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« Il avait peur de le croiser dans le couloir, il tremblait », les agents de l’hôpital de Millau témoignent

Le rapport d’expertise du cabinet fait état d’ »indices forts d’agressions par le haussement du ton, des menaces, des mots inappropriés, y compris sur un lieu de travail ».

83 % des agressions verbales au CH de Millau proviennent de la hiérarchie, selon le document. « Les agents ont souvent mentionné un ton élevé et menaçant », précise-t-il avant d’en dévoiler des extraits.

« Combien de fois les décibels sont montés »

« J’ai été témoin d’altercations au sein de l’encadrement et de l’équipe de direction. Combien de fois les décibels sont montés ! », peut-on lire. Ou encore : « On l’a vu partir en pleurant. X aussi, je n’étais pas là, mais tout le monde a entendu. »

Parmi le personnel rencontré lors des 32 entretiens individuels dirigés par les experts de Socio-Scop, « les agents évoquent effectivement des « boucs émissaires » pour la ligne hiérarchique » avec « des tirs » en pleine réunion.

Les agents se sont livrés sans retenue sur le sentiment de peur qui règne vis-à-vis de la direction : « Il avait peur de le croiser dans le couloir. […] Il tremblait. Il se prenait des charges de façon régulière. Il venait avec la boule au ventre. »

Agressions physiques

Des agressions physiques sont aussi relevées dans l’expertise : « Certains agents ont mentionné des retenus physiques de leurs collègues. » Complété par des témoignages où il est entendu que le désormais ex-administrateur provisoire est visé : « Humainement c’est compliqué d’entendre quelqu’un se faire gueuler dessus et rester dans son bureau ça fait bizarre. »

Mais aussi : « Au début qu’il était là, quand on entendait des éclats de voix dans le couloir, on était prêtes à bondir. Et maintenant non. Mais je trouve ça affolant. Désormais quand on rentre de réunion, on dit « alors il a gueulé ou pas ? » »

Changement dans l’organisation du travail

Le rapport met aussi en relation ces violences avec de nombreux changement dans l’organisation du travail des agents qui favorisent ces tensions : « Le cabinet ne peut souscrire à la seule hypothèse d’une ou de quelques personnalités toxiques. La littérature scientifique a montré que ce sont des facteurs organisationnels qui favorisent l’émergence de la violence et du harcèlement. »

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