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Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture :  » Des mesures pour aider les exploitants face à la sécheresse « 

Quel est l’objet de votre visite en Haute-Garonne ?
Je me rends dans deux exploitations agricoles pour témoigner de toute ma reconnaissance vis-à-vis des agriculteurs qui, pendant l’été, alors que beaucoup de gens sont en vacances, continuent de travailler. Nous savons ce que nous devons aux agriculteurs qui, pendant le confinement, ont tenu et ont permis au pays de tenir.
Est-ce une année particulière en termes de sécheresse ?
L’été 2020 est marqué par un très fort épisode de sécheresse et canicule, comme on l’a connu l’été dernier. Ces épisodes se multiplient. Mon message est clair : nous sommes aux côtés des agriculteurs pour apporter notre soutien avec des mesures concrètes.
Quelles mesures ?
Il y a d’abord des solutions à court terme. Il faut s’adapter à la réalité du terrain. Nous avons ainsi autorisé l’utilisation des jachères pour l’alimentation des animaux dans les départements les plus impactés par la sécheresse (la mesure concerne en particulier la Haute-Garonne, le Gers, le Tarn, le Lot-et-Garonne, NDLR). Les dates de semis des cultures dérobées ont également été décalées dans plus de 50 départements. Cela montre aussi l’ampleur de ces épisodes de sécheresse et canicule.
Et puis il y a des mesures de trésorerie. La sécheresse a un impact. Il y aura les avances de paiement au titre de la PAC, au niveau le plus élevé possible. Nous aurons aussi des reports de cotisations sociales pour les zones les plus impactées. Nous travaillons également sur la taxe sur le foncier non bâti et les indemnités au titre des calamités agricoles des territoires les plus touchés. Ce sont des mesures concrètes de soutien financier.

Le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation Julien Denormandie. – AFP – CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Comment aider les agriculteurs face au changement climatique ?
Il y a en effet un véritable enjeu à moyen et long terme : adapter et accompagner l’agriculture française face aux conséquences du changement climatique. Ce sera un élément du plan de relance qui sera annoncé à la fin du mois d’août. Cela s’accompagnera de mesures de soutien concrètes. Je m’y engage. Par exemple, pour une meilleure protection des exploitations face à la sécheresse, aux épisodes d’orages et de grêle. Il y a des solutions techniques opérationnelles comme les fusées anti-grêle. Et puis, il y a la question de la robustesse de nos cultures. Je pense au travail de recherche et développement sur les semences.
Quelle est votre position sur l’utilisation de la ressource en eau dans l’agriculture ?
Il faut bien entendu une meilleure utilisation de la ressource en eau au bénéfice de notre agriculture, en adaptant les pratiques et en recherchant un équilibre de longs termes entre tous les usages. C’est indispensable. Il s’agit d’une mesure de souveraineté pour notre agriculture : mieux capter en hiver pour mieux utiliser en été peut faire partie des solutions, au cas par cas selon les territoires, et toujours dans la concertation. C’est un sujet qu’on connaît bien en Occitanie. Concernant les retenues d’eau, je pense que nous devons travailler pour augmenter les capacités de stockage en eau. Nous savons les débats que cela suscite. Il faut le faire dans la concertation.
Nous avons tous les instruments. Il y a, par exemple, un plan territorial de gestion de l’eau (PTGE) en Haute-Garonne, qui a permis de mettre tout le monde autour de la table, et de trouver un équilibre.
Il faut une approche pragmatique, qu’il s’agisse du stockage individuel ou du stockage collectif. Dès la rentrée, il faudra simplifier et sécuriser les procédures. Avec la ministre de la transition écologique, nous sommes en train d’y travailler. Il n’est pas normal que les projets décidés et validés n’aboutissent, quand ils aboutissent, qu’au bout de 8 à 10 ans.Via LaDepeche

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