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Opposition grandissante au port du masque dĂšs six ans Ă  l’Ă©cole

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OpposĂ©s au port du masque devenu obligatoire dĂšs six ans pour les Ă©coliers en France, des parents d’Ă©lĂšves, mĂ©decins et collectifs font part de leur incomprĂ©hension voire de leur colĂšre via des pĂ©titions, tĂ©moignages et manifestations.

TĂ©moignages, pĂ©titions, refus de mettre son enfant Ă  l’Ă©cole, manifestations : l’opposition de parents d’Ă©lĂšves, mais aussi d’associations et de mĂ©decins, au port du masque pour les Ă©lĂšves de primaire dĂšs six ans se fait entendre, notamment sur les rĂ©seaux sociaux.

Obligatoire dans les Ă©coles dĂšs six ans depuis le 2 novembre, Ă  la suite de l’annonce du Premier ministre Jean Castex le 29 octobre «conformĂ©ment Ă  l’avis» transmis le 28 octobre par le Haut Conseil de santĂ© publique (HCSP), cette nouvelle mesure sanitaire suscite de nombreuses incomprĂ©hensions, des crispations voire de la colĂšre, notamment concernant les potentiels effets indĂ©sirables, tant physiques que psychologiques, du masque chez les Ă©coliers.

Des actions menĂ©es par des parents d’Ă©lĂšves

Sur les rĂ©seaux sociaux, plusieurs collectifs opposĂ©s au port du masque Ă  l’Ă©cole ont rĂ©cemment vu le jour. Sur Facebook, le collectif baptisĂ© «Laissez nos enfants respirer», suivi par 6 400 internautes, a pour objectif de rassembler les parents d’Ă©lĂšves «opposĂ©s Ă  cette mesure», «afin de mener des actions pour faire Ă©voluer le protocole dans le bon sens, avec un objectif final : levĂ©e de l’obligation du port du masque dans les Ă©tablissements scolaires.» Le groupe a mĂȘme lancĂ© sa propre pĂ©tition, qui n’a cependant rĂ©coltĂ© que 160 signatures jusqu’Ă  prĂ©sent.

D’autres pĂ©titions opposĂ©es au port du masque pour les enfants circulent actuellement sur internet. La pĂ©tition «Non au port du masque dĂšs 6 ans !», signĂ©e par prĂšs de 190 000 personnes, est par exemple adressĂ©e au ministre des SolidaritĂ©s et de la SantĂ©, Olivier VĂ©ran, au ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, Jean-Michel Blanquer, ainsi qu’à Jean Castex. Une autre, plus locale, est adressĂ©e au prĂ©fet et au rectorat de la Gironde. Avec un peu moins de 3 700 signatures, l’auteur de la pĂ©tition «souhaite que le maire de [s]a commune [Teich en Gironde] ou que toute autre personne en capacitĂ© de cette demande soumette un dĂ©cret ou une dĂ©rogation contre le port du masque chez les plus petits, pour le bien de nos enfants».

Des parents d’Ă©lĂšves mĂšnent Ă©galement des actions pour signaler leur rejet de cette mesure sanitaire. A Saint-Michel-de-Chabrillanoux (ArdĂšche), des parents ont dĂ©cidĂ© de ne pas amener leurs enfants en classe le 6 novembre, comme le rapporte France bleu. Ils ont Ă©galement organisĂ© des rassemblements de protestation devant l’Ă©tablissement scolaire.

Une manifestation contre le port du masque dĂšs l’Ăąge de six ans rassemblant «entre 400 et 500 personnes (selon les forces de l’ordre)» citĂ©es par France Bleu Roussillon, a eu lieu le 7 novembre au matin dans les rues de Prades (PyrĂ©nĂ©es-Orientales). 

Un autre rassemblement avait dĂ©jĂ  eu lieu le 2 novembre dans cette commune. 70 parents d’Ă©lĂšves «s’y Ă©taient retrouvĂ©s avant d’ĂȘtre dispersĂ©s dans le calme par les gendarmes», selon France bleu.

Un masque qui pourrait «laisser des traces à long terme» sur le plan psychologique

Si une opposition de plus en plus vive au port du masque dĂšs six ans émerge en France, c’est en raison de craintes chez certains parents d’Ă©lĂšves, quant aux risques potentiels pour la santĂ© (physique ou psychologique) des enfants.

En tout Ă©tat de cause, dans une tribune publiĂ©e le 1er novembre par LibĂ©ration, cinq psychologues et neuropsychologues se sont interrogĂ©s sur «l’apparition de nouvelles mesures telles que l’obligation du port du masque Ă  partir de six ans». Rappelant que «les besoins d’expression d’un enfant de six ans, encore considĂ©rĂ© comme jeune enfant, sont multiples : sur le plan affectif, langagier, Ă©motionnel, corporel», les co-signataires estiment que «toute entrave Ă  cette communication spontanĂ©e, naturelle et nĂ©cessaire, si elle n’est pas porteuse de sens, est susceptible de laisser des traces Ă  long terme».

