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Polémique à l’Assemblée nationale : 57 députés suppléants rémunérés alors qu’ils ne siègent pas

Un sujet épineux vient de secouer l’Assemblée nationale. Selon l’Observatoire de la vie politique et parlementaire, 57 suppléants de députés sont rémunérés comme des collaborateurs parlementaires. Pourtant ce rôle s’apparentait jusqu’à aujourd’hui comme du bénévolat républicain.

La pratique pose des questions mais n’est pas illégale. Les suppléants des députés doivent-ils être rémunérés alors qu’ils ne siègent pas ? C’est la question qui agite l’Assemblée nationale depuis mardi 16 février après la publication d’une étude de l’Observatoire de la vie politique et parlementaire, indique Le Parisien.

Elle révèle des « bizarreries » : l’embauche de 57 suppléants en tant que collaborateurs alors que ce rôle est considéré comme un engagement qui ne donne pas lieu à une rémunération.

De la gauche à la droite

Presque aucun bord politique n’échappe à cette pratique mise en place grâce à des « détours habiles et insoupçonnés », avance l’Observatoire. Selon Le Monde, elle concernerait 28 élus de La République en Marche, neuf des Républicains, cinq de La France insoumise, quatre du MoDem, quatre du Parti Socialiste, deux de Libertés et Territoires, deux d’Agir ensemble, un de l’UDI et indépendants et deux non-inscrits.

Plusieurs noms de députés ayant recours à ce système ont été révélés : Richard Ferrand (LaREM), Marc Le Fur (LR), ou Sébastien Chenu (RN). Dans la région, trois élus seraient concernés à en croire l’étude : Annie Chapelier (4e circonscription du Gard-Agir Ensemble), Romain Grau (1re circonscription des Pyrénées-Orientales-LaREM) et Sébastien Cazenove (4e circonscription des Pyrénées-Orientales).

Emploi fictif ou réel rôle ?

Interrogé par Le Parisien, le directeur de l’Observatoire, Denys Pouillard, estime qu’il « vaudrait mieux, pour éviter tout soupçon de conflit d’intérêts ou de favoritisme, interdire à l’avenir purement et simplement ce type de recours ». William Genieys, directeur de recherche au CEE à Sciences po, est plus modéré sur le sujet. Pour lui, le fait de rémunérer son suppléant « n’est pas gênant tant qu’il y a l’exercice d’une activité déclarée et susceptible de faire l’objet d’une évaluation ».

Jean Lassalle embauche Barthélémy Aguerre son suppléant. Le député de la 4e circonscription de Pyrénées-Atlantiques juge qu’il n’y a pas matière à polémiquer. « L’implication de mon suppléant est forte sur la représentation dans ma circonscription, il est clairement établi comme le représentant du député titulaire que je suis. » Il ajoute « le député ne peut être à la fois à Paris et dans sa circonscription. »

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