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La Corée du Nord, une forteresse isolée qui nourrit les fantasmes du monde médiatique

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Du fait de mĂ©thodes dĂ©criĂ©es aussi bien dans le domaine nuclĂ©aire que concernant les droits de l’homme, Pyongyang fait face Ă  une hostilitĂ© ouverte sur la scĂšne internationale, qui semble Ă©galement imprĂ©gner la couverture mĂ©diatique du pays.

Au-delĂ  des discrĂštes ouvertures commerciales qu’elle a rĂ©ussi Ă  dĂ©velopper Ă  travers son histoire – et qui font l’objet d’une enquĂȘte dĂ©taillĂ©e dans Le monde selon Kim Jong-un de Juliette Morillot et Dorian Malovic, paru en 2018 aux Ă©ditions Robert Laffont – la RĂ©publique populaire et dĂ©mocratique de CorĂ©e (RPDC), avec ses 26 millions d’habitants, constitue une forteresse on ne peut plus isolĂ©e sur la scĂšne internationale.

Dans un climat de tensions extrĂȘmes liĂ© Ă  la volontĂ© nord-corĂ©enne de poursuivre ses dĂ©marches dans le domaine de la dĂ©fense nuclĂ©aire*, le pays fait l’objet d’une couverture mĂ©diatique manichĂ©enne, avec d’un cĂŽtĂ© la façade dithyrambique d’une nation brillant de mille feux, telle que prĂ©sentĂ©e par les autoritĂ©s nord-corĂ©ennes aux journalistes Ă©trangers lors de voyages encadrĂ©s dans le pays ; de l’autre, une couverture mĂ©diatique Ă©trangĂšre extrĂȘmement critique contre un rĂ©gime politique auquel sont attribuĂ©s tous les malheurs de la population, ou presque.

*Infographie interactive sur l’ambition nuclĂ©aire nord-corĂ©enne :

De fait, au-delĂ  de la question nuclĂ©aire, l’ONU accuse de longue date la CorĂ©e du Nord de violations systĂ©matiques et gĂ©nĂ©ralisĂ©es des droits de l’homme, dĂ©nonçant des pratiques de torture, des meurtres extrajudiciaires ou encore l’existence de camps d’internement. Accusations que Pyongyang a toujours balayĂ©es, en les qualifiant de propagande Ă©trangĂšre.

En tout Ă©tat de cause, les allĂ©gations visant la RPDC lui valent la reconduction rĂ©guliĂšre de sĂ©vĂšres sanctions Ă  son encontre qui, «à dĂ©faut d’avoir prouvĂ© leur efficacitĂ© en termes de dissuasion, Ă©tranglent chaque jour un peu plus la population nord-corĂ©enne», comme nous l’explique Juliette Morillot, journaliste et spĂ©cialiste de la pĂ©ninsule corĂ©enne, qui se rend rĂ©guliĂšrement sur place depuis 1982 et a co-Ă©crit plusieurs ouvrages sur les deux CorĂ©es, dont le livre susmentionnĂ©, ou encore La CorĂ©e du Nord en 100 questions, paru en 2016 aux Ă©ditions Tallandier.

Emballement autour d’une affaire douteuse de chiens

Force est de constater que la rhĂ©torique accusatoire Ă  l’encontre du systĂšme politique nord-corĂ©en imprĂšgne quasi-systĂ©matiquement le traitement mĂ©diatique de ce pays. Au risque, parfois, de prendre quelques libertĂ©s avec l’Ă©thique journalistique. En tĂ©moigne, en tout cas, un exemple rĂ©cent.

«Kim Jong-un ordonne aux Nord-CorĂ©ens de donner leurs chiens pour qu’ils soient mangĂ©s», a rapportĂ© Cnews, mot pour mot, le 17 aoĂ»t 2020, parmi une avalanche de titres racoleurs allant dans le mĂȘme sens, le mĂȘme jour.