«A cette crise aux rĂ©percussions sanitaires, Ă©conomiques et psychologiques majeures, nous souhaiterions des rĂ©ponses prĂ©ventives qui ne prennent pas seulement en compte l’avis et le conseil de spĂ©cialistes en sciences dures et de syndicats, mais d’experts en psychologie notamment infantile, des professionnels spĂ©cialisĂ©s en sciences humaines et personnes quotidiennement au contact d’enfants», ont Ă©galement demandé les cinq auteurs de la tribune.

Un directeur d’Ă©cole peut refuser l’accĂšs de l’Ă©tablissement Ă  un Ă©lĂšve sans masque

Dans le mĂȘme temps, selon France info, des directeurs d’Ă©tablissements scolaires et des acadĂ©mies font remonter un nombre croissant de cas de parents d’Ă©lĂšves qui refusent que leurs enfants soient masquĂ©s. Tant et si bien qu’une «fiche juridique [du ministĂšre de l’Education nationale] va ĂȘtre envoyĂ©e en interne aux personnels de direction pour qu’ils aient en leur possession tous les Ă©lĂ©ments juridiques pour prendre la bonne dĂ©cision», d’aprĂšs la mĂȘme source. Cette fiche confirme qu’un directeur d’Ă©cole peut refuser l’accĂšs de l’Ă©tablissement Ă  un Ă©lĂšve qui ne porterait pas un masque. Pour autant,, le ministĂšre de l’Education nationale prĂ©cise : «Un masque doit ĂȘtre proposĂ© Ă  l’enfant avant tout refus d’accĂšs et […] ce dernier ne peut ĂȘtre laissĂ© seul sur la voie publique.»

Selon ce mĂȘme ministĂšre citĂ© par Le Figaro, ces attitudes de parents d’Ă©lĂšves restent «trĂšs minoritaires» et le port du masque est majoritairement acceptĂ© et souvent approuvĂ© par des parents eux-mĂȘmes inquiets du dĂ©veloppement de la pandĂ©mie. InterrogĂ© par le quotidien, le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration des conseils de parents d’Ă©lĂšves (FCPE) Rodrigo Arenas s’est inquiĂ©té que le mouvement d’opposition au masque puisse «prendre de l’ampleur». «On a tout de mĂȘme un pĂšre qui a voulu cadenasser une Ă©cole pour s’opposer au port du masque ! Et nous avons observĂ© le dĂ©veloppement de vidĂ©os inquiĂ©tantes, trĂšs regardĂ©es, que nous avons d’ailleurs signalĂ©es sur Pharos», a-t-il Ă©galement soulignĂ©. 

Enfin, plusieurs mĂ©decins ont Ă©galement livrĂ© leurs analyses infirmant tous risques liĂ©s au port du masque pour les enfants. Dans Le Monde, la chef de service des urgences et de pĂ©diatrie gĂ©nĂ©rale au CHU de Nantes et secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de la SociĂ©tĂ© française de pĂ©diatrie, ChristĂšle Gras-Le Guen, a jugĂ© «irrationnel» d’«imaginer que le masque puisse ĂȘtre nuisible sur la santĂ© des enfants». 

«Au Japon, les enfants portent des masques de maniĂšre culturelle depuis trĂšs longtemps. Ils vont Ă  l’école avec des masques, et on n’a jamais observĂ© le moindre effet dĂ©lĂ©tĂšre sur la santĂ© respiratoire de centaines d’écoliers japonais», a-t-elle dĂ©clarĂ© en rĂ©ponse Ă  la potentielle toxicitĂ© des masques sur les plus jeunes.

«[Le masque] peut poser quelques difficultĂ©s pour s’exprimer, pour les enfants comme pour les adultes, car cela oblige Ă  parler plus fort», a expliquĂ© au Monde la pĂ©dopsychiatre AgnĂšs Pargade. Et d’estimer : «Cela ne pose, cependant, pas de souci pour le dĂ©veloppement de l’enfant. Les muscles du visage sont importants, mais les Ă©motions passent surtout par le regard, par la communication orale».

En France, reconfinĂ©e depuis le 30 octobre, le nombre de nouveaux cas de Covid-19 a franchi le cap des 60 000 au cours des derniĂšres 24 heures et le bilan total des dĂ©cĂšs depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie s’approche des 40 000, selon les donnĂ©es publiĂ©es le 6 novembre au soir par le site de SantĂ© publique France. 



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Source

Riad Malki

Journaliste au Media 7 depuis 2019, je suis chargé des questions de l'économie et politique depuis Janvier 2019.

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