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Mieux que les tests PCR, les chiens renifleurs pourraient bien être des champions pour détecter le Covid-19

Les scientifiques s’intéressent aux chiens renifleurs pour dépister les personnes infectées par le Covid-19. En regroupant plusieurs études, des chercheurs expliquent que cette piste est particulièrement prometteuse et qu’elle serait même aussi efficace, si ce n’est plus, que les tests PCR et antigéniques.

On le sait, les chiens, considérés comme de véritables truffes sur pattes, sont capables de détecter une large gamme de molécules avec des concentrations extrêmement faibles, largement plus que les humains. Une capacité hors du commun qui est déjà utilisée pour rechercher et identifier des maladies comme les cancers, le diabète, le paludisme, ou encore la maladie de Parkinson.

Un dépistage plus rapide et non invasif

Depuis le début de la pandémie, nombreux sont les organismes, associations, et chercheurs qui travaillent main dans la main dans plusieurs pays pour entraîner des chiens à détecter le nouveau virus. Cela a notamment été le cas au Royaume-Uni et en France, l’objectif étant de bénéficier d’un dépistage encore plus rapide et non invasif qui permettrait de détecter la maladie dans des lieux fréquentés par des milliers de personnes.

En août dernier, l’Académie nationale de médecine et l’Académie vétérinaire de France ont elles-mêmes encouragé ces tests et demandé d’en « compléter l’évaluation scientifique ».

C’est justement le sujet d’un nouveau rapport récemment publié dans le Journal of Osteopathic Medicine, dans lequel des chercheurs se penchent sur la faisabilité et l’efficacité de l’utilisation de ces chiens pour dépister le Covid-19. Les scientifiques ont pour cela rassemblé plusieurs études sur la question, qui nous apprennent que « la sensibilité, la spécificité et les taux de réussite globaux rapportés sont comparables ou meilleurs » à ceux des tests PCR et antigéniques.

Dans les hôpitaux, Ehpad, aéroports…

Des résultats encourageants qui pourraient permettre d’utiliser ces chiens pour détecter la maladie dans les hôpitaux, les établissements de soins pour personnes âgées, les écoles, les universités, les aéroports et les grands rassemblements publics.

« Un dépistage précis et rapide des individus qui peuvent être porteurs, symptomatiques ou asymptotiques, du Covid-19 restera important pour ralentir et limiter la propagation de l’infection. Ces études préliminaires suggèrent que l’utilisation de chiens de détection d’odeurs médicales offre une approche prometteuse », précise Tommy Dickey, professeur à l’université de Californie à Santa Barbara.

Ils s’assoient devant les échantillons positifs

Les chercheurs se sont concentrés sur quatre études récentes centrées sur la détection du Covid-19 par des chiens renifleurs. La première, qui se base sur le travail de chercheurs français et libanais, a montré qu’après quatre jours d’entraînement seulement, le taux de réussite des chiens variait entre 83% et 100%. Ces derniers ayant été entraînés à ne s’asseoir que devant des échantillons de Covid-19 positifs.

Dans une seconde étude conduite par des chercheurs allemands, les chiens ont été entraînés pendant une semaine pour détecter le virus dans des échantillons de salive ou de sécrétions trachéobronchiques prélevés sur des patients infectés. Dans ce cas, le taux de détection moyen global a été établi à 94%.

Il reste des défis à considérer avant la mise en œuvre à grande échelle de chiens renifleurs

Fait intéressant, des recherches menées par une équipe scientifique en Colombie ont même montré que les chiens étaient capables de détecter le virus chez des individus asymptomatiques ou pré-symptomatiques. « Sur les 6 000 échantillons, les performances des chiens [dans cette étude] ont abouti à une sensibilité de 95,5% et une sélectivité de 99,6% », commente Tommy Dickey.

Malgré ces résultats, les chercheurs restent prudents et estiment qu’il « reste des défis à considérer avant la mise en œuvre à grande échelle de chiens renifleurs ». Ce qui ne les empêche pas d’encourager cette piste en vue de mener des études pilotes dans des aéroports ou des événements sportifs. 

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