ProblĂšme : comme l’a soulignĂ© trois jours plus tard le journaliste Thomas Deszpot dans un article paru sur le site de LCI, il s’agissait lĂ  d’«une « information » aux sources douteuses», repris par la presse anglo-saxonne et amĂ©ricaine (comme le Daily Mail ou le New York Post), sur laquelle se sont appuyĂ©s Ă  leur tour les mĂ©dias français. Les mĂ©dias anglo-saxons ont relayé une source anonyme citĂ©e par un quotidien sud-corĂ©en : le Chosun Ilbo, qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© Ă©pinglĂ© pour de fausses informations publiĂ©es au sujet de la RPDC.

«Par le passĂ©, Chosun Ilbo a notamment affirmĂ© qu’un Ă©missaire du rĂ©gime avait Ă©tĂ© exĂ©cutĂ© Ă  son retour d’un sommet diplomatique avec les Etats-Unis […] L’homme censĂ© ĂȘtre mort avait fini par rĂ©apparaĂźtre publiquement quelques semaines plus tard
 Une autre rumeur, en 2013, indiquait que Kim Jong-un avait fait exĂ©cuter une chanteuse populaire avec laquelle il avait eu une aventure quelques annĂ©es auparavant. Une histoire semble-t-il Ă©galement montĂ©e de toutes piĂšces puisque l’artiste s’Ă©tait produite par la suite dans un rassemblement public», relĂšve notamment LCI, reprenant pour partie des informations de la Deutsche Welle, publiĂ©es en juin 2019.

Alors qu’un fossé coupe la RPDC du reste du monde, nous avons tentĂ© de sonder celui qui sĂ©pare la propagande officielle nord-corĂ©enne et la couverture mĂ©diatique Ă©trangĂšre de ce territoire de prĂšs de 121 000 kilomĂštres carrĂ©s.

Des médias étrangers peu scrupuleux dans leur couverture de la RPDC

Au sujet de la rĂ©cente polĂ©mique sur les chiens de compagnie dont Kim Jong-un forcerait les propriĂ©taires Ă  se dĂ©barrasser «pour qu’ils soient mangĂ©s», la journaliste Juliette Morillot est catĂ©gorique : «Dans une telle situation, les autoritĂ©s nord-corĂ©ennes auraient publiĂ© un communiquĂ© informatif en ce sens auprĂšs de la population, ce qui n’a pas Ă©tĂ© le cas.» En outre, peu rĂ©pandue dans le pays, la possession de certaines races de chien de compagnie dans la capitale, constituerait «un Ă©lĂ©ment de statut» social, explique la spĂ©cialiste corĂ©anophone, jugeant peu probable que Kim Jong-un se mette ainsi Ă  dos l’Ă©lite de Pyongyang.

«En CorĂ©e du Nord comme en CorĂ©e du Sud, on mange du chien mĂȘme s’il est vrai qu’au sud, plusieurs marchĂ©s canins d’Ă©levage ont rĂ©cemment fermĂ©, comme celui de Songnam», explique par ailleurs Juliette Morillot, qui Ă©voque un aliment traditionnellement prisĂ© en Ă©tĂ©. «Il s’agit Ă©videmment de chiens d’Ă©levage, pas d’animaux de compagnie ! Ici on appelle ça la viande sucrĂ©e, et c’est trĂšs populaire pour se prĂ©munir contre la canicule», relate-t-elle encore.

La corĂ©anologue ne tarit pas de commentaires sur le journal sud-corĂ©en Ă  l’origine de la rumeur, le Chosun Ilbo, qu’elle considĂšre de façon gĂ©nĂ©rale comme un quotidien autrefois respectable mais dont la ligne conservatrice, hĂ©ritĂ©e d’anciens rĂ©gimes sud-corĂ©ens intensĂ©ment hostiles Ă  la RPDC, se traduit parfois par un manque de rigueur dans les informations relayĂ©es.

Jusque dans les annĂ©es 2010, personne ne parlait corĂ©en. Il s’est dit toutes les conneries du monde sur la CorĂ©e du Nord par des gens qui n’y avaient jamais mis les pieds et qui Ă©taient trĂšs influencĂ©s par les rĂ©gimes conservateurs sud-corĂ©ens.

