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Le spectre inquiétant du manque d’eau dans la région

La petite bête qui monte, qui monte… Inexorablement, au cœur de l’été, le thermomètre affiche une nouvelle fois des records de température en Haute-Garonne, avec un épisode caniculaire qui s’annonce cette semaine et qui avive l’inquiétude toujours plus précoce sur nos réserves en eau. La situation hydrologique dans le département en ce début de période d’étiage était au cœur du comité de l’eau qui s’est tenu la semaine dernière sous l’égide du préfet Etienne Guyot. Après un automne 2019 et un hiver 2020 légèrement excédentaires en termes de cumul de précipitations sur les bassins de la Garonne et de l’Ariège, la pluviométrie du printemps a été proche de la normale.

"Les épisodes pluvieux des mois de mai et de juin, ayant apporté localement des cumuls significatifs, ont permis d’avoir des débits proches d’une situation moyenne en juin", remarquent les spécialistes. Mais depuis, en raison de la hausse notable des températures et de l’absence de précipitations significatives en juillet, la situation s’est aggravée, avec une baisse des débits qui s’accélère. À la clef, les premières restrictions d’usage de l’eau ont été décidées dans le bassin de la Garonne, sur les ruisseaux et rivières ne bénéficiant pas de réalimentation à partir de retenues artificielle. Et nous sommes tous concernés.

A lire aussi : "En priorité, économiser la ressource"…

"La raréfaction des ressources en eau n’est effectivement plus seulement le problème de l’irrigation et de l’agriculture qui est une grosse consommatrice, notamment pour la culture du maïs qui a été réduite, répète depuis plusieurs années le météorologue toulousain, Pascal Boureau. Les agriculteurs ont fait de gros efforts en réduisant leurs captages, mais nous avons perdu notre château d’eau avec les Pyrénées. Cela fait un petit moment que nous, météorologues, nous tirons la sonnette d’alarme. À terme, le risque d’une rupture d’approvisionnement pour les particuliers existe. Il nous faut réfléchir pour augmenter nos ressources, d’autant qu’un département comme la Haute-Garonne dépend des rivières pour son alimentation en eau potable. Il faut créer de nouvelles retenues d’eau, augmenter les capacités des barrages existants et préserver nos zones humides. Il n’y en a plus beaucoup et elles sont pour la plupart près des Pyrénées".

On le sait, la succession des années sèches a précipité la crise désormais permanente dans laquelle nous nous retrouvons chaque été. "Il nous faut réagir, trouver des solutions concrètes car les choses ne vont pas s’arranger", prévient Pascal Boureau. À commencer par nous interroger sur nos pratiques de consommation et sur la gestion des stocks. Avec une priorité quoi qu’il arrive : économiser l’eau.

Premières restrictions préfectorales…

Étienne Guyot, préfet de la région Occitanie, préfet de la Haute-Garonne, a pris un arrêté de restrictions à 50% des prélèvements sur les petits cours d’eau non réalimentés, ce qui concerne une trentaine d’irrigants, à compter du 18juillet. Il s’agit des cours d’eau suivants: Aïse, Courbet, Cédat, Grasse, Jade, Marès, Mouillonne, ruisseau de Bonnefont, ruisseau de la Galage, ruisseau de Pégo, ruisseau de Rieu-Tort, ruisseau des Pierres, ruisseau de la Serre et Sahugle. Une interdiction totale de prélèvements sur le Tescou non réalimenté, concernant un irrigant sur le département, est également prise, en cohérence avec le département du Tarn.

Par ailleurs, une baisse des débits est également observée sur les grands axes et notamment la Garonne, ce qui devrait engendrer le démarrage du soutien d’étiage depuis les barrages d’ici quelques jours. Il est à noter que le remplissage des barrages structurants est toujours important, ce qui permettra de soutenir le débit des cours d’eau le moment venu. L’arrêté préfectoral est consultable au lien suivant: http://www.haute-garonne.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-eau-risques-naturels-et-technologiques/Procedures-environnementales/Eau-et-assainissement/La-ressource-en-eau/Gestion-des-etiages.

Via LaDepeche

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