MONDE

Perseverance sur Mars ce jeudi : nous allons enfin savoir s’il y a eu de la vie sur la planète rouge

Lancé en juillet dernier depuis Cap Canaveral, la sonde « Mars 2020 » aborde la plus proche voisine de la Terre, ce jeudi, après un voyage de 470 millions de kilomètres. Sur le robot qu’elle va déposer, Perseverance, appelé à devenir un petit héros, et son instrument conçu à Toulouse, reposent de grands espoirs.

Les astrophysiciens ont nommé ce moment les sept minutes de la terreur. Et même s’ils ont appris à philosopher face à l’échec parce qu’il « n’y a dans notre métier jamais rien de gagné », glisse Sylvestre Maurice, leur estomac se nouera et les jointures de leurs phalanges blanchiront, ce jeudi soir, dans la pénible attente.

Atterrissage en automatique, aucun pilotage n’étant possible

Sept ans après le début du projet, la sonde Mars 2020 va aborder la planète rouge sur le coup de 21 heures. Et enchaîner plusieurs phases critiques, pendant sept minutes au cours desquelles ni la Nasa, responsable de la mission, ni quiconque ne pourra plus influer sur son sort.

VIDEO ▶️ Perseverance arrive sur Mars jeudi prochain. On vous raconte les 7 dernières (et périlleuses) minutes du voyage du rover ⤵️ https://t.co/n3w0E8q2WK— franceinfo (@franceinfo) February 14, 2021

« Tout est automatique, détaille Olivier Gasnault, collègue de Sylvestre Maurice à l’Institut de recherche en astrophysique et en planétologie (Irap), à Toulouse. Les dix à vingt minutes nécessaires pour communiquer avec la sonde, compte tenu de la distance, empêchent son pilotage » et la livrent à une relative incertitude, même si la séquence est semblable à celle qui avait conduit le rover Curiosity sur Mars, en 2012.

Dans le cratère Jezero, au bord d’un ancien delta de rivière

Dans l’ordre, séparation d’avec l’étage de croisière, parti de Floride le 30 juillet ; pénétration à 20 000 km/h dans l’atmosphère martienne, protégé par un bouclier thermique ; freinage par un parachute, puis des rétrofusées et dépose au sol du rover Perseverance, au bout d’une “grue” qui finira sa course plus à l’écart, pour la sécurité du robot.

Si tout s’est bien déroulé, le petit frère de Curiosity enverra ses toutes premières images après quelques minutes. Il foulera de ses roues Jezero, un « cratère d’impact d’une météorite, qui fut autrefois rempli d’eau, pense-t-on », continue Olivier Gasnault. La cible de la Nasa est à l’ouest de cette zone tropicale, « l’ancien delta d’une rivière », « choisi avec soin, explique Sylvestre Maurice, pour prélever des échantillons que l’on ramènera sur Terre » en 2031.

SuperCam va aider les chercheurs à choisir les échantillons

Un peu plus lourd, un peu plus grand que Curiosity, Perseverance aura besoin de quelques jours pour vérifier que « tout va bien à bord » et déployer « toutes ses capacités », explique Olivier Gasnault. Notamment son drone hélicoptère, Ingenuity, et SuperCam, son cœur, son instrument majeur, conçu à l’Irap et assemblé en France.

#SuperCam en un coup d’oeil..laser! @CNES @CNRS #CountdownToMars #CapSurMars pic.twitter.com/cjMiR4H15a— Nathalie Journo (@nathjou) February 16, 2021

Piloté en alternance par les Toulousains et les Américains, à Los Alamos, cet outil qui en compte en réalité cinq va aider les chercheurs à choisir les roches ramenées sur Terre. Avec l’infinie précision nécessaire « quand on recherche une chose aussi complexe que la vie », dit Sylvestre Maurice, dont les roches ont pu garder l’empreinte.

A la recherche de biosignatures, traces dans la roche d’une vie passée

Curiosity a travaillé sur l’habitabilité de Mars, il y a trois milliards et demi d’années. Perseverance va pister la biosignature d’une vie éventuelle.

La question de l’apparition de la vie reste un grand mystère, en sciences

« La question de l’apparition de la vie, rappelle Olivier Gasnault, le directeur des opérations scientifiques de SuperCam, reste un grand mystère, en sciences. » Mais une fois ces échantillons rapportés, « il est possible qu’une telle découverte soit faite. Sur place, ce sera très dur d’y répondre, ça me paraît beaucoup plus spéculatif. Il faut des outils extrêmement puissants. » Mais avant cela, il faut poser Perseverance.

Airbus devra rapporter les échantillons
Le retour sur Terre des échantillons de roche,à l’entame de la prochaine décennie reposera sur une double mission, pilotée par la Nasa et l’Agence spatiale européenne. Elle exigera cinq ans et s’appelle Mars sample return, soit “Retour d’échantillons martiens”.

D’une part Sample return lander : cet atterrisseur contiendra un rover, qui récupérera les roches collectées et stockées dans des tubes scellés par Perseverance, et un engin d’ascension qui leur fera quitter la planète. D’autre part Earth return orbiter : il capturera les échantillons mis en orbite, de la taille d’un ballon de basket, pour les rapporter sur Terre.

Airbus, qui avait livré station météo et antenne haut débit pour Perseverance, a reçu la commande du rover et de l’orbiteur. Celui-ci, selon le calendrier, devrait être lancé par une Ariane VI en 2026, arriver sur place en 2027, revenir en 2031.

Toutes les étapes de cette aventure martienne, depuis juillet 2020 jusqu’au retour des échantillons.

Suivre l’atterrissage : soirée spéciale à partir de 21 h sur Franceinfo, canal 27, qui a publié une série de podcast sur l’aventure Mars 2020 ; direct Nasa à partir de 19h15 sur la chaîne de l’agence. 

Source

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page