L’affaire des chiens constitue d’ailleurs d’un sujet qui, selon Juliette Morillot, permet de comprendre, en partie, l’approche mĂ©diatique occidentale et sud-corĂ©enne Ă  l’Ă©gard de la RPDC. «Jusque dans les annĂ©es 2010, personne ne parlait corĂ©en. Il s’est dit toutes les conneries du monde sur la CorĂ©e du Nord par des gens qui n’y avaient jamais mis les pieds et qui Ă©taient trĂšs influencĂ©s par les rĂ©gimes conservateurs sud-corĂ©ens», estime la journaliste selon qui «la diabolisation de Pyongyang» a toujours Ă©tĂ© conforme Ă  certains agendas politiques, tant pour prĂ©server le systĂšme trĂšs libĂ©ral Ă©conomiquement de la CorĂ©e du Sud que pour justifier une prĂ©sence militaire amĂ©ricaine dans la rĂ©gion, bien avant l’Ăšre Trump.

«On ne pouvait voir la RPDC qu’Ă  travers un prisme idĂ©ologique», considĂšre la journaliste, qui affirme percevoir dorĂ©navant un lent changement Ă  ce sujet, notamment depuis la rencontre historique entre Kim Jong-un et son homologue amĂ©ricain Donald Trump, au mois de juin 2018.

Nord-Coréens qui fuient, «esclaves modernes» : entre vérité et récits trompeurs

Cependant, Juliette Morillot attire notre attention sur l’existence d’autres acteurs clĂ©s Ă  l’origine d’une couverture mĂ©diatique biaisĂ©e sur la RPDC : «Les Ă©vangĂ©liques et les organisations humanitaires avec qui ils sont en lien, n’hĂ©sitent pas Ă  utiliser des rĂ©fugiĂ©s nord-corĂ©ens pour leur cause. Et il n’est pas rare que ces derniers exagĂšrent leur propos en Ă©change de rĂ©tribution», affirme-t-elle. Longtemps, des militants Ă©vangĂ©liques se seraient ainsi installĂ©s entre la Chine et la RPDC, afin d’aider des Nord-CorĂ©ens Ă  faire dĂ©fection, avec des mĂ©thodes que critique vivement Juliette Morillot. «Ils leur faisaient apprendre la bible, ils les endoctrinaient et, surtout, ils en ont parfois renvoyĂ© en CorĂ©e du Nord [oĂč ils sont susceptibles d’ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme des traĂźtres] pour qu’ils soient les martyrs de demain», affirme-t-elle aprĂšs avoir personnellement eu Ă©cho de telles pratiques.

En tout Ă©tat de cause, plusieurs citoyens amĂ©ricains ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s en CorĂ©e du Nord, accusĂ©s par Pyongyang d’actions hostiles contre le pays : «Pyongyang affirme que Kenneth Bae […] est un militant chrĂ©tien Ă©vangĂ©li[que], envoyĂ© en Chine de 2006 Ă  2012 pour mettre sur pied « des bases de complot » et encourager les Nord-CorĂ©ens Ă  « perpĂ©trer des actes hostiles pour abattre le gouvernement, tout en menant une campagne de diffamation »», peut-on par exemple lire dans un article du Monde (avec AFP) de 2014. CondamnĂ© en 2013 Ă  15 ans d’internement, Kenneth Bae a finalement Ă©tĂ© relĂąché l’annĂ©e suivante, et a plus tard fondĂ© l’ONG «Nehemiah Global Initiative», soit «Initiative mondiale de NĂ©hĂ©mie», du nom d’un personnage biblique.

Tout témoignage payé est un témoignage perverti

Loin de nier le fait que certains rĂ©fugiĂ©s aient pu bĂ©nĂ©ficier d’une aide salutaire dans certaines situations, Juliette Morillot s’inquiĂšte en revanche de leur instrumentalisation par certains : «Vous savez qu’en CorĂ©e du Sud, un journaliste doit payer pour interviewer des rĂ©fugiĂ©s Nord-CorĂ©ens, la somme varie selon qu’on souhaite obtenir le tĂ©moignage d’une femme, d’un homme ou celui d’un enfant», s’indigne la journaliste française, qui affirme que des rĂ©fugiĂ©s sont ainsi encouragĂ©s Ă  exagĂ©rer leurs propos : «Il y a toujours une part de vrai dans ces tĂ©moignages, mais tout tĂ©moignage payĂ© est un tĂ©moignage perverti.»

