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Saint-Gaudens : le conducteur sans permis roulait à 110 km/h en agglomération

Le 23 mai dernier, à Cazères, vers 14 h 40 les gendarmes interviennent pour un accident matériel. Sur place, après les constatations d’usage, les forces de l’ordre questionnent Eric (*), 20 ans, qui se trouve à proximité du véhicule dégradé. Ses explications sur les circonstances de l’accident laissent quelque peu perplexes ces derniers : « Ce n’est pas moi qui conduisais, c’est ma mère », affirme-t-il avec assurance. Il n’y a aucune trace de la mère dans le secteur. La situation paraît ambiguë. Les gendarmes insistent. Éric tergiverse mais finit par admettre que c’est lui qui conduisait le véhicule. Il reconnaît également que lorsqu’il est entré dans le village, il roulait à une vitesse de 110 km/h. De plus, il a franchi un rond-point par la gauche avant son accident qui, fort heureusement, n’a occasionné que des dégâts matériels. Certes, Eric reconnaît les faits, mais il paraît embarrassé. Et pour cause, il n’est pas titulaire du permis de conduire.

La présidente le targue sur la gravité de cette infraction, sur sa responsabilité. Elle poursuit sur les conséquences à assumer s’il y avait eu des blessés : « En fait vous ne savez pas conduire. Pourquoi avoir acheté un véhicule avant d’obtenir le permis », lance-t-elle. Éric explique qu’il est passionné de mécanique. Il a « retapé » cette voiture et ne dispose plus de budget pour obtenir le sésame.

La juge évoque son casier judiciaire qui comporte une mention pour vol, recel, dégradations, délit routier, plaques d’immatriculation trafiquées, refus d’obtempérer. La procureur déplore : « C’est à la faveur d’un accident que nous avons pu lever le lièvre ». La représentante du ministère public requiert une peine de prison avec sursis et des amendes pour conduite sans permis, circulation sans assurance, défaut de contrôle technique et vitesse excessive.

Maître Sanou, conseil de Eric, revient sur la personnalité de ce dernier : « Issu d’une famille de sept enfants, il s’occupe de ses frères et sœurs. Titulaire d’un CAP en mécanique, il est à la recherche d’un emploi. À ce jour il ne dispose d’aucun revenu. Certes, il a mis la charrue avant les bœufs avec l’achat de ce véhicule, mais il compte passer le permis dès que possible ». L’avocate plaide pour une application bienveillante de la loi.

Après délibéré, le prévenu écope d’une peine de 2 mois de prison avec sursis. Il devra régler 4 amendes de 80 € chacune.

(*)Prénom changé

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