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Municipales : à Marseille, le 3e tour pourrait réserver des surprises

La sénatrice ex-PS Samia Ghali a abattu ses cartes hier, à la veille de l’élection du maire de Marseille par le conseil municipal : pour compter sur son soutien, la candidate de la gauche, Michèle Rubirola, devra lui offrir le poste de première adjointe.

"Cette demande me paraît légitime. D’abord parce qu’au-delà des valeurs que nous partageons, je suis celle qui peut lui permettre ce samedi d’être effectivement maire de Marseille. Ensuite et surtout parce que la volonté du rééquilibrage de notre ville et la prise en compte des quartiers populaires ne peuvent plus être de simples mots", explique la sénatrice, réélue dimanche dans son secteur populaire du nord de la ville, dans un communiqué.

Arrivé largement en tête lors du second tour des municipales sur l’ensemble de la ville (38 %) devant les listes LR de Martine Vassal (30 %), le Printemps marseillais, l’union de la gauche et des écologistes menée par Mme Rubirola, est loin d’avoir rassemblé une majorité de voix pour l’élection du nouveau maire de Marseille au conseil municipal aujourd’hui.

"Je ne serai l’otage d’aucun chantage"

Avec 42 sièges, quand la majorité absolue au conseil est à 51 voix, le Printemps sait l’importance des huit conseillers élus sur les listes de Samia Ghali.

"Hier (jeudi) soir, pour la première fois depuis l’élection qui s’est tenue dimanche dernier, j’ai rencontré Michèle Rubirola. Je lui ai clairement fait part de ma volonté sincère et loyale d’être à ses côtés afin de participer au rassemblement aujourd’hui indispensable pour permettre le changement à Marseille", écrit Mme Ghali.

"Le moment de l’union de la ville, de la réconciliation entre son nord et son sud, de la prise en compte de tous ces gens oubliés et méprisés doit enfin arriver", poursuit-elle.

La réponse de Michèle Rubirola n’a pas tardé : "L’avenir de Marseille ne doit pas se jouer autour d’une revendication individuelle. Je ne serai l’otage d’aucun chantage, je réfute ces pratiques bien éloignées des enjeux et j’invite Samia Ghali à faire de même", déclare dans un communiqué Mme Rubirola.

Division à droite

À droite aussi, les tractations continuaient hier, avec l’espoir de voir l’élection du maire aller jusqu’à un troisième tour devant le conseil municipal : en cas d’égalité entre des candidats lors de ce scrutin, c’est alors le plus âgé qui l’emporte.

Chez LR, personne ne cache que c’est en grande partie ce qui a motivé le retrait de la course de Mme Vassal, annoncé jeudi, au profit du député Guy Teissier, 75 ans, vieux routier de la politique marseillaise issu des rangs de la droite dure.

Mais le scénario imaginé s’est grippé avec l’apparition d’un nouveau candidat chez LR : le maire des 9e et 10e arrondissements de Marseille Lionel Royer-Perreaut, 47 ans, facilement réélu dans son secteur dimanche soir.

Ancien proche de M. Teissier devenu rival acharné, il a expliqué sur Facebook avoir eu vent d’"ententes en cours avec le Front national", ce qu’il ne pouvait accepter.

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