Quant aux travailleurs Nord-CorĂ©ens en mission Ă  l’Ă©tranger, dĂ©crits dans plusieurs documentaires rĂ©alisĂ©s Ă  ce sujet comme des «esclaves des temps modernes», certains voyant par exemple leurs conditions de travail Ă©voluer sans qu’ils aient leur mot Ă  dire, Juliette Morillot refuse de gĂ©nĂ©raliser le terme d’«esclavage» et souligne le contexte qui pousse nombre de citoyens de la pĂ©ninsule Ă  briguer ces postes d’«expatriĂ©s». Elle pointe par ailleurs le fait que les pays employant des travailleurs nord-corĂ©ens ont Ă©tĂ© encouragĂ©s Ă  les renvoyer dans leur pays pour respecter les sanctions de l’ONU.

Chacun, quel que soit sa position dans la sociĂ©tĂ©, s’efforce de contribuer Ă  ce qui est considĂ©rĂ© comme un effort de guerre

«Il y a des listes d’attente monstrueuses pour les missions Ă  l’Ă©tranger, on paye des bakchichs pour ĂȘtre envoyĂ©. Celui ou celle qui accĂšde Ă  un tel poste n’est pas payĂ© Ă  proprement parler mais obtient du rĂ©gime que sa famille restĂ©e au pays soit privilĂ©giĂ©e [
] Le peu d’argent qu’ils parviennent Ă  amasser leur permet de s’Ă©tablir Ă  leur retour», affirme-t-elle, convenant du fait que l’«intĂ©rĂȘt de telles missions est peu lisible Ă  nos yeux d’occidentaux».

L’observation rappelle un passage du Monde selon Kim Jong-un, qu’elle a co-Ă©crit avec Dorian Malovic (journaliste Ă  La Croix), dans lequel les auteurs insistent : «Rentrer dans la logique nord-corĂ©enne permet de percevoir comment fonctionne le pays : [
] chacun, quel que soit sa position dans la sociĂ©tĂ©, s’efforce de contribuer Ă  ce qui est considĂ©rĂ© comme un effort de guerre.»

Comme nous le rĂ©pĂšte aujourd’hui Juliette Morillot, il est difficile de le concevoir dans nos systĂšmes politiques occidentaux, mais les Nord-CorĂ©ens auraient un attachement profond Ă  la dynastie des Kim, «ils expriment un amour sincĂšre pour leurs dirigeants». Et la journaliste de rappeler certaines spĂ©cificitĂ©s culturelles de la pĂ©ninsule, deux CorĂ©es confondues, oĂč prĂ©domine par exemple «un amour pour tout ce qui est militaire». «Le « nous » est plus important que le « je », ça vient de l’hĂ©ritage confucianiste, additionnĂ© Ă  la dimension communiste au Nord», relate-t-elle encore, Ă©voquant Ă©galement «le sentiment de fierté» des Nord-CorĂ©ens, d’ĂȘtre «une exception culturelle».

Quid du systĂšme d’information destinĂ© aux Nord-CorĂ©ens ?

AprĂšs avoir Ă©voquĂ© avec elle le manichĂ©isme mĂ©diatique dont fait l’objet la RPDC, il nous a paru intĂ©ressant d’interroger Juliette Morillot sur l’information fournie aux Nord-CorĂ©ens. CatĂ©gorique, elle nous affirme que la dynastie des Kim s’avĂšre – sans surprise – particuliĂšrement regardante quant à l’information qui circule sur son propre territoire.

Il y a plusieurs chaines tĂ©lĂ©visĂ©es ainsi que des journaux officiels du Parti, tout est strictement contrĂŽlĂ© par l’Etat

«Il y a plusieurs chaines tĂ©lĂ©visĂ©es ainsi que des journaux officiels du Parti, tout est strictement contrĂŽlĂ© par l’Etat», dĂ©crit la journaliste corĂ©anophone, qui nous explique qu’en termes d’actualitĂ©s Ă©trangĂšres par exemple, l’information est filtrĂ©e de façon Ă  montrer aux Nord-CorĂ©ens certaines problĂ©matiques propres au «camp ennemi». Ainsi, si la presse Ă©trangĂšre adopte rĂ©guliĂšrement une dĂ©marche engagĂ©e dans sa couverture de la RPDC, les mĂ©dias d’Etat nord-corĂ©ens ne se privent pas de traiter, Ă  l’adresse de leur population, le mouvement de contestation Black Lives Matter qui secoue la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine. Les Gilets jaunes français n’auraient en revanche pas bĂ©nĂ©ficiĂ© du mĂȘme privilĂšge, selon notre interlocutrice.

