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Les hôpitaux sont-ils prêts pour une seconde vague ?

Submergés par le coronavirus au printemps, les hôpitaux français semblent aujourd’hui mieux préparés à un nouvel afflux de patients. Alors que le nombre d’hospitalisations liées au Covid-19 « remonte doucement mais sûrement » – 800 par semaine contre 500 mi-juillet – le Premier ministre Jean Castex a affirmé hier que « notre système hospitalier est prêt à une éventuelle nouvelle vague de patients, en termes de lits, de masques, de médicaments ».

Dans les services de réanimation, qui ont accueilli un record de 7 148 patients infectés début avril, « 12 000 lits pourraient être disponibles » si nécessaire, a précisé Olivier Véran.

Le ministre de la Santé a ajouté que « jusqu’à 29 000 malades au total » pourraient y être soignés dans la durée, maintenant que les réserves de médicaments (curares, hypnotiques) ont été reconstituées.

Idem pour les masques, dont le « stock national » d’un milliard d’unités sera complet « d’ici à la fin du mois de septembre », tandis que « la plupart » des hôpitaux ont provisionné de quoi « tenir face à une crise sanitaire de trois semaines », a-t-il assuré.

« Ça ne va plus être un sujet », confirme le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux. Pour lui, « un certain nombre d’enseignements ont été tirés », convaincu qu’en cas de deuxième vague « on saura mieux anticiper et réagir », d’autant que cette fois-ci « il n’y aura pas d’effet de surprise ».

Attention au début de l’hiver

Mais ces précautions n’ont pas amélioré les conditions de travail sur le terrain. « Comment appliquer les protocoles sanitaires alors qu’il y a encore des brancards dans les couloirs ? » s’interroge Hugo Huon, infirmier et président du collectif Inter-Urgence, qui craint surtout le début de l’hiver, « au moment des épidémies de grippe et de gastro », où les symptômes seront difficiles à distinguer de ceux du Covid.

Du côté des agents hospitaliers, mis à très rude épreuve au printemps, on souligne que « l’activité n’a pas connu de creux » et que « les personnels n’ont pas chômé » pendant l’été, entre « les opérations reprogrammées, le retour à plein régime des consultations » et les épisodes de canicule.

Même si les soignants ont un peu rechargé les batteries pendant leurs congés, « beaucoup ont été traumatisés » par la première vague, qui « a laissé des traces psychologiques », souligne Didier Birig, secrétaire général de FO-Santé.

En outre, les 8,2 milliards d’euros négociés dans le cadre du « Ségur de la santé » pour des revalorisations et des recrutements vont mettre du temps à se concrétiser.

« Les effectifs annoncés (15 000 postes, NDLR) ne sont pas pour tout de suite, il va se passer quelque temps avant de les former », explique Frédéric Valletoux. Ce à quoi Olivier Véran répond qu’une attention particulière a été portée aux ressources humaines, avec notamment la « constitution de réserves régionales de volontaires pouvant répondre dans l’urgence à l’appel des établissements ».


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