MONDE

Plan de relance : des discussions serrées à Bruxelles

Les dirigeants européens, réunis en sommet à Bruxelles depuis vendredi, tentaient toujours hier de dégager un compromis sur un plan de relance post-coronavirus massif porté par le couple franco-allemand, mais qui se heurte à l’opposition des pays du Nord dits "frugaux" : Pays-Bas, Autriche, Danemark et Suède.

Une proposition du président du Conseil européen, le Belge Charles Michel semble avoir constitué une avancée dans les discussions. "Nous n’y sommes pas encore mais tout le monde s’accorde à dire que c’est un pas en avant", a ainsi dévoilé une source diplomatique. Dans les rangs néerlandais, sans doute la délégation la plus récalcitrante au plan franco-allemand, on a salué "un pas dans la bonne direction" "Aboutir à un accord dépend des prochaines 24 heures", a-t-on même encore laissé filtrer.

"Les échanges se tiennent dans un cadre constructif et apaisé", a assuré une source diplomatique, ce qui contraste avec la journée de vendredi, achevée dans une grande tension face à l’inflexibilité des Pays-Bas.

Plus de prêts, moins de subventions

Qu’est-ce qui a changé ? Avec sa nouvelle proposition, Charles Michel espère infléchir la position des "frugaux" – et de la Finlande – en offrant des concessions, en particulier sur la répartition entre subventions et prêts, ainsi que sur les conditions qui encadrent le versement de l’argent. Si le montant total du plan s’élèverait toujours à 750 milliards d’euros, les fonds seraient désormais composés de 300 milliards de prêts et 450 milliards de subventions – c’est-à-dire des sommes qui devront être remboursés par de nouvelles ressources propres de l’UE.

Initialement, le plan prévoyait 250 milliards de prêts et 500 milliards de subventions. Or, les "frugaux" préfèrent nettement les prêts aux subventions.

Le Nord contre le Sud

Élément technique – et diplomatique – non négligeable, Charles Michel propose également un mécanisme permettant à un pays qui aurait des réserves sur le plan de réforme présenté par un autre Etat en contrepartie de ces aides d’ouvrir "dans les trois jours" un débat à 27, soit devant le Conseil européen, soit devant l’Ecofin, qui réunit les ministres des Finances de l’UE. Cette idée répond au souhait du Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui a exigé vendredi que le plan de réformes de chaque Etat soit validé à l’unanimité des 27, une demande qui a suscité l’irritation de nombreux Etats membres.

L’exigence néerlandaise s’explique par le fait que les principaux bénéficiaires du futur plan, l’Espagne et l’Italie, deux Etats très affectés par la pandémie, sont jugés trop laxistes en matière budgétaire par les "frugaux", qui réclament donc des garanties sur l’utilisation des fonds.

Côté espagnol, une source diplomatique a jugé "positif que le montant total du fonds de relance soit maintenu". Mais le mécanisme accordé aux Etats membres pour contrôler les plans de relance "reste un obstacle", a-t-elle ajouté. Les Etats du sud craignent que cela ne les oblige à se soumettre à un programme de réformes (marché du travail, retraites…) imposé par d’autres, comme la Grèce par le passé.

Dernier coup de pouce de Charles Michel pour convaincre les indécis : l’ancien chef du gouvernement belge propose d’accroître certains "rabais" accordés aux pays – dont les quatre "frugaux" – qui versent davantage d’argent au budget de l’UE qu’ils n’en reçoivent.

La suite à midi

Ce serait le cas pour Vienne, Copenhague et Stockholm – mais pas La Haye – qui réclamaient ces ristournes supplémentaires. Le rabais de l’Allemagne, qui occupe la présidence tournante de l’UE, reste le même.L’unanimité des Etats membres étant requise, les discussions sur ce plan de relance pourraient encore s’éterniser. Les 27 reprennent leurs débats ce dimanche à midi.

Via LaDepeche

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page