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La France demande la fin des «provocations» de la Turquie au Haut-Karabagh


Emmanuel Macron a réagi au cessez-le-feu conclu entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, demandant une «politique durable» qui assurerait «les intérêts de l’Arménie». La Turquie, elle, salue une victoire azérie.

Après l’accord de cessez-le-feu conclu le 9 novembre au soir dans le Haut-Karabagh, Emmanuel Macron a demandé le 10 novembre un «règlement de politique durable» qui «préserve les intérêts de l’Arménie» et «demande fermement à la Turquie de mettre fin à ses provocations».

«Un travail devra être mené sans tarder pour définir les paramètres d’un règlement politique durable du conflit, qui puisse assurer le maintien dans de bonnes conditions des populations arméniennes au Haut-Karabakh et le retour des dizaines de milliers de personnes qui ont fui leurs habitations», a souligné l’Elysée dans un communiqué. «Dans ce moment difficile, la France se tient au côté de l’Arménie», a ajouté la présidence française qui dit vouloir analyser les paramètres de l’accord de cessez-le-feu et renouvelle son «amitié historique» à Erevan.

Le palais de l’Elysée s’est néanmoins félicité de l’arrêt des combats, estimant que la priorité allait à l’arrêt durable des combats et au respect du cessez-le-feu.Emmanuel Macron, qui s’est impliqué dans le conflit pour tenter d’obtenir des cessez-le-feu dans le cadre du groupe de Minsk (France, Russie et Etats-Unis), devrait poursuivre activement ses consultations avec la Russie et s’entretenir avec les dirigeants arménien et azerbaïdjanais.

La France appelle à la Turquie à la retenue

«[La France] demande fermement à la Turquie de mettre fin à ses provocations au sujet du Haut-Karabagh, de faire preuve de retenue et de ne rien faire qui compromette la possibilité qu’un accord durable soit négocié entre les parties et dans le cadre du groupe de Minsk», ajoute le communiqué de la présidence.

Des propos qui font écho à l’application du cessez-le-feu convenu entre l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Turquie et la Russie. Selon les bases de l’accord, la Turquie contrôlera avec la Russie l’application du cessez-le-feu dans le Haut-Karabagh depuis un centre conjoint d’observation, comme l’a affirmé, le 10 novembre, la présidence turque à l’issue d’un entretien téléphonique entre Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine, selon l’AFP.

Une décision «très difficile» pour l’Arménie

«J’ai pris une décision très difficile pour moi et pour nous tous», a déclaré le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan dans une allocution diffusée en direct sur Facebook, a propos de la signature de l’accord de cessez-le-feu.

Le Premier ministre arménien a précisé que la signature de cet accord se basait sur une recommandation des forces armées du pays. Le ministère arménien de la Défense et l’état-major ont appelé, le 10 novembre dans un communiqué conjoint, le peuple arménien à s’abstenir d’activités qui pourraient déstabiliser la situation dans le pays, selon l’agence Tass.

Le président arménien Armen Sarkissian a lui annoncé le lancement de consultations politiques pour discuter de la situation après la mise en œuvre de l’accord, toujours selon l’agence russe.

Le président azéri a de son côté déclaré que sa «main de fer» était �� l’origine de la signature de l’accord, contre la volonté d’Erevan. Ilham Aliyev a annoncé que le district d’Agdam serait sous contrôle de Bakou à partir du 20 novembre, tandis que celui de Kalbajar serait effectif le 15 novembre et la région de Lachin le premier décembre, dans des propos rapportés par TRT. L’Azerbaïdjan devra néanmoins laisser le couloir de Lachin (5 kilomètres de large), qui assurera la connexion du Haut-Karabagh avec l’Arménie. 

Le président de l’Azerbaïdjan a précisé que la Russie déploierait 1 960 soldats et 90 véhicules blindés de ses forces de maintien de la paix sur la ligne de contact du Haut-Karabagh et dans le couloir de Lachin.

La Turquie salue les «gains significatifs» réalisés par l’Azerbaïdjan

Toujours selon TRT, la Turquie a salué les «gains significatifs» réalisés par l’Azerbaïdjan à la suite de la signature de l’accord. «Notre cher Azerbaïdjan a réalisé des gains significatifs sur le terrain et à la table [des négociations]. Je félicite de tout cœur ce succès béni», a tweeté le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

«Nous continuerons d’être une nation de tout cœur avec nos chers frères azéris.», a déclaré le ministère turc de la Défense dans un communiqué sur Twitter. «La douleur ressentie il y a 30 ans, touche à sa fin aujourd’hui», s’est-il réjoui avant de poursuivre :«Nos frères héroïques ont montré leur force sur le champ de bataille et ont remporté une victoire en combattant avec courage. Les mauvais jours sont passés. Aujourd’hui, c’est le jour de la victoire.»

Depuis fin septembre, les affrontements les plus sanglants depuis près de 30 ans opposaient des forces pro-arméniennes à l’armée azérie, dans des combats qui ont tourné à l’avantage de Bakou, soutenu par la Turquie.




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