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Réussite record au bac : faut-il s’attendre à un afflux d’étudiants à l’université ?

"Le fait que neuf élèves sur dix aient le baccalauréat n'est pas choquant en soi" déclarait Jean-Michel Blanquer à l'annonce des résultats ce mardi 7 juillet. 91,5% de réussite, 657 300 reçus et 40 900 aux rattrapages, donc potentiellement 698 200 bacheliers. L'année dernière, au terme des rattrapages, le nombre de reçus était de 665 900, soit plus de 33 000 bacheliers en moins. Si le ministre de l'Education nationale ne se dit pas interpellé par ces résultats, ceux-ci pourraient avoir une incidence au niveau de l'enseignement supérieur. Car qui dit augmentation du nombre de bacheliers, dit augmentation du nombre d'étudiants à l'université.

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"Les meilleurs taux de réussite vont accroître la pression à l’entrée de l’université pour les formations non sélectives, comme les licences" confirme Jean-Marc Broto, président de l'Université Toulouse III – Paul Sabatier. En effet, dans toute formation le nombre de places est limité et la demande a toujours été considérablement élevée dans certaines en particulier. À Toulouse I Capitole par exemple, en temps normal, environ 1 600 étudiants rentrent chaque année en première année de droit. Or le nombre de demandes atteint cette année 8 000, "beaucoup plus que les années précédentes" remarque la présidente Corinne Mascala. Une augmentation qui peut par ailleurs s'expliquer par la réforme des études de santé qui permet aux néo-étudiants de suivre une licence avec option "accès santé" (LAS).

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Pas de saturation a priori

Ces situations, le rectorat les avait anticipées en demandant aux universités d'augmenter, dans la mesure du possible, le nombre de places dans les disciplines en tension. Ainsi, Corinne Mascala qui admet qu'elle "s'attendait à des taux de réussite extrêmement importants" est parvenue à augmenter la capacité d'accueil en première année de droit à 1 800, soit 200 de plus que l'an passé. Jean-Marc Broto ajoute "qu'il y aura un processus d’amortissement de la pression à l’entrée du fait d’un nombre plus faible d’étudiants en situation de redoublement l’an prochain". En effet, les taux de réussite en première année de licence sont, comme ceux du bac, bien meilleurs que ceux des années précédentes en raison de la continuité pédagogique si particulière qu'a imposée la crise sanitaire.

A l'Université Toulouse – Jean Jaurès, qui se caractérise par une "politique de très grande ouverture", Vincent Simoulin qui est vice-président formation et vie universitaire tempère : "C'est une situation qu'on connaît depuis plusieurs années, on a déjà un nombre d'étudiants élevé". L'Université du Mirail compte en effet 30 425 étudiants, près de 9 000 de plus que celle du Capitole. Vincent Simoulin s'attend donc à accueillir davantage d'étudiants, mais il s'inquiète surtout de l'état de ces primo entrants. "Ils ont vécu une expérience singulière, traumatique, beaucoup d'entre eux ont été écartés du milieu scolaire pendant des mois. On s'attend à ce qu'ils en portent les traces et il sera important de les accompagner de façon renforcée." Ainsi ce qui avait été mis en place de mars à juin au cœur de la crise sanitaire va être perpétué : développement de politiques sociales, accompagnement psychologique pour les étudiants en ayant besoin…

Des incertitudes malgré tout

En résumé, les universités compteront plus d'élèves mais ne devraient pas pour autant saturer. L'incertitude concerne surtout ceux qui se verront refuser l'accès à ces formations à l'issue de leur session Parcoursup malgré l'obtention de leur bac. Pour eux, le rectorat a mis en place il y a deux semaines une commission accès à l’enseignement supérieur (CAES) qui tout l'été travaillera à leur trouver une solution. Tout le monde devrait donc obtenir une affectation pour la rentrée, si celle-ci a bien lieu du moins, l'hypothèse d'une deuxième vague du coronavirus n'étant pas écartée.

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