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Salles-d’Aude. Aude : 6 mois après son départ, le bras de fer continue pour le petit Louis

Le 26 décembre 2019, Louis Kudo Verhoeven, alors âgé de 4 ans, quittait Salles-d’Aude pour partir vivre à Tokyo avec son père. Depuis deux ans, l’enfant résidait en France chez ses grands-parents maternels avec sa maman Marine, et allait à l’école communale. Une décision de justice a bouleversé le quotidien de Louis, séparé de sa mère et immergé dans un pays et une culture dont il ignorait tout.

Cette situation, le comité de soutien "Jamais sans Louis" la dénonce inlassablement : six mois après le départ de l’enfant, ces bénévoles ont tenu à faire le point sur la situation du garçonnet. "Il n’a eu que des Skypes plus ou moins longs avec sa maman, dont les horaires et la durée sont imposés-contrôlés unilatéralement par le père", affirme le comité dans un communiqué. "Le père n’a pas non plus permis à Louis de voir sa mère le jour de la fête des mères, ni le jour de ses 5 ans. Laissant Marine dans le plus grand désarroi".

Plus encore, le comité se préoccupe des conditions de vie de l’enfant. "Il n’a pas été permis à la famille d’avoir une preuve de sa scolarisation", indique le texte, ajoutant que "Louis montre des signaux de détresse" et "exprime sa grande solitude". "Il dit lui-même qu’il ne parle pas japonais et parle toujours un français parfait, ce qui semble confirmer qu’il n’a que peu d’occasions de jouer avec des enfants de son âge", estime-t-on.

Un état des lieux que conteste formellement Sushei Kudo, le père de Louis. À sa demande, son avocate Me Hansu Yalaz a en effet transmis à notre rédaction un droit de réponse brossant une autre version des faits. "Les parents de Louis et l’enfant résidaient au Japon, rappelle-t-on ainsi. En 2017, Louis et sa mère se sont rendus en France pour des vacances et devaient rentrer en octobre dans leur pays de résidence. Madame Verhoeven a pris la décision de s’installer au Japon avec son époux, où elle a vécu près de dix ans, et a enlevé l’enfant au mépris de la loi et en violation des droits du père, comme la justice française l’a reconnu à plusieurs reprises". Me Yalaz souligne qu’"il a fallu trois décisions de justice pour que Louis puisse retrouver son père dont il a été privé sur seule décision de sa mère pendant deux ans", ajoutant que "la démarche de Madame Verhoeven consiste à vouloir rendre légal l’enlèvement auquel elle a procédé".

L’avocate de Sushei Kudo ajoute que ce dernier a été "particulièrement choqué par la mise en scène médiatique qui se poursuit encore aujourd’hui, et par l’instrumentalisation des entretiens Skype mis en place pour maintenir le lien entre Louis et sa mère", précisant que le père a émis des solutions pour permettre à la maman de venir voir son fils. "Monsieur Kudo avait proposé de payer une pension et des billets d’avion, y compris pour Madame Verhoeven, et de laisser à sa disposition le domicile conjugal au Japon en cas de retour. Il a ensuite proposé à Madame Verhoeven de venir au Japon avec mise à disposition d’un logement le temps de son séjour". Me Yalaz insiste : "Elle ne fait l’objet d’aucune poursuite au Japon et n’a pas besoin de visa pour s’y rendre". Des propos que continuent de démentir les membres de "Jamais sans Louis".

"Marine ne peut pas séjourner au Japon sans prendre de risque majeur de garde à vue, comme tous les parents étrangers dans son cas, et le soi-disant appartement proposé n’existe même pas puisque le père vit lui-même chez ses parents", écrivent les bénévoles dans leur communiqué. "À la demande de la mère, une visite domiciliaire a été effectuée par le vice-consul de France à Tokyo, qui a constaté que Louis allait bien et était pris en charge par son père dans de bonnes conditions", indique pour sa part Me Yalaz.

Et tandis que les deux parties campent sur leurs positions, Marine Verhoeven et tous ses soutiens portent de "grands espoirs" dans la procédure de divorce, repoussée à octobre. "En espérant qu’enfin un juge français reconnaisse le droit de Louis de pouvoir voir sa maman et de la serrer dans ses bras au moins quelques jours par an…"

L’ordonnance de protection dans le cadre des violences conjugales va évoluer promet le sénateur Courteau

Grandement investi dans la lutte contre les violences conjugales, le sénateur Roland Courteau a réagi à la dernière sollicitation du collectif des citoyennes engagées. Ses membres avaient saisi les parlementaires audois suite à la parution d’un décret le 27 mai dernier qui impose aux victimes d’informer à leurs frais par voie d’huissier l’auteur présumé des violences, dans le cadre d’une ordonnance de protection. " C’est incroyable ", réagit le parlementaire qui estime que cette disposition " va à l’encontre de l’objectif recherché ", lors de la première instauration de cette mesure, sous utilisée, en 2010. Mais selon lui, ce dispositif va à nouveau évoluer dans le cadre d’une mission confiée à Ernestine Ronai, coordinatrice nationale de la Mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences conjugales. " Elle va organiser des consultations et rendre des conclusions ", précise le sénateur Courteau. Tout en indiquant que si la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, s’est déclarée défavorable à une notification auprès du conjoint violent réalisée par les forces de l’ordre, elle a précisé que ses services travaillaient pour la prise en charge de ses frais par le bais de l’aide juridictionnelle.

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