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Quel avenir en politique pour Edouard Philippe après sa démission ?

En 2002 le maire du Havre, Antoine Rufenacht avait refusé un portefeuille ministériel à Jacques Chirac dont il avait été le directeur de campagne, au profit de son mandat local. En 2020, son successeur Edouard Philippe choisit de démissionner de son poste de Premier ministre d'Emmanuel Macron vraisemblablement pour, lui aussi, se consacrer au Havre.

Le doute planait depuis l'élection de sa liste "Le Havre!" ce dimanche 28 juin au second tour des élections municipales face à Jean-Paul Lecocq (PCF) avec 58,83% des votes. Populaire dans l'opinion publique qui, selon les sondages, souhaitait à 55% qu'il reste Premier ministre mais sur la sellette car jugé incompatible avec la préparation du "monde d'après", impossible de déterminer avec certitude l'avenir d'Edouard Philippe.

En annonçant ce vendredi 3 juillet la démission de son gouvernement, il met un terme à son passage de trois ans à Matignon. Il devrait donc redevenir maire du Havre, fonction qu'il a exercée de 2010 à 2017. Ce dimanche 5 juillet les 59 nouveaux élus s'installeront au cours de la première réunion du conseil municipal depuis le second tour de l'élection. Conseil qui devrait entériner la prise de fonction du désormais ex-Premier ministre.

Une possible distanciation

Il reste tout de même une inconnue à cette équation. Quelle relation Edouard Philippe entretiendra-t-il avec la majorité présidentielle ? Si sa victoire au Havre a été célébrée par La République en Marche (LREM), il faut rappeler qu'il n'est pas membre à proprement parler du parti fondé en 2016 par Emmanuel Macron. Il a bien été exclu de son ancien parti Les Républicains (LR), mais il n'a jamais officiellement rejoint LREM. Sa liste aux élections municipales ne portait d'ailleurs aucune étiquette politique.

Un avenir flou donc, suscitant un imbroglio de l'Elysée. Hier, au cours de son entretien avec la presse régionale, le Président de la République affirmait que c'était un choix délibéré en 2017 de nommer un Premier ministre "qui n'avait pas fait [sa] campagne et n'était pas dans [sa] formation politique". Mais ce passage de l'interview était en réalité une correction après relecture de l'Elysée. À la question : "Cela signifie que c’est de l’histoire ancienne avec Édouard Philippe ?", le chef de l'Etat avait initialement répondu "Au contraire".

Faut-il y déceler un éloignement prochain entre Edouard Philippe et la majorité présidentielle ? Cette dernière devrait tenir une ligne politique plus tournée vers l'écologie et plus ancrée à gauche, moins en adéquation donc avec celle du Havrais. Il pourrait de ce fait s'émanciper de son côté et, qui sait, nourrir des ambitions en vue de l'élection présidentielle de 2022 ? Impossible de l'affirmer avec certitude pour le moment, l'avenir nous le dira.

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