MONDE

Meurtre élucidé 13 ans après près de Toulouse : le voisin était « hanté » par son crime

l’essentiel
Un homme de 55 ans est actuellement incarcéré après avoir avoué le meurtre de son voisin et ami, en mai 2007, à Plaisance-du-Touch. Placé en garde à vue à l’époque, il avait été libéré, faute de preuves. Son avocat tente d’expliquer ce revirement de situation.

C’est une affaire littéralement hors normes qui avait été classée depuis 2013, faute d’élément. Il y a à peine 15 jours, un homicide volontaire commis en mai 2007 a vraisemblablement été élucidé lorsque l’auteur présumé des faits s’est constitué prisonnier à la brigade de Plaisance-du-Touch. Âgé de 55 ans, cet homme sans histoire a assuré qu’il était l’auteur des neuf coups de couteau ayant coûté la vie d’Henri Rozès, l’ancien jardinier municipal qui habitait à côté de chez lui. Un homme très apprécié, notamment dans le monde du rugby local, qui était hémiplégique. Deux voisins, inquiets de ne plus le voir sortir de son appartement du rez-de-chaussée, avaient procédé malgré eux à la macabre découverte.

Comme il est d’usage en de pareilles circonstances, les enquêteurs de la brigade de recherche (BR) de la compagnie du Mirail et la Section de recherche (SR) de Toulouse s’étaient intéressés de près à son environnement le plus proche. Dont celui des habitants de cette jolie résidence. Et leur intuition était la bonne. Un temps, ils avaient placé en garde à vue ce voisin, âgé de 42 ans à l’époque, qui partageait certaines de ses soirées avec la victime. Mais l’homme avait réponse à tout et hormis son ADN, logiquement présent sur la scène de crime, rien ne permettait de le confondre. Il a donc été relâché.

« Il était déjà prisonnier de sa propre conscience »

Alors comment en est-il arrivé à se présenter chez les gendarmes treize ans après les faits ? Pour son avocat, Me Cédrik Bréan, la réponse est évidente : son client était perclus par les regrets. La victime était un ami. Tous deux aimaient se retrouver le soir pour partager un verre. « Je pense que c’est sa conscience qui l’a rattrapé. C’est quelqu’un qui est malade et très fragile. Il se trouve en grande souffrance physique mais je crois que la souffrance morale a pris le dessus. Il pensait tout le temps à sa famille et ses proches : ça le hantait. Même si le dossier était classé, il savait au fond de lui qu’il irait en prison », analyse Me Bréan.

Pour l’heure, l’interrogatoire qui a été mené devant le juge d’instruction Fabrice Rives ne permet pas de déterminer le mobile. Pour peu qu’il y en ait un. Peut-être juste une remarque qui, entre l’alcool, les douleurs inhérentes à sa cruralgie et son épilepsie chronique, aurait rendu furieux ce quinqagénaire dont le casier ne comporte qu’une seule mention. « Il avait fait l’objet de soins psychiatriques, il était sous tutelle mais il ne faisait pas parler de lui. Pour l’heure, il a encore du mal à s’exprimer sur le passage à l’acte et des expertises médicales ont été sollicitées. Je pense que même s’il était libre, il était déjà prisonnier de sa propre conscience. Peu de gens auraient eu le courage de faire ce qu’il a fait. »


Source

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page