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L’auto-isolement des personnes vulnérables prôné par le Conseil scientifique, écarté par Olivier Véran

Ce jeudi, dans la revue The Lancet Public Health, plusieurs chercheurs du Conseil scientifique réclament un nouveau « contrat social » entre les générations. Dans ce cadre, ils prônent des mesures « spécifiques » destinées aux « personnes vulnérables », au premier rang desquelles on trouve l’auto-isolement. Mais pour Olivier Véran, cette mesure est « très discutable ».

Se dirige-t-on vers un auto-isolement des personnes vulnérables ? C’est en tout cas ce que réclament plusieurs membres du Conseil scientifique, son président Jean-François Delfraissy en tête. Accompagné de quatre de ses collaborateurs, il estime qu’il ne faut plus enchaîner les confinements pour combattre le virus mais plutôt opter pour un système où les plus âgés et fragiles accepteraient de s’auto-isoler.

Les autres signataires sont Franck Chauvin, président du Haut conseil pour la santé publique, l’anthropologue Laëtitia Atlani-Duault, le virologue Bruno Lina et l’infectiologue Denis Malvy.

Établir un nouveau contrat social entre les générations

Dans la revue médicale The Lancet Public Health, ils plaident pour une « nouvelle approche » basée sur « un contrat social clair et transparent » entre les générations, car le Covid-19 pourrait être là pour durer. 

« La fin tant attendue de cette crise sanitaire mondiale pourrait bien être continuellement repoussée puisque de nouveaux variants émergent », écrivent-ils. 

Les plus jeunes générations accepteraient la contrainte de mesures de prévention (comme les masques, la distance physique), à la condition que les groupes les plus âgés et les plus vulnérables adoptent non seulement ces mesures-là mais aussi d’autres, plus spécifiques (comme l’auto-isolement selon un critère de fragilité), afin de réduire leur risque d’infection.

Concernant le nouveau contrat social, ils défendent un compromis dans lequel « les plus jeunes générations accepteraient la contrainte de mesures de prévention (comme les masques, la distance physique), à la condition que les groupes les plus âgés et les plus vulnérables adoptent non seulement ces mesures-là mais aussi d’autres, plus spécifiques (comme l’auto-isolement selon un critère de fragilité), afin de réduire leur risque d’infection ». 

Réévaluer l’usage du confinement

« Même si (le confinement) est attractif pour de nombreux scientifiques et considéré comme une mesure par défaut par les dirigeants politiques (…), son usage doit être réévalué afin qu’il ne soit plus mis en œuvre qu’en dernier recours », poursuivent-ils. 

Même si (le confinement) est attractif pour de nombreux scientifiques et considéré comme une mesure par défaut par les dirigeants politiques (…), son usage doit être réévalué afin qu’il ne soit plus mis en œuvre qu’en dernier recours.

Si le Conseil scientifique réfléchit à de nouvelles alternatives, c’est aussi parce qu’il craint que « l’attitude relativement coopérative » de la population française ait aussi ses limites. 

Les conséquences sociales et sanitaires (notamment pour la santé mentale) sont également colossales, en particulier pour les plus jeunes générations, bien qu’elles soient à faible risque

En plus des conséquences économiques du confinement, les scientifiques relèvent « les conséquences sociales et sanitaires (notamment pour la santé mentale) qui sont également colossales, en particulier pour les plus jeunes générations, bien qu’elles soient à faible risque » pour le Covid-19.

Le gouvernement défavorable à une telle mesure

Malgré le volontarisme des membres du Conseil scientifique, le gouvernement ne semble pas emballer par une telle mesure.

Les signataires disent que lorsqu’il y a le choix, plutôt que de faire un confinement qui pèse sur tout le monde, il faut demander aux personnes vulnérables de s’isoler. La faisabilité d’une telle mesure est très discutable. La solidarité qu’elle emporte entre les générations l’est tout autant. L’impact épidémique n’est pas assuré.

Le ministre de la santé Olivier Véran s’est exprimé à ce propos lors de son point presse hebdomadaire : « Les signataires disent que lorsqu’il y a le choix, plutôt que de faire un confinement qui pèse sur tout le monde, il faut demander aux personnes vulnérables de s’isoler. La faisabilité d’une telle mesure est très discutable. La solidarité qu’elle emporte entre les générations l’est tout autant. L’impact épidémique n’est pas assuré ».

Nous aimerions pouvoir rouvrir les cinémas, les bars, les théâtres maintenant, mais ce ne serait absolument pas responsable, car nous prendrions le risque de tout fermer dans deux semaines. 

« Nous aimerions pouvoir rouvrir les cinémas, les bars, les théâtres maintenant, mais ce ne serait absolument pas responsable, car nous prendrions le risque de tout fermer dans deux semaines », conclu finalement Olivier Véran. 

Vraisemblablement, il faudra attendre avant que le gouvernement n’ose envisager de telles mesures. 

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