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Le discours de Michel Aoun attise la fièvre du « dégagisme » au Liban

La fièvre « dégagiste » est montée d’un cran au Liban, jeudi, après que le président libanais, Michel Aoun, eut prononcé dans la soirée du 31 octobre, son discours célébrant les trois ans de son mandat à la présidence.

Ce dernier, et sous la pression de la rue, dans son allocution télévisée, a estimé tout en affirmant une volonté de dépasser la répartition confessionnelle du pouvoir que le pays avait besoin de former un gouvernement productif, d’experts, quelle que soit leur appartenance politique, afin de restaurer la confiance du public et de sauver l’économie du pays.

« Ce dont nous avons besoin pour le moment, c’est d’un gouvernement capable de répondre aux besoins de la population afin de rétablir la confiance dans le système politique et de sauver le pays de la crise économique actuelle », a-t-il déclaré.

Ce « j’y suis j’y reste », Michel Aoun l’a ponctué de « blablas » populistes, notamment que « le nouveau gouvernement doit être soutenu par la population libanaise » et de promesses d’éradiquer le sectarisme, en construisant un État laïc où les citoyens pourront travailler en faveur de leur pays conformément aux lois et réglementations, de lutter contre la corruption, d’adopter des politiques financières permettant de créer des opportunités d’emploi, etc.

En parallèle, le chef de l’État libanais a dressé le bilan des trois dernières années, notamment la lutte contre le terrorisme, l’approbation d’une loi électorale garantissant une représentation équitable des Libanais au Parlement et la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Pour autant, ces promesses n’ont pas calmé les manifestants. Ceux massés au centre de la capitale ont scandé « Tu as affamé tout le monde », « Tous, ça veut dire tous », slogans fétiches de la contestation, revendiquant le départ de tous les dirigeants au pouvoir, sans exception y compris le vieux général de 82 ans, aujourd’hui président du Liban, Michel Aoun.

Aussi et en guise de boomerang, les manifestants ont promis à leur tour de ne pas quitter la rue tant que tout le système politique n’aura pas été modifié et que les hommes politiques corrompus n’auront pas rendu des comptes pour leur gaspillage de fonds publics.

Il est un fait cependant à noter. Au matin de ce début novembre, les banques libanaises ont rouvert au publi,c après deux semaines de fermeture en raison de la situation au Liban.

La Banque centrale, quoique craignant une fuite des capitaux, a toutefois demandé aux établissements bancaires de ne pas trop imposer de contrôle. Par ailleurs, l’administration américaine aurait suspendu une aide militaire de 105 millions de dollars à destination du Liban, deux jours après la démission du Premier ministre libanais, Saad Hariri.

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