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Sécheresse : les pêcheurs inquiets

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Les cours d’eau du Mamoul et du Céou sont à sec depuis plus d’un mois. La fédération de pêche a mené une opération pour sauver les poissons menacés d’asphyxie. Sur d’autres tronçons, certains n’ont pas eu le même sort…

Un petit filet d’eau qui zigzague sur les cailloux. Pour la fédération de pêche du Lot, la scène est désolante. Et tristement récurrente. Depuis plus d’un mois, les bassins du Céou et du Mamoul sont déjà à sec. « Le Quercy blanc et la Bouriane souffrent particulièrement de la sécheresse, les cours d’eau y sont régulièrement à sec, tous les ans », observe Patrice Jaubert, le directeur de la fédération du Lot pour la pêche et la protection du milieu aquatique. Ces cours d’eau sont victimes de leur géologie : quand les débits sont trop faibles, ils s’infiltrent parfois à 100 % dans le sous-sol car les roches calcaires sont fissurées et donc, pas étanches.

Il y a un mois, les équipes de la fédération ont dû mener une opération pour sauver les poissons qui étaient en train de mourir d’asphyxie. « On a été alertés par des bénévoles d’associations, des pêcheurs et des garde-pêches. Sur le Mamoul on a sauvé 250 truitelles et sur le Céou, une dizaine de truitelles, à quoi il faut ajouter d’autres espèces d’accompagnement comme les goujons », précise le responsable. Voilà pour le bilan des poissons sauvés de justesse de l’agonie. Car pour comptabiliser ceux qui n’ont pas survécu, c’est déjà une autre affaire. « On ne peut pas être partout, il y a 2 000 km de rivières dans le département, 50 ont pu mourir quelques jours avant qu’on passe sur le Mamoul, sur certains tronçons du Céou il peut y avoir 100 % de mortalité mais on a du mal à estimer précisément », relève le spécialiste. Ce qui est sûr c’est que d’été en été, les conséquences sont désastreuses : « Des souches de truites ancestrales ont complètement disparu à cause de la sécheresse, un cours d’eau à sec c’est tout qui est ruiné : les larves d’insectes disparaissent, toute la microfaune et macrofaune, l’écosystème se retrouve anéanti et les recolonisations qui vont suivre sont souvent fragiles. »

Des « passes à poissons »

Et depuis 2003, la fédération de pêche dans le Lot constate que la situation s’aggrave année après année. « On observe les débits de près, en 2003 on nous annonçait des températures exceptionnelles mais ces températures sont devenues chroniques et la période d’étiage se prolonge. Avant, le débit le plus bas des cours d’eau s’étendait de juin à septembre, désormais c’est jusqu’à décembre car il pleut peu en octobre et en novembre », remarque Patrice Jaubert. D’où l’enjeu crucial de la recolonisation des cours d’eau. « Pour faciliter la circulation, on a installé des passes à poissons, ce sont de petits barrages qui permettent aux espèces de franchir les obstacles », note-t-il.

Bonne nouvelle cependant. La situation des cours d’eau du Lot ne devrait pas empirer, d’autant qu’il a plu ces derniers jours : « La température de l’eau rebaisse la nuit, la préfecture a régulé les prélèvements d’eau, les bassins-versants ont encore un débit minimum, donc les milieux restent sous surveillance mais la situation ne devrait pas se dégrader. »

60 pêches électriques

Par prévention, les techniciens de la fédération pour la pêche et la protection du milieu aquatique réalisent près de 60 pêches électriques de sauvegarde par an. « C’est une pêche de sauvetage éthique, on identifie les espèces menacées, on les sort de l’eau et on les transporte sur plusieurs kilomètres pour les remettre à l’eau dans une autre rivière qui n’est pas asséchée », précise Patrice Jaubert. Comment? En envoyant des décharges électriques pour les attirer et pouvoir les paralyser quelques secondes. Ils sont ensuite récupérés à l’épuisette puis transférés dans un sceau.

60 pêches électriques

Par prévention, les techniciens de la fédération pour la pêche et la protection du milieu aquatique réalisent près de 60 pêches électriques de sauvegarde par an. « C’est une pêche de sauvetage éthique, on identifie les espèces menacées, on les sort de l’eau et on les transporte sur plusieurs kilomètres pour les remettre à l’eau dans une autre rivière qui n’est pas asséchée », précise Patrice Jaubert. Comment? En envoyant des décharges électriques pour les attirer et pouvoir les paralyser quelques secondes. Ils sont ensuite récupérés à l’épuisette puis transférés dans un sceau.


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