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La Hongrie et la Pologne opposent leur veto au projet de budget et de plan de relance européens

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La Hongrie et la Pologne ont opposĂ© leur veto Ă  l’adoption du budget europĂ©en 2021-2027, ainsi qu’au plan de relance de 750 milliards d’euros dĂ©fini pour relancer l’Ă©conomie mise Ă  mal par la crise du Covid-19.

La Hongrie et la Pologne auraient bloquĂ© le 16 novembre l’adoption du budget de l’Union europĂ©enne et du plan de relance massif qui lui est adossĂ©, prĂ©vus pour faire face Ă  la crise du Covid-19, lors d’une rĂ©union des reprĂ©sentants des Vingt-Sept, rapporte l’AFP qui cite des sources europĂ©ennes.

Budapest et Varsovie ont mis leur veto pour s’opposer Ă  la mise en place d’un mĂ©canisme permettant de priver de fonds europĂ©ens les pays de l’Union accusĂ©s de violer l’Etat de droit (indĂ©pendance de la justice, respect des droits fondamentaux), selon les mĂȘmes sources.

«Les ambassadeurs de l’UE n’ont pas atteint l’unanimitĂ© nĂ©cessaire […] en raison des rĂ©serves exprimĂ©es par deux Etats membres», a indiquĂ© sur Twitter Sebastian Fischer, le porte-parole de la prĂ©sidence allemande de l’UE.

«La Hongrie a mis son veto au budget, comme le Premier ministre (Viktor) Orban avait prĂ©venu, car nous ne pouvons pas soutenir le projet dans sa forme actuelle liant le critĂšre de l’Etat de droit aux dĂ©cisions budgĂ©taires, c’est contraire aux conclusions du sommet de juillet», a affirmĂ© sur Twitter Zoltan Kovacs, porte-parole du gouvernement hongrois.

Les eurodĂ©putĂ©s et les Etats membres de l’UE se sont accordĂ©s dĂ©but novembre sur ce mĂ©canisme de conditionnalitĂ©, qui a ensuite ouvert la voie Ă  un compromis sur le budget europĂ©en 2021-2027 (environ 1070 milliards d’euros) auquel un plan de relance post-Covid-19 de 750 milliards d’euros est adossĂ©.

On ne va pas revenir sur le texte sur l’Etat de droit

Le critĂšre de l’Etat de droit n’est «absolument pas clair et constituera une ingĂ©rence politique discrĂ©tionnaire dans les affaires intĂ©rieures des pays», a critiquĂ© le 16 novembre le vice-ministre polonais des Infrastructures Marcin Horala Ă  la tĂ©lĂ©vision publique TVP.

Le vice-ministre polonais des Affaires Ă©trangĂšres Pawel Jablonski avait dit, le 16 novembre, avant que Varsovie ne pose son veto, espĂ©rer que «le bon sens» reviendrait «dans l’UE et qu’une rĂ©flexion raisonnable» aurait lieu, sans qu’il soit «nĂ©cessaire de recourir Ă  ce moyen ultime qu’est le veto». «Mais si nous devons l’utiliser, nous sommes prĂȘts», avait-il prĂ©venu dans un entretien Ă  la radio.

Un diplomate europĂ©en a assurĂ© Ă  l’AFP qu’«on ne va pas revenir sur le texte sur l’Etat de droit». Un point de vue Ă©galement exprimĂ© par le prĂ©sident du Parlement europĂ©en David Sassoli. On va voir «si Budapest et Varsovie cherchent des garanties et si c’est acceptable», ajoute le diplomate.

«Les autres Etats europĂ©ens n’accepteront pas le blocage du plan de relance. Il faudra en tirer les consĂ©quences. On ne peut pas les exclure de l’UE, il faudra faire le plan de relance diffĂ©remment. Ce sera difficile», estime cette mĂȘme source, toujours auprĂšs de l’AFP.

750 milliards de subventions et de prĂȘts

Le 21 juillet dernier, les chefs d’Etat et de gouvernement europĂ©ens ont dĂ©fini un vaste plan de 750 milliards d’euros destinĂ© Ă  relancer l’économie, affectĂ©e par la pandĂ©mie de Covid-19. Ce plan sera adossĂ© au budget pluriannuel pour la pĂ©riode 2021-2027.

Pour financer le plan appelĂ© «Next Generation EU», les 27 ont pris le parti de s’endetter en commun. Pour ce faire, la Commission europĂ©enne doit recueillir un vote Ă  l’unanimitĂ© de la part des parlements nationaux.

Les 750 milliards d’euros ont vocation Ă  ĂȘtre distribuĂ©s dans le cadre de programmes nationaux dans chaque Etat membre. Une partie (390 milliards) sous forme de subventions, une autre (360 milliards) sous forme de prĂȘts. La somme pourrait ĂȘtre distribuĂ©e dans un premier temps en fonction de la population de chaque pays, de son PIB par habitant et de son taux de chĂŽmage (avant la pandĂ©mie, de 2015 Ă  2019). Une seconde partie serait versĂ©e en 2023, tenant compte des baisses de PIB et du taux de chĂŽmage observĂ©s en 2020.

La France pourrait ainsi se voir attribuer environ 40 milliards d’euros. Le plan «France Relance» a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© le 3 septembre par le Premier ministre Jean Castex et devrait s’orienter vers la transition Ă©cologique, la cohĂ©sion sociale et territoriale et l’innovation.

Tous les pays sont censĂ©s se conformer Ă  un certain nombre de critĂšres pour recevoir les sommes potentiellement Ă  venir : allouer 37% des dĂ©penses aux objectifs environnementaux europĂ©ens (neutralitĂ© carbone d’ici Ă  2050 entre autres), et 20% Ă  la digitalisation de l’économie.

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Source

Riad Malki

Journaliste au Media 7 depuis 2019, je suis chargé des questions de l'économie et politique depuis Janvier 2019.

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