Par ailleurs, au-delĂ  des thĂ©Ăątrales interventions de la cĂ©lĂšbre prĂ©sentatrice vedette nationale Ri Chun-hee, aujourd’hui ĂągĂ©e de 77 ans, un renouvellement dans les rangs des personnes chargĂ©es de commenter l’actualitĂ© pour les Nord-CorĂ©ens semble s’opĂ©rer, selon Juliette Morillot. Elle nous rapporte en outre un Ă©vĂ©nement rĂ©cent, inĂ©dit pour le pays : il y a eu, pour la premiĂšre fois en CorĂ©e du Nord, une retransmission en direct, Ă  l’occasion de la couverture mĂ©diatique du typhon Bavi.

«On parle beaucoup des chiffres du Covid-19», relate-t-elle encore, rappelant la dĂ©cision prise par les autoritĂ©s nord-corĂ©ennes de fermer les frontiĂšres avec la Chine, face Ă  une pandĂ©mie dont la pĂ©nĂ©tration sur le territoire pourrait durement Ă©prouver le systĂšme de santĂ© du pays. Pyongyang, comme l’a rĂ©cemment confirmĂ© l’OMS, aurait procĂ©dĂ© Ă  quelque 2 767 tests de dĂ©pistage, et «tous les individus ont Ă©tĂ© testĂ©s nĂ©gatifs», ainsi que le rapporte ce 27 aoĂ»t le mĂ©dia en ligne NK News.

Pour contourner le systĂšme d’information Ă©tatique, de nombreux Nord-CorĂ©ens utiliseraient le rĂ©seau tĂ©lĂ©phonique ou Internet chinois, interdit mais disponible dans le nord du pays. «Ils ont des infos via leur portable et il y a de nombreux aller-retours en Mandchourie, oĂč l’on parle corĂ©en. L’accĂšs Ă  l’information se fait Ă©galement Ă  travers des clĂ©s USB et des cartes SD qui circulent entre les citoyens», explique Juliette Morillot, avant de prĂ©ciser que la situation est plus complexe dans le sud du pays, oĂč le rĂ©seau chinois n’est pas disponible.

La Corée du Nord, éternel mouton noir ?

Depuis l’Ă©poque de Kim Il-sung, fondateur et premier prĂ©sident de la CorĂ©e du Nord qu’il dirigea jusqu’Ă  sa mort en 1994, proclamĂ© quatre ans plus tard «PrĂ©sident Ă©ternel de la RĂ©publique», Pyongyang exerce un contrĂŽle considĂ©rable sur la vie quotidienne des Nord-CorĂ©ens.

GuidĂ©e par une volontĂ© indĂ©lĂ©bile d’accĂ©der Ă  une totale indĂ©pendance pour le pays, conformĂ©ment à l’idĂ©ologie du «Juche» (que nous dĂ©crivons dans l’infographie prĂ©sente en dĂ©but d’article), la dynastie communiste des Kim a toujours fait face à une intense hostilitĂ© sur la scĂšne internationale. Ce climat imprĂšgne quasi-systĂ©matiquement la couverture mĂ©diatique Ă©trangĂšre du pays, dont il est difficile d’obtenir une approche journalistique mesurĂ©e, particuliĂšrement dans le traitement de l’information Ă  chaud. 

Le systĂšme politique nord-corĂ©en, qui recourt Ă  des mĂ©thodes largement dĂ©criĂ©es par la communautĂ© internationale, avance pour sa part en faisant fi des critiques qui fusent Ă  son encontre. Insolence d’un systĂšme encore trĂšs mal connu ?

Fabien Rives



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Source

Riad Malki

Journaliste au Media 7 depuis 2019, je suis chargé des questions de l'économie et politique depuis Janvier 2019.

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