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Le gouvernement face au défi de la sécurité

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Le gouvernement, très critiqué par la droite sur les problèmes de sécurité, va tenir un séminaire gouvernemental sur le sujet, et promet déjà de futures réformes.

C’est sa faiblesse originelle. Sur la question sécuritaire, Emmanuel Macron n’est pas à l’aise. Oscillant entre tolérance, comme lors des attentats du Bataclan qu’il avait expliqués par l’accroissement des inégalités, et fermeté lors de la crise des Gilets jaunes ou des grèves contre la réforme des retraites, ses convictions en la matière sont difficilement lisibles. Or, la droite, qui est d’ores et déjà entrée en campagne en vue de 2022, a senti la faille et vient d’entamer un patient travail de sape destiné à déstabiliser le chef de l’Etat.

Ainsi, le 26 août, Xavier Bertrand a lancé une lourde salve en direction de l’Elysée. Le président des Hauts-de-France a dénoncé l’ »extrême gravité de la situation » en France, affirmant : « Nous avons connu un été Orange mécanique, marqué par une ultraviolence gratuite ».

Et d’accuser le président de la République de sous-estimer la situation et de minimiser les faits en parlant, le 21 juillet, « d’incivilités » au sujet des violences de l’été. Rachida Dati, ce week-end, a enchéri : « La délinquance explose depuis le début de ce quinquennat sans aucune action ferme ». Enfin, lors des Universités d’été des LR, Bruno Retailleau a assuré : « Avec Emmanuel Macron, on n’a pas la réforme mais on a la chienlit ». Et de proposer : « Pas d’infraction sans peine – y compris pour les mineurs – et pas de peine prononcée sans exécution ». Ces accusations de la droite avaient déjà fusé lors de la crise des Gilets jaunes et des grèves de décembre contre la réforme des retraites. Mais, à l’époque, Christophe Castaner avait joué les paratonnerres. Par quelques écarts de langage et de conduite, il s’était attiré les critiques, les éloignant ainsi de l’Élysée.

Cette fois, si Gérald Darmanin est sous les feux des projecteurs, ça n’est pas pour sa mauvaise gestion des événements mais pour des raisons plus personnelles. Sur le front sécuritaire, depuis deux mois, le nouveau « premier flic de France » multiplie les déplacements auprès des forces de l’ordre et les fermes déclarations, parlant d’ »ensauvagement d’une partie de la société ». En matière de sécurité, Emmanuel Macron est donc en première ligne, d’autant que l’élection présidentielle approchant, il devient l’adversaire à combattre bien plus que ses ministres.

L’Élysée semble avoir senti le risque, après un été émaillé par les règlements de compte et les agressions (lire page 3). Lors de son interview de rentrée, Jean Castex a martelé que la sécurité serait son chantier prioritaire après la crise du Covid. Recevant vendredi des journalistes, Emmanuel Macron, lui-même, a reconnu une « banalisation de la violence », qu’il attribue en partie au « cocktail de problèmes » d’éducation, d’intégration et de difficultés économiques, exacerbé à la sortie du confinement. Le chef de l’Etat pointe une « crise de l’autorité » et appelle à restaurer le pacte républicain. Il s’exprimera à ce sujet le 4 septembre, lors du 150e anniversaire de la proclamation de la République par Gambetta.

Pas question, à moins de deux ans de la présidentielle, d’ouvrir une porte à la droite. Tout l’automne sera donc consacré aux sujets régaliens. Des moyens supplémentaires ont déjà été promis aux magistrats. En septembre, un projet de loi sur le séparatisme sera dévoilé et un séminaire de rentrée se tiendra le 9 septembre sur les questions de sécurité. Suffisant pour étouffer les critiques ?

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