MONDE

Pour la première en France, un bébé est né après une greffe d’utérus

La petite Misha est née vendredi 12 février. La maman a bénéficié d’un don d’utérus de sa mère.

Elle n’a que quelques jours, mais incarne déjà l’espoir pour de nombreuses femmes privées d’utérus. Misha, une petite fille de 1,845 kg est née le 12 février à la suite d’une greffe de cet organe dont avait bénéficié sa mère, a annoncé mercredi 17 février l’hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine), à l’origine de cette avancée médicale sans précédent en France.

« Prouesse chirurgicale »

« La mère et l’enfant vont bien », a précisé à l’AFP le professeur Jean-Marc Ayoubi, chef de service de gynécologie obstétrique et de médecine de la reproduction au sein de cet établissement.

« Au-delà de la prouesse chirurgicale, c’est une équipe d’une vingtaine de chercheurs qui a travaillé pendant quinze ans de façon bénévole pour arriver à ces résultats », explique le médecin au micro de France Info.

Véritable Exploit médical et scientifique permettant aux Femmes d’enfanter..ud83dudc47ud83cudffeud83dudc4cud83dudc4dud83cudffeu2764ufe0fud83dudc76 La petite Misha,le premier bébé né en France,après une greffe d’utérusCourtesy of BFMtv #CIV225 ,#Africa,#France ,#Mondepic.twitter.com/L6Y70NV7MB— Dr Coulibaly Noumory (@DrNoumory) February 17, 2021

Née sans utérus

Son équipe avait réalisé la première greffe d’utérus française en mars 2019 sur la maman, Deborah, âgée de 36 ans, à partir d’une donneuse vivante, sa propre mère, Brigitte, alors âgée de 57 ans, rappelle Le Figaro. « Si c’était à refaire, je le referais », témoigne cette dernière dans Le Parisien, en se disant impatiente de voir sa petite-fille, alors qu’elle est actuellement confinée à Mayotte.

Sa fille, atteinte du syndrome de Rokitansky (MRKH), était née sans utérus. Pour toutes les femmes frappées par le même handicap, soit une femme sur 4 500 à la naissance, sans oublier celles à qui cet organe de l’appareil reproducteur a dû être enlevé pour des raisons médicales, cette prouesse représente désormais une alternative expérimentale à la gestation pour autrui (GPA), qui n’est pas autorisée en France, ou à l’adoption.

Un espoir pour d’autres femmes

« Le défi, c’est de rendre cette intervention plus facile et réalisable par beaucoup d’équipes, explique le professeur Jean-Marc Ayoubi à France Info. L’idée serait de faire bénéficier cette technique chirurgicale à plus de patientes. C’est l’enjeu, pas simplement pour nous, mais pour toutes les équipes qui travaillent sur ce protocole de transplantation à travers le monde. »

« Une nouvelle aventure commence », se réjouit Pierre, l’heureux papa de la petite Misha, dans une interview exclusive accordée au Parisien. « On se dit souvent, avec Déborah, qu’on a une bonne étoile. »

Des naissances encore rarissimes dans le monde

En raison du traitement anti-rejet, cette greffe n’est que « provisoire », le temps de donner la vie, souligne le Professeur Ayoubi. Mais il est théoriquement possible de mener à terme une deuxième grossesse. Ce serait le souhait de sa patiente, selon le spécialiste, cité par LCI, à l’instar de ce qui s’est déjà pratiqué en Suède, où des femmes greffées ont eu deux enfants.

La première naissance de ce type a été obtenue dans ce pays nordique en 2014. Depuis, « il y a eu autour de vingt naissances » après une greffe utérine, selon Jean-Marc Ayoubi.

En 2017, les Brésiliens ont réussi à obtenir la première naissance au monde après la greffe d’utérus d’une donneuse décédée.

Source

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page