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Plan ours : les acteurs du pastoralisme mènent bataille à Toulouse

"C’est une assemblée jacobine, un simulacre" : c’est par ces mots que Philippe Lacube, éleveur et président de la Chambre d’agriculture de l’Ariège, a qualifié la présentation de la nouvelle feuille de route du "Plan Ours" organisée ce jeudi à la préfecture de Région, à Toulouse.

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Le réseau des Chambres d’Agriculture, les syndicats des exploitants agricoles et des éleveurs ovins des Pyrénées ont décidé de boycotter la réunion de travail organisée par le préfet de région : "Le milieu agricole a déjà déclaré qu’il ne voulait pas de ce plan, a estimé Philippe Lacube, attestant du désarroi des éleveurs pyrénéens face aux attaques répétées du prédateur. Notre parole d’élus locaux n’a pas assez de poids dans cette concertation."

Un "remplacement" de l'ours tué en Ariège ?

Le président de la Chambre d’Agriculture salue pourtant de "petites avancées" dans le dossier. En effet, selon le Ministère de la Transition écologique et solidaire, cette nouvelle feuille de route vise à faire diminuer la prédation : "Elle confirmera l’engagement de l’État à ne pas procéder à de nouvelles introductions d’ours dans le contexte d’une dynamique favorable de la population ursine."

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En revanche, en ce qui concerne un éventuel "remplacement" de l’ours tué par balle en Ariège en juin dernier, les services de l’État jouent sur les mots : "Cette destruction d’un ours posera la question d’un éventuel remplacement ; ce point n’est pas tranché. Le cas échéant, cela ne contreviendrait pas à l’engagement du Président de la République, puisqu’il ne s’agirait pas d’une réintroduction", a indiqué la préfecture dans un communiqué. Actuellement, les services de l’État dénombrent pas moins de 52 ours (identifiés) dans les massifs pyrénéens.

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"La réintroduction d’un autre individu n’est ni nécessaire, ni souhaitable, a estimé ce jeudi la présidente du Conseil départemental de l’Ariège, Christine Téqui. La reproduction de l’ours peut se faire tout à fait naturellement, et cette réintroduction, contrainte et non consentie, pourrait mettre le feu aux poudres sur le territoire."

Protection des troupeaux

Pour cette année 2020, selon le préfet d’Occitanie, Étienne Guyot, l’État va mobiliser pas moins de 10 millions d’euros pour soutenir la cohabitation entre ours et pastoralisme dans le massif pyrénéen.

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Le "Plan Ours" envisage aussi la mise en place progressive d’une brigade dite d’effarouchement. En pratique, six personnes issues de l’Office Français de l’a Biodiversité (OFB) seront mobilisées pour effaroucher les prédateurs lorsque ces derniers seront passés à l’acte. "Ce peut être une bonne chose si ce n’est pas une coquille vide, a affirmé Christine Téqui. Il faudra que ces agents interviennent moins de deux heures après une prédation : le dispositif devra être réactif et opérationnel."

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Au début du mois de juin, le ministère avait également annoncé la mise en place d’une enveloppe de 500 000 euros destinée à la cohabitation des activités de pastoralisme avec la présence des ours dans le massif des Pyrénées, notamment en développant la protection des troupeaux.

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