Selon le mĂ©dia autrichien ORF.at, citĂ© par le site d’actualitĂ© spĂ©cialisé L’usine digitale, le Conseil de l’Union europĂ©enne (rĂ©unissant des ministres des Etats membres de l’UE) s’est mis d’accord, le 6 novembre, sur un projet de rĂ©solution visant à bannir le systĂšme de cryptage qu’utilisent notamment les applications de messagerie Telegram, WhatsApp ou Signal – le chiffrement de bout en bout. Le but serait de faciliter l’accĂšs pour les renseignements aux contenus Ă©changĂ©s par les utilisateurs de ce type de messagerie, afin de renforcer la lutte contre le terrorisme.

«[L’UE doit garantir la] capacitĂ© des autoritĂ©s compĂ©tentes dans le domaine de la sĂ©curitĂ© et de la justice pĂ©nale afin d’exercer les pouvoirs lĂ©gaux en ligne et hors ligne», indiquerait le texte de ce projet de rĂ©solution, non rendu public par le Conseil de l’UE mais auquel ORF affirme avoir eu accĂšs. Les auteurs du texte feraient valoir, selon L’usine digitale, qu’il «existe des cas oĂč le chiffrement rend l’analyse du contenu des communications […] extrĂȘmement difficile ou pratiquement impossible malgrĂ© le fait que l’accĂšs Ă  ces donnĂ©es serait lĂ©gal». Or, selon le mĂȘme document, les solutions techniques pour accĂ©der aux donnĂ©es chiffrĂ©es se doivent d’ĂȘtre conformes «aux principes de lĂ©galitĂ©, de transparence, de nĂ©cessitĂ© et de proportionnalité».

InterviewĂ© par RT France ce 11 novembre, Fabrice Epelboin, professeur Ă  Sciences Po et spĂ©cialiste des rĂ©seaux sociaux, a commentĂ© ce projet en rappelant que les terroristes du 13 novembre 2015 s’Ă©taient coordonnĂ©s par SMS. «Il n’y a pas moins chiffrĂ©s que les SMS», rappelle-t-il, arguant que cela n’a pas empĂȘchĂ© les terroristes de s’organiser avec «cette technologie trĂšs primitive» et non cryptĂ©e.

Une version finalisĂ©e du texte doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e le 19 novembre au groupe de travail du ComitĂ© permanent de coopĂ©ration opĂ©rationnelle en matiĂšre de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure (COSI), selon ORF. Le texte devrait ensuite arriver le 25 novembre devant le Conseil des reprĂ©sentants permanents de l’UE (COREPER), puis devrait ĂȘtre soumis au Parlement europĂ©en. D’ici lĂ , son contenu peut Ă©voluer. Il convient de rappeler que les hommes politiques ne sont pas les derniers Ă  utiliser les messageries cryptĂ©es sĂ©curisĂ©es telles que Telegram… Et, prĂ©cise Fabrice Epelboin auprĂšs de RT France, si ces messageries ne sont plus sĂ©curisĂ©es, les malfaiteurs –terroristes ou non – ne manqueront pas de chercher d’autres moyens communiquer de maniĂšre confidentielle.

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Source

Riad Malki

Journaliste au Media 7 depuis 2019, je suis chargé des questions de l'économie et politique depuis Janvier 2